Biographie sommaire des Géographes, Hydrographes et Cartographes.



Si l'on veut croire certains analystes contemporains, la cartographie, tout comme les recensements, ont surtout servi à préparer la guerre et à la faire.
Ils soutiennent que cartes des territoires et recensements des personnes étaient dressés pour lever les indispensables impôts nécessaires à l'effort de guerre. Les cartes auraient ensuite servi à planifier les invasions, préparer les sièges, superviser les combats sur les champs de bataille.
Lorsque l'on analyse les cartes géographiques, on s'aperçoit que diverses thématiques ont précédé ou ont accompagné les préoccupations guerrières et fiscales. Ainsi une carte peut avoir été dressée dans un but mercantile (routes commerciales, comptoirs,...) afin de faciliter les échanges économiques.

Là, elle aura un fond davantage religieux (évêchés, itinéraires de pèlerinage, contrées à évangéliser,...). Ailleurs elle sera le reflet des préoccupations des hommes de la mer souhaitant éviter les écueils et les récifs, connaître les caps, les vents et les courants pour arriver, sains et saufs, à bon port.

Pour ce qui concerne les cartes des îles Antilles et plus particulièrement celles de la Martinique, toutes ces thématiques se retrouvent, soit isolément soit de façon associative.
On rencontre ainsi des cartes à caractère maritime (cartes marines). Elles présentent les sondes (mesures bathymétriques) et les mouillages sûrs. D'autres cartes sont davantage à caractère religieux, elles indiquent les partitions territoriales entre les différentes congrégations chargées d’évangéliser les populations. D'autres encore, insistent sur l'économie et positionnent les sucreries, les moulins, les lieux de production agricole (plantations, habitations, etc). Les considérations militaires sont dans beaucoup de cas également présentes, les forts, batteries et ouvrages de défense apparaissent couramment.

L'ensemble du jeu de cartes de la Martinique, présenté dans ce site, montre une vaste production ...issue de cartes vendues à l'unité ou à la feuille, atlas de toutes origines et de tous les formats, récits de voyages ou d'évènements particuliers, gazettes et journaux,...basée finalement sur un nombre de « modèles » assez restreint.
Ces modèles ont été copies et recopiés, au gré des besoins, souvent sans apport cartographique supplémentaire c'est à dire sans information nouvelle, sans valeur ajoutée. Parfois même on constate entre deux versions successives l'ajout d'erreurs ou d'inexactitudes.

Faute de réglementation sur les droits d'auteur, les géographes se copiaient ordinairement les uns les autres, pour alimenter leurs atlas et leurs productions respectives. Ils omettaient parfois (et même souvent) de vérifier l'existence de sources plus récentes. Ils omettaient aussi de vérifier l’exactitude des informations qu’ils recopiaient. C'est pourquoi il est fréquent de rencontrer des cartes « obsolètes » de la Martinique, reprises des décennies après une version plus « moderne ».
La plupart des cartes géographiques de la Martinique ont été « dressées » par des hommes (point de femmes hélas) qui ne se sont jamais rendus physiquement dans l'île. Ces « géographes de cabinet », dont Bellin peut être considéré comme l'archétype, ont travaillé, loin du terrain, à Paris, Londres ou Amsterdam...
François de Dainville (dans Le langage des géographes) date l'apparition du mot géographe à 1557. Il remplace progressivement celui de cosmographe. Mais il faudra attendre l'année 1877 pour voir apparaître celui de cartographe.
Les géographes ont donc compilé les informations produites par les représentants des autorités souveraines [notamment les plans produits par les arpenteurs royaux, &c.], par les ingénieurs militaires chargés de fortifier les défenses, par les nombreuses observations des colons.

