Georges Achille Marie Joseph ROBERT (1875, 1965)

Il arrive à la Martinique à Bord de la Jeanne d'Arc en septembre 1939. Suite à la déblacle de l'armée française en juin 1940, Pétain le nomme représentant légal de l'ordre Vichyssois aux Antilles. L'Amiral Robert est dès lors le Haut commissaire de la France aux Antilles.
Durant cette période très incertaine, il gère la situation des possessions françaises face aux intérêts anglais et surtout américains. Avec ces derniers, il obtient une sorte d'arrangement à l'amiable qui cantonne les possessions françaises d'Amérique dans une certaine neutralité. Il entend préserver ainsi la souveraineté nationale sur les colonies. Il veillera plus particulèrement aux réserves d'or de la banque de France entreposées provisoirement aux fort Desaix.
Il est fortement et à juste titre décrié par les antillais et les guyanais qui lui reprochent ses excès autoritaires, un certain accaparement des rares ressources disponibles (vivres notamment) et surtout un mépris affiché des populations de couleur. On lui reproche de ne pas avoir fait le choix du Général de Gaulle et d'avoir entravé la dissidence par des moyens répressifs.
Il quitte contraint et forcé l'île en juillet 1943. La vacance du pouvoir est aussitôt remise entre les mains de Henri Hoppenot [alors ambassadeur de la France Combattante à Washington] et du nouveau gouverneur de la Martinique M. Ponton, venu d'Afrique Equatoriale.

De Gaulle,dans ses "Mémoires de Guerre" note : Depuis 1940, l'Amiral Robert, haut-commissaire, maintenait ces colonies [Antilles et Guyane françaises]sous l'obédience du Maréchal. Disposant des croiseurs Emile Bertin et Jeanne d'Arc, du porte-avions Béarn, des croiseurs auxilliaires : Barfleur, Quercy, Esterel, ... ainsi que d'une importante garnison, il appliquait un régime de rigueur et, moyennant la garantie de sa neutralité, obtenait des Américains le ravitaillement nécessaire.
Mais, à mesure des évènements, la population et de nombreux éléments militaires marquaient leur désir de se joindre à ceux qui combattaient l'ennemi.


Au début de 1943, tout annonçait qu'un grand mouvement entraînerait, bientôt dans le camp de la libération les terrotoires français d'Amérique et les forces qui s'y trouvaient...
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En juin, la Martinique accomplit les actes décisifs. Depuis des mois, l'aùmiral Robert recevait de ses administrés d'innombrables pétitions l'adjurant de laisser ce territoire ardemment français faire son devoir envers la France. J'avais moi-même trouvé l'occasion de faire passer à Fort-de-France, en avril 1943, le médecin général Le Dantec pour offrir à Robert une issue satisfaisante, ...
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Mais elles restaient sans réponses [les démarches]. Par contre, menaces et sanctions redoublaient sur place contre les résistants.