Jean Gabaret, sieur d'Angoulins (1620-1697) - gouverneur de la Martinique

Né dans l'île en 1620, il décède à Rochefort le 31 mars 1697.

A l'âge de 16 ans, il entre dans la marine royale et en 1653, il obtient le grade de chef d'escadre. En 1677 il commande l'avant garde de la flotte de d'Estrées et s'empare de la capitale de Tobago sous le feu croisé des forts et de la flotte hollandaise. Le 27 février 1678 il envahit à nouveau Tobago après avoir ravagé l'île de la Grenade.

Revenu en France il participe activement aux guerres menées par Louis XIV. En récompense de son dévouement, il est nommé en 1693 gouverneur particulier de la Martinique. Entre octobre 1702 et mars 1703, il assure temporairement l'intérim du Gouvernorat Général des Isles lors de la mort de Guittaud (lui-même intérimaire après la mort d'Esnotz) et l'arrivée du nouveau gouverneur général de Machault de Bellemont.

A son arrivée, il trouve l'île en état de siège et aussitôt il en organise efficacement la défense. La flotte anglaise formée de 21 vaisseaux de guerre et de huit bâtiments de transport de troupes [4 200 hommes de lignes] sous les ordres de Sir Francis Wheeler croise devant le Fort Royal depuis le 1er avril 1693. Le débarquement peut commencer : 1600 hommes commandés par le colonel Foulke atterrissent dans la baie du Fort Royal. Cette tentative est vaillamment repoussée par les français : les anglais doivent re-embarquer. Tout danger n'est pas encore écarté, l'invasion de l'île continue, car durant ce temps, dans la baie du Diamant, 2 600 anglais mettent pieds à terre.

Le 15 avril les forces anglaises reçoivent des renforts d'Antigue, dirigés par le général Codrington. Ce dernier concentre alors ses troupes à Fond Canonville, le contingent opérationnel atteint alors plus de 5 000 hommes. Les bataillons anglais se mettent alors en marche pour s'emparer de Saint-Pierre. Gabaret de son côté n'est pas resté prostré devant ce déballage de puissance. Malgré de faibles moyens, il contre attaque avec seulement 400 hommes très aguerris des milices et de la troupe régulière et 1 500 "nègres armés". Le 31 mai 1693 au Prêcheur, il inflige aux anglais une défaite mémorable qui les oblige à regagner leurs vaisseaux.

Fort de ses succès, en 1694 il attaque à son tour les îles anglaises et parvient à couler plusieurs navires ennemis dans le port de Kingston en Jamaïque. Après son triomphal retour il réorganise l'administration de la Martinique en introduisant de nombreuses réformes. Gabaret fait également embellir la capitale.

Gabaret, sait qu'il doit son succès de 1693 aux esclaves noirs qu'il a armés. Il tâche de montrer sa gratitude en réformant l'application du "code noir" et présente à Louis XIV en 1696 un mémoire sur l'émancipation des esclaves : "Mémoire présenté à Sa Majesté par le comte de Gabaret, gouverneur de la Martinique sur l'émancipation graduelle des esclaves." Dans ce mémoire il suggère la colonisation de la Guyane et de la Patagonie par les anciens esclaves noirs. Il y démontre les avantages à favoriser l'immigration blanche à la Martinique et à développer de nouvelles colonies sur le continent sud américain. Le ministre de la guerre, le marquis de Chamillard se montre plutôt favorable au projet de Gabaret et le rapporte au roi. Gabaret est appelé à la cour pour venir soutenir sa thèse. Il embarque en janvier 1697 mais à peine arrivé en France, il prend froid et décède à Rochefort.

Mémoires :

JOURNAL DU SR. GABARET LIEUTENANT GENERAL DES ARMÉES NAVALLES DU ROY DE SON VOYAGE AUX ISLES DE L'AMÉRIQUE EN 1679. AUTRE VOYAGE DU SR. GABARET EN 1680 EN L'AMERIQUE....

Paru en 1679-81