Ils ont aussi travaillé sur l'interprétation de récits de marins ou de voyageurs. Les données recueillies étaient parfois erronées, même justes elles pouvaient être mal interprétées. Dans l'ensemble, peu de géographes avaient les moyens nécessaires à l’authentification ou à la vérification des informations portant sur ces lointaines contrées.
A côté de ces géographes de cabinet, on trouve aussi des géographes de terrain qui ont séjourné et oeuvré dans les îles. Les premiers d'entre eux ont été amenés à dresser des cartes, par le hasard ou la nécessité. Les précurseurs comme Christophe Colomb ou de La Cosa ont tracé les contours des nouvelles contrées.
Pour ce qui concerne la Martinique, des hommes de tous horizons ont dressé cartes et plans de l’île.
D'abord, fin XVIIe début XVIIIe, ce furent principalement des religieux à fort profil scientifique qui levèrent les premières cartes et firent les premières observations astronomiques pour déterminer, avec des moyens rudimentaires, les longitudes et latitudes.
Ainsi se sont succédés, les Révérends Pères : Dutertre, Labat, Plumier, Feuillée, et tant d'autres.
Après eux, des missions spécifiques sont venues mesurer et calculer les coordonnées de l'île, relever la nature des fonds et des courants. Les marins comme, Eveux de Fleurieu, suivi de Verdun de la Crenne, accompagnés tous deux d'éminents scientifiques comme le Père Pingré ou le Chevalier de Borda.

La spécialisation a ensuite produit des ingénieurs géographes ou hydrographes de métier et de terrain, pétris de talents comme Moreau du Temple, Loupia, ou Paul Monnier, qui sont venus réaliser de gigantesques travaux géodésiques et hydrographiques.
Il ne faut pas exclure les nombreux ingénieurs des fortifications, véritables architectes militaires, tels François Blondel, les frères Payen, ou de Caylus, présents dès le début de la colonisation de l'île. Ils ont apporté une large contribution à la cartographie détaillée en dressant les plans des principaux ouvrages de défense (forts et fortins, batteries, redoutes ou redans).
Ces plans constituent une mine extraordinaire d’informations dans laquelle les géographes métropolitains sont venus abondamment puiser. Parmi ces ingénieurs militaires des fortifications, certains ont également dressé des cartes géographiques et hydrographiques.



Les Précurseurs du nouveau monde



Juan de la Cosa y Vycaíno (inconnue, 1509)

Juan de la Cosa participe activement aux voyages exploratoires de Christophe Colomb. Lors du premier voyage du génois qui aboutit à la découverte du nouveau monde, en 1492, de la Cosa était pilote et propriétaire de la nef galicienne la "Santa María". Son navire s'échouera dans la nuit du 24 au décembre 1492 sur la côte nord de Santo-Domingo. C'est avec le bois et les matériaux récupérés de la "Santa María" que les espagnols construisirent la première construction coloniale des Amériques. C’était une fortification, ils la nommèrent «Fort de la Nativité» en référence à la nuit de Noël. Beau nom pour le préalable à l’éradication des indiens des Antilles !!!

Lors du second voyage exploratoire, qui s’est étalé de 1493 à 1494, Juan de la Cosa est parti comme cartographe de l’expédition. Il aura donc l'occasion de prendre d'innombrables notes et références pour composer sa fameuse carte datée des environs de l'an 1500 par les experts.

De 1499 à 1509, de la Cosa prend une part active aux voyages de découvertes des autres explorateurs mandatés par leurs Majestés Catholiques (Isabelle et Ferdinand souverains de toutes les Espagnes). Ainsi, la Cosa accompagne Rodrigo de Bastidas, Alonso de Hojeda (1471, 1515), Amerigo Vespucci (1451, 1512) et Vicente Yanez Pinzón (ca 1461, ca 1524).

Il trouve la mort dans des circonstances tragiques. Lors de l'expédition d'Alonso de Hojeda qui tentait implanter une tête de pont sur la Terre Ferme (Tierra Firme) sur la côte de l'actuelle Colombie.

Hojeda avait été nommé gouverneur de ces régions inconnues et se devait de bâtir une capitale pourvue d'un bon mouillage pour assurer son emprise sur ces nouvelles contrées. Les indiens commençaient à combattre ces nouveaux venus qui voulaient les soumettre par la force, leur imposer tribut et religion.

Près du village de Turbaco (dans l'actuelle Colombie, près de Carthagène), de la Cosa fut capturé par les « Naturels » qui le torturèrent à mort. Ce furent certainement de justes représailles répondant aux atrocités commises par les espagnols. De la Casas mentionne dans son « Histoire des Indes » :

En parcourant ces divers endroits à la recherche de choses à voler, ils tombèrent sur le corps de Juan de la Cosa, qui était ligoté à un arbre, semblable à un hérisson de flèches ; et comme probablement à cause de l'herbe vénéneuse, il était enflé, déformé et avec des marques épouvantables et horribles, les Espagnols prirent tellement peur qu'il n'y eut personne qui osât reste sur place cette nuit là.

