XVIIIe siècle : les cartes espagnoles



cartes espagnoles de la Library of Congress



Une des cartes espagnoles de la Library of Congress semble indiquer la provenance de ce fonds très particulier. Il pourrait s'agir de croquis de plans réalisés dans le cadre de l'Ecole de Navigation de Cadiz vers 1755 [La Real Escula de Navegacion en el Departamento de Cadiz]. Ainsi les élèves de cette école auraient pu plancher (entre autre) sur des cartes hydrographiques de la Martinique. S'agissait-il d'un exercice permettant l'apprentissage technique de la «confection» de plans et cartes ? Pourquoi pas ... On s'amuse à y penser ....

Bien entendu toute autre interprétation peut-être plausible ...



Library of Congress - Auteur Inconnu - Anonyme - début du XVIIIe siècle


carte de la Martinique 
- Espagnole

Plano De la Ysla Martinica Una de la de Barlovento
dimensions approximatives : 31 cm x 33 cm.

carte manuscrite entoilée.

échelle de lieues marines de 60 au degré.

Aucun repère sur le cadre (pas de coordonnées en latitudes et longitudes).

Les informations délivrées par cette carte espagnole très particulière tendent à situer sa réalisation entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle [vers 1690-1710].

Le titre de la carte est suivi de l'indication suivante : Una de la de Barlovento / Situado el Puerto de Fuerte Réal / en la Latd. de 14 gs. 36 m. N. y en la Longd. de 316 gs. 14 m. segn. el Meridiano de Thenerife.

L'auteur indique qu'en l'île de la Martinique est situé le Fort-Royal dont il donne les coordonnées géographiques (latitude et longitude). La longitude est calée sur le méridien de Ténérife (qui passe au Pic de Teide), c'est une longitude orientale.

Suivent ensuite 69 dénominations de lieux numérotés (de 1 à 69). Préalablement l'auteur a écrit : Nombre de los Parages mas principales ... ou Nom des endroits principaux. La numérotation commence au Fort Royal, la citadelle proprement dite, et s'incrémente ensuite dans le sens horaire (de gauche à droite) en faisant le tour de l'île : le numéro 20 est par exemple indique le Pain de Sucre (pan de azucar), le n°55 le rocher du Diamant pour finir au 69 : le carénage.

La carte ne montre pas de relief mais indique de nombreuses sondes [mesure ?] sur le pourtour de l'île. Les principaux chemins sont mis également en évidence (chemins royaux). L'étang des salines n'est pas indiqué sur la carte mais le numéro 46 «salina grande» montre que l'auteur avait connaissance de cette particularité.



Library of Congress - Auteur Inconnu - Anonyme - début du XVIIIe siècle


carte de la Martinique - Espagnole

Fuerte de San Pedro y su Rada en la Ysla de la Martinica
dimensions approximatives : 23 cm x 32 cm.
échelle : lieu marine espagnole (escala de un legua espanola)


Cette carte espagnole montre la rade, la ville et le Fort de Saint-Pierre. Le Nord-Est est en haut. La carte est orientée à peu près comme les premières cartes du XVIIe siècle relatives à la rade de Saint-Pierre, voir celles de : Plumier, Blondel, Payen, Feuillée, ....

Les informations générales transmises par cette carte restent très dépouillées. Le profil de la côte n'est pas précis, il semble s'étaler du Prêcheur au Carbet. Une seule sonde semble figurer (35) , mais est-ce réellement une sonde ?

Le Fort de Saint-Pierre et les principales constructions (qui peuvent servir d'amers) sont cependant indiqués.





Auteur Inconnu - Anonyme - début du XVIIIe siècle

carte de la Martinique - Espagnole

Fuerte Real En La Martinica
dimensions approximatives : 29 cm x 47 cm.





Auteur Inconnu - Anonyme - début du XVIIIe siècle
carte de la Martinique - Espagnole
Plan Dela Va Y Fuerte Rl De la Isla Martinica
dimensions approximatives : 22 cm x 32 cm. Deux plans insérés dans des cartons spécifiques : Plan Del Reducto del Morne de los Capuchinos soit le plan réduit du Morne des Capucins, et Plan del fuerte de San Pedro, le plan du Fort de Saint-Pierre.





Juan Lopez , Carta de la Isla Martinica

Carte imprimé à Madrid - datée de 1781. Dimensions approximatives : 36 cm x 39 cm.

Échelle : Leguas marinas que se usan en España, Francia é Inglaterra, de las que entran 20 en un grado.

