Charles-Claude Damas-Marcillac, vicomte de Damas (1731, ?)

Né le 20 janvier 1731 de Roger-Joseph, marquis de Damas du Roussel, chevalier de Saint-Louis, lieutenant de Vaisseau et de Marie-Marguerite de Trémolles de Barges.

Chevalier non profès de Malte, chevalier de Saint-Louis, successivement enseigne au régiment de Talaru (1er janvier 1748), lieutenant (17 février 1752), aide-major, capitaine, major, il fit campagne en Allemagne de 1757 à 1760, blessé à Minden en 1759.

Lieutenant-colonel puis colonel au régiment de Beauce (1769), passé aux régiments provinciaux de Dijon et d'Auxerrois (1771, 1776), brigadier le 27 octobre 1778 à l'occasion de la prise de la Dominique. Séjourna à la Martinique de 1778 à 1782, maréchal de camp le 5 décembre 1781, gouverneur de la Guadeloupe (29 mars 1782), puis de la Martinique.

Il avait épousé à Paris, le 22 avril 1773, Marie-Antoinette-Macrine de Montcalm-Gozon fille de Louis-Joseph, le défenseur du Canada, et d'Angélique-Louise du Talon du Boulay.

Il participe aux opérations menées dans la Caraïbes lors de la guerre d'indépendance des « Insurgents ». Il s'est distingué plus particulièrement par sa conduite lors de la prise des Îles de la Dominique et de Saint-Vincent aux côtés du marquis de Bouillé. Il lui succède d'ailleurs en tant que gouverneur général des Îles du Vent en mars 1783.

Sous son autorité se développent de grands travaux qui feront de Fort-Royal une capitale moderne (assainissement de la savane et des marais alentours, adduction d'eau, création de nouvelles rues, éclairage public…). Il encourage la modernisation de l'agriculture et des industries sucrière et rhumière (introduction de nouvelles variétés de canne, …).

Á partir de 1783, il s'applique à mettre en œuvre les textes et les réformes économiques visant à desserrer les contraintes de l'« Exclusif ». Il est remplacé lors de ses congés en métropole par le vicomte de Vioménil qui assure l'intérim (notamment du 07/1789 à mars 1790). Damas se trouve en congé (maladie) en France lors des évènements révolutionnaires. Quand il revient en poste il trouve une importante agitation dans l'île due aux divisions entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires. Royaliste de souche, il se range logiquement dans le mouvement contre révolutionnaire et s'empare de Saint-Pierre après les évènements de juin 1790 (massacres de mulâtres par les révolutionnaires). Les évènements ne tournent pas en sa faveur, la garnison de Fort-Royal se révolte et l'oblige à se retirer au Gros Morne avec les troupes loyalistes. Celles infligent toutefois une défaite importante aux sections révolutionnaires lors de la confrontation à l'Acajou. Il gouverne la Martinique dans un climat tendu jusqu'à son remplacement par le comte de Béhague en mars 1791


Sources :

1 - Avec les « Rouges » dans les Îles du Vent 1790-1793 - Souvenir du Chevalier de Valous. Chez Calmann-Lévy 1930.

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