Pierre Martyr d'Anghiera (1455, 1536)

Le livre "de Orbe Novo" soit "du Nouveau Monde" de Pierre Martyr d’Anghiera dont les premières éditions originales ont été publiées entre 1511 et 1530, cette dernière année correspondant à la parution de l'édition complète. Elle inclut les premières descriptions des voyages réalisés par les explorateurs espagnols vers le Mexique, l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et les Antilles.

De Orbe novo présente également les premières cartes imprimées consacrées aux Amériques. Les sources de Pierre Martyr d’Anghiera sont principalement les récits des 3e et 4e voyage de Colomb dont les détails ont été rapportés par Fernando Colomb (fils aîné de Christophe) qui a participé à ces expéditions. Les comptes rendus des voyages d’Alonso de Hojeda (1471, 1515) ont également été une source importante.

D'Anghiera fut aussi l'historien royal de la cour d'Espagne. Il a été, à ce titre, directement en relation avec les explorateurs et conquérants du nouveau monde : Colomb et ses fils, Cortés et bien d'autres contemporains encore (les frères Pinzón dont Alonzo Pinzón, de la Cosa et Bartholomé de la Casas premier espagnol à se lever contre les exactions de ses compatriotes et qui témoignera de l'anéantissement des indiens dans son ouvrage sur la Destruction des Indes.




Benedetto Bordone (ca 1450, ca 1531)

Benedetto Bordone est un cartographe né à Padoue aux environs de 1450 et émigré à Venise vers les années 1492-1494. Il a d’abord illustré des livres et des documents officiels pour les érudits et l'administration de Venise. Il s’est ensuite orienté vers la gravure sur bois pour réaliser des illustrations et des cartes. Il est surtout connu pour sa "sphère du monde" de 1508 qui inclut les îles des grandes Antilles.

Son œuvre majeure intitulée "Libro di Bendetto Bordone Nel quale si ragiona de tutte l’Isole del mondo", publiée vers 1528, présente les différentes îles des Antilles. C'est le premier "ISOLARIO" portant sur le nouveau monde. Il est divisé en trois volumes, le premier est relatif aux îles et péninsules. Les cartes de Cuba, Hispaniola, de la Jamaïca et des petites Antilles (îles caraïbes) y sont présentées.




Les cartographes français


Jean-Baptiste [Jacques] Dutertre (1610, 1687)

C'est l'un des tous premiers chroniqueurs qui a relaté l'hisoire de la colonisation des îles. L'orthographe de son nom reste sujette à variations multiples.
Jacques du Tertre [Dutertre] naquit à Calais en 1610. On ne connait pas grand chose de sa prime jeunesse ou de son adolescence. Mais né dans une ville "anglaise", située à côté des Pays-Bas espagnols et des Provinces Unies, il ne pouvait pas échapper à une vie de découvertes, bercée par les expéditions maritimes outre-atlantique.
Jeune homme il s'engage donc dans la marine hollandaise et aurait navigué jusqu'aux côtes du Groenland. Ensuite, on le retrouve dans l'armée royale française. Il aurait participé de près ou de loin au siège de Maastrich (celui de Louis XIII en 1633 et non celui de Louis XIV quarante ans plus tard).
Démobilisé, il monte à Paris et entre en religion chez les prêcheurs Dominicains. Il prend alors le nom de père Jean-Baptiste. Il développera durant sa carrière des talents de botaniste qui seront reconnus unanimement par ses successeurs et pairs.

En 1640, son ordre, l'expédie aux Antilles. Il y séjournera 16 ans durant lesquels il observe, analyse et note. Ces 16 années seront entrecoupées de courts retours en France.
Il visitera la plupart des îles colonisées par les français.
En 1654, il fait publier son premier ouvrage, dédié à Achille de Harlay, Comte de Beaumont, il s'intitule l'Histoire Générale des Isles de Saint-Christophe de la Guadeloupe, de la Martinique ... .
Dans l'épitre de l'ouvrage, adressée à Harlay, Dutertre laisse entendre qu'il a été l'objet d'une sorte d'acte de piraterie visant à le déposséder de son manuscrit : "on se serait emparé de ses manuscrits". C'est pourquoi il fait publier son ouvrage sans attendre, de peur que quelqu'un d'autre ne lui souffle la primeur, et profite abusivement de son laborieux travail.

