François-Auguste Perrinon (1812-1861)

Il est né en 1812 à Saint-Pierre de père et mère esclaves affranchis. Sa famille qui bénéficie toutefois d'une certaine aisance lui permet de faire des études en métropole et à la suite s'une scolarité exemplaire d'être ensuite reçu à l'école polytechnique en 1832 dans sa vingtième année (on le reconnaît comme l'un des tous premiers polytechniciens de couleur). Sorti de l'X, il opte pour l'artillerie de marine et connaîtra plusieurs affectations outre-mer dont l'île de Saint-Martin. Il reste profondément attaché à Saint-Pierre et devient membre de la loge maçonnique l'Union de Saint-Pierre affiliée au Grand Orient. Il entre ensuite en politique sous les auspices de Schoelcher qui l'introduit dans la commission d'émancipation créée le 4 mars, suite à la révolution de février 1848. La commission décrétera l'abolition immédiate le 27 avril 1848. C'est lui qui est chargé de se rendre en Martinique pour annoncer et faire appliquer les termes du décret. Arrivé en tant que commissaire général de la république le 3 juin à la Martinique, Perrinon constate que les esclaves ont pris les devants et ont obtenu de Rostoland l'abolition immédiate suite aux évènements du 22 mai.

Il quitte la Martinique en novembre 1848 après avoir posé les bases des nouvelles relations entre les ex-esclaves et les anciens maîtres . Il décèdera à Saint-Martin en janvier 1861, après avoir fui le régime de Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) suite au coup d'Etat du 2 décembre 1851.