L'exemplaire présenté est tiré de la collection de Mr Jeff Bodington (San Francisco / USA), avec son aimable autorisation.

carte Martinique par Lopez

Délaissant les récents travaux de son contemporain Thomas Jefferys parus peu de temps avant l'impression de cette carte (1775), Juan Lopez préfère reprendre le fond de carte de la Martinique, déjà ancien, dressé vers 1758 par Jacques Nicolas Bellin. Le cartouche très esthétique en bas à gauche mentionne la condition de pensionnaire du géographe. Juan Lopez reçoit de Sa Majesté Catholique, le Roi d'Espagne, une pension ou bien une rente, c'est selon. Il n'est pas encore géographe officiel du roi d'Espagne, comme l'a été son père Tomas.
La longitude indiquée la carte est une longitude orientale, calculée par rapport au "Pico de Teide", volcan situé dans l'île de Ténérife de l'archipel des Canaries. L'île de Ténérife est voisine de celle de l'île de Fer située dans le même archipel. Par rapport au Pic de Teide, la Martinique est à 322° de longitude orientale, et à 317° par rapport à île de Fer (le méridien y a été déterminé à l'extrême pointe occidentale).

Dans la carte, en haut à droite, Juan Lopez présente un bref résumé des différents travaux qui ont permis de déterminer les coordonnées géographiques de l'île de la Martinique. Il explique par ailleurs son choix final sur la position de l'île qu'il reprend dans sa propre carte. Il y adopte les déterminations faites par le Père Feuillé. Une large partie de l'argumentaire d'Éveux de Fleurieu, qui avait vertement critiqué les travaux de JN Bellin sur la versatilité des déterminations astronomiques employées par l'hydrographe du Dépôt de la Marine, vient illustrer son propos :

Han trabajado diferentes Astronomos para fixar la posicíon de la Isla de la Martínica.

Los señores des Hayes, de Glos y Varins, embiados por Luis XIV en 1682, fueron los primeros que con mas utilidad emplearon su tiempo en esta pesquiza. No declararon el punto donde hicieron sus observaciones, pero juzga el P. Feuillé, que fue en la Villa y Fuerte de San Pedro.

En 1720 el P. Laval observó puntualmente en el Fuerte Real, como consta en su viaje a la Luisiana hecho por el orden del Rey de Francia.

El padre Luis Feuillé, Religioso Minimo, en su diaro de la observaciones Fisicas, Metafisicas y Botanicas, hechas por orden del Rey Cristianisimo en America y en sus Islas, por los años 1703, 1704 y 1706, y publicadas el año de 1725, trae muchas y especiales observaciones de latitudes y de longitudes de esta Isla.

Mr. Cassini hijo del celebre Astronomo de este nombre, comparó y aun confundió las observaciones de los primeros Astronomos, con las del P. Feuillé, por no tener presente, que eran distintos en la misma Isla los sitios de las observaciones.

En 1769, Mr. d'Eveux de Fleurieu, con Mr. Pingré examinaron y fixaron con sumo acierto varios puntos de esta Isla.

Los mejores mapas de esta Isla son el del P. Feuillé, y el de Mr. de L'Isle; pero les lleva ventaja el que publicó en punto mayor del año de 1758 Mr. Bellin. Notase con mucha razon a este autor la poca conformidad que guarda en la colocacíon de la Martínica, pues es diferente en su Carta del Golfo de Mexico del año de 1749: en la de las Antillas de 1758: en la de la Martínica del mismo año; y en la del Oceano Occídental de 1766, sin que exponga ninguna razon sobre estas variaciones.

Adoptose la latitud y la longitud puesta en la Carta, por ser la que mas se acerca a la del P. Feuillé.

Llaman los Franceses Cul de Sac, a lo que en Castellano significa, Callejon sin salida: para mayor brevedad se escribe solo en la Carta Callejon. Tambien dicen Morne en America y en esta Isla, para denotar un Cabo elevado, ó a una Montaña pequeña que entra en el Mar. Las habitaciones, Molinas é Ingenias de Azucar, señaladas en esta Isla, estan sujetos a mudanzas, que cada día experimentan.


Á remarquer qu'une Tour délicatement posée sur une ligne de rhumb symbolise l'aiguille de la boussole et montre ainsi le Nord.

Une légende [Explicacion de las Señales] explicite les symboles employés. Elle reprend pour une large partie celle présentée dans la grande carte marine de JN Bellin.