La publication est imprimée chez Jacques Langlois à Paris. Elle contient la fameuse carte de la Martinique, que l'on attribue généralement à Dutertre. L'ouvrage laisse une large place aux descriptions de la faune et de la flore antillaises.
Le père Dutertre s'ancre définitivement en France vers 1657. Il s'installe à Tulle, puis revient sur Paris où il décède.
Entre 1667 et 1671, un nouvel ouvrage sur la primo-colonisation des Antilles, sera publié à Paris chez Thomas Jolly. Dans celui-ci, Dutertre prend à parti un dénommé Rochefort, qu'il accuse d'avoir dérobé puis plaggié son premier ouvrage. C'est de ce même personnage dont il parlait dans son épitre à Messire Harlay (1er ouvrage de 1654).
Ce second ouvrage paraît en 4 volumes (il reprend une bonne partie de son premier travail). Les deux premiers volumes paraissent en 1667 et restent dédiés à Harlay, comte de Beaumont, tandis que les volumes III et IV paraissent en 1671 et sont dédiés à Jérôme Bignon (1658, 1725), Conseiller du Roi.
Cette nouvelle version de son "Histoire des Îles", s'intitule Histoire Générale des Antilles habitées par les François.




Samuel Champlain (1567, 1635)

Né en 1567, Samuel Champlain [ou Samuel de Champlain] était un soldat, un marin, un aventurier de la meilleure espèce, ainsi qu'un habile commerçant. Il a créé un fructueux négoce de peaux et fourrures.
Il entame son premier voyage qui le mène à Mexico à l'âge de 32 ans en 1599, il passera alors par les Antilles. A sa mort en 1635, il aura réalisé onze autres périples aux Amériques.

Lors de ses voyages exploratoires, il se lie d'amitié avec les indiens Montagnais (Canada) et lutte avec eux contre leurs ennemis héréditaires : les iroquois, alliés aux anglais eux-mêmes ennemis hériditaires des français [à l'époque].
Il est fait prisonnier par les britanniques, et passe les années 1629 à 1632 en Angleterre.
Champlain élabore une série de cartes de la "Nouvelle France", dans lesquelles il indique de nombreux détails. Ses renseignements seront abondamment repris par les géographes européens avides d'informations fiables sur ces nouvelles contrées. Par exemple, Sanson et Duval, ont repris dans leurs productions respectives les éléments transmis par Champlain.


Nicolas Sanson d'Abbeville (1600, 1667)

Il est le précurseur d'une grande famille de géographes :

Nicolas Sanson (1626, 1648) fils,
Guillaume Sanson ( ?, 1703) fils,
Adrien Sanson (?, 1708) fils,
Pierre Moulard-Sanson (?, 1730) petit fils.

Nicolas Sanson est né à Abbeville où il a poursuivi des études d'histoire. Très tôt, il s'est tourné vers la cartographie notamment pour illustrer ses divers travaux historiques. Il a dressé des cartes qui ont, par leur grande qualité, attirées l'attention du roi Louis XIII. Il a été nommé Géographe Ordinaire du Roy. Ses connaissances en firent le précepteur royal en matière de géographie et de cosmographie.
La lignée de cartographes qu'il a entamée au début du XVIIe siècle sera encore active à la fin du XVIIIe siècle par Didier Robert de Vaugondy son descendant direct de 5e génération.

La fille de Guillaume Sanson (fils du patriarche Nicolas) se mariera en effet à Robert Vaugondy. De leur union naîtra Gilles Robert de Vaugondy (1688, 1766) père de Didier Robert de Vaugondy (1723, 1786).

Dans la préparation de son œuvre majeure, «Cartes Générales de Toutes les Parties du Monde», Nicolas Sanson s'est associé avec les meilleurs graveurs français de l'époque, comme Abraham Peyrounin.
Il a produit près de 300 cartes dont deux sont particulièrement réputées : celle de "l'Amérique Septentrionale" qui présente pour la première fois les grands lacs nord américains découverts par les explorateurs français et celle du "Canada ou la Nouvelle France" de 1656.
Après son décès son entreprise fut reprise par ses fils (Guillaume et Adrien) et son neveu (Pierre Duval), en association avec l'éditeur, imprimeur et géographe Alexis Hubert Jaillot.

Les cartes de Sanson ont été rééditées par ses successeurs en concurrence avec les maisons hollandaises très présentes alors le marché de la cartographie.
Son petit fils, Pierre Moullard-Sanson a repris en 1692 les affaires de ses oncles Guillaume et Adrien Sanson, suite à des difficultés financières dans lesquelles se trouvait enfoncée la firme familiale. Guillaume Sanson, évincé, va de son côté s'associer avec Alexis Hubert Jaillot après avoir tenté une association avec Pierre Mariette.

Principaux travaux :




François Blondel (1618, 1686)

Auteur d'une carte qui pourrait être datée des environs de 1667-1670. Intitulée "L'Isle de la Martinique" conservée à la BNF section Cartes et Plans sous la référence suivante : SHM portefeuille 156 - D2 - pièce 5. Carte entoilée. Dimensions approximatives : 137 cm x 71 cm, échelle en lieues, aucune sonde (ou mesure des profondeurs) n'est présentée.

Ce scientifique s'est orienté très jeune vers l'architecture et notamment l'architecture militaire. François Blondel, sieur des Croisettes, est rapidement devenu un spécialiste de la poliorcétique (art d'assiéger les villes).

Selon David Buisseret [in Ingénieurs et Fortifications avant Vauban - édition du CTHS] Blondel a exercé le métier de diplomate, soldat et ingénieur. Il serait allé en Espagne en 1639 pour y lever secrètement le plan de plusieurs places fortes. Il aurait été ensuite impliqué dans la révolte des catalans de 1640. En 1647, il commande une galère nommée La Cardinale lors d'une expédition en Sicile. Entre 1650 et 1651, il lève les plans des fortifications de Provence.

En 1662, devenu depuis peu inspecteur des fortifications, il contrôle celles de Dunkerque. En 1666, il produit le plan de la nouvelle Rochefort. Cette même année, il part pour un périple de près de 3 ans en mission d'inspection aux Antilles.
Plus particulièrement, durant les années 1666 et 1667, François Blondel séjourne aux Antilles, notamment en Martinique où il conçoit les plans des fortifications devant permettre de protéger l'île des agressions extérieures. Il passe également en Guadeloupe où il y appuit les ingénieurs des fortifications. Il y dresse nombreuses cartes et dessine un grand nombre de vues.
Selon le père Labat [Nouveau Voyage aux Isles, Tome I], Blondel aurait tracé sur place [en 1675] le premier projet "en dur" de la forteresse du Fort-Royal de la Martinique [aujourd'hui Fort Saint-Louis]. Labat se trompe sur l'année, mais pas sur le fait que Blondel soit bien le véritable architecte concepteur du Fort-Royal.
Les travaux de construction ont été mené dans un premier temps sous la direction des frères Payen notamment de Germain Payen, ingénieur des Isles d'Amérique. Il a sensiblement retouché le projet initial de Blondel qui demeurait relativement simple. Le père Labat reproche ces retouches faites au génie de Blondel et critique vertement Germain Payen. On pourrait croire que le nom de l'ingénieur n'inspire pas à notre ecclésiastique une confiance sans limite.
A la mort de Germain Payen en 1690, la construction s'est poursuivie sous la direction de Jean-Baptiste de Caylus [nommé en 1691], Ingénieur Général des Isles et Terre Ferme de l'Amérique. Le frère de Germain Payen, Marc a également participé activement, sous les ordres de Caylus, au suivi et à la conduite des travaux.
Labat rencontre en 1694 l'ingénieur général de Caylus sur la forteresse en chantier. Il le décrit comme un gentilhomme du Languedoc, pétri de talent : très habile et très expérimenté. Caylus est originaire de Haute-Auvergne, il serait décédé en Martinique en 1722.
Mais revenons à Blondel. Son séjour aux Antilles lui a permis de recueillir des observations et des mesures astronomiques (assez précises pour l'époque) avec lesquelles il a pu mettre en valeur ses talents de cosmographe. Sa carte de la Martinique présente les emplacements des habitations des primo-colonisateurs, selon toute vraisemblance Blondel l'aurait dressée en 1667.

Principaux travaux :

L'Isle de la Martinique [1667]
Cul de Sac, Port du Carénage et Fort royal de la Martinique en 1666 et 1667
Rade du Fort Saint-Pierre de la Martinique [1667]




Les trois frères PAYEN


Nicolas Payen (xxxx, 1688) - mort à la Martinique
Germain Payen(xxxx, 1690) - mort au Fort-Royal de la Martinique
Marc Payen (xxxx, 1697) - né à Meudon - mort à Saint-Domingue

Monsieur Xavier LOCHMANN de Carlepont, pertinent généalogiste, attire mon attention sur le fait que les documents mis en ligne par les A.NO.M. ne font pas mention de Nicolas Payen. C'est Nicolas et non Germain qui aurait été nommé ingenieur du roi le 22 avril 1671. Nicolas était auparavant employé au Château Trompette à Bordeaux, et aurait été envoyé en Martinique en 1680 par Colbert. Nicolas serait mort à la Martinique en 1688 (cf BNF, Z Thoisy 183, f°321) après avoir désigné comme légataires les enfants de Marie PAYEN sa soeur.

Germain Payen serait, selon M. LOCHMANN, le second frère et Marc le dernier. Il existe donc une confusion entre Nicolas [dont les A.N.O.M ne parlent pas] et Germain Payen qui aurait usurpé (bien malgré lui) le rôle et la place de Nicolas.

Principaux travaux cartographiques connus :

pour ne savoir plus sur les 3 frères Payen


Plan géométrique du fort de la Magdelaine avec ses environs au quartier du Baillif...fait au Fort Royal de la Martinique. [1682]




Louis Le Correur de Mareuil (?,1701)

Les origines de Louis Le Correuil de Mareuil sont picardes, plus précisément d'Amiens. Il fait partie d'une famille dont les membres se sont très tôt rendus dans les Isle afin d'y faire fortune. Il avait un frère aîné conseiller au Conseil Souverain de l'Île de Saint-Christophe.
Louis Le Correur de Mareuil deviendra Lieutenant du Roy pour le quartier du Cul de Sac de la Trintié et ensuite Commandant du quartier de la Capesterre dont il effectue le recensement en 1697. Il réalisera cette même année une carte générale de la Martinique, dont l'exemplaire semble avoir été perdu.

Cette carte sera expédié en France en 1698. Le Correuil de Mareuil joint un mémoire descriptif dans lequel il met en évidence les chemins nouvellement ouverts et les paroisses...Il donne la description et l'emplacement des quartiers principaux, des mouillages sûrs, des dangers maritimes, des différents culs de sac. Il distingue les chemins ordinaires marqués par des points noirs et les chemins des hauteurs marqués par des points rouges. Il met en évidence les églises et les cures de chaque quartier notamment en indiquant d'une croix jaune les Jacobins, d'une croix noire les Jésuites et d'une croix rouge les Capucins.

Ce plan, qui montre ainsi pour la première fois les chemins et le découpage paroissial n'est pas disponible aux A.N.O.M. Mais il est certain que l'apport cartographique de Louis Le Correur de Mareuil va se retrouver dans les différentes cartes relatives à la Martinique. Les différents modèles réalisés aussi bien par Van Keulen que par le père Labat, ou encore par Guillaume Delisle vont s'appuyer sur ce découpage particulier.

pour en savoir plus : Louis Le Correuil de Mareuil




Jean Baptiste de Giou de Caylus (?, 1722)

Ingénieur des fortifications en Martinique entre 1691 et 1706, année où il prend sa retraite. Il dirigera notamment les travaux de la forteresse du Fort Royal et la construction de la ville. Selon les sources, il serait mort en 1722, pour certains en France, pour d'autres à la Martinique, où il avait, semble-t-il, des attaches et des intérêts personnels.
Pour le père Labat, Jean de Giou-Caylus reste l'Ingénieur Général des Isles et Terre Ferme de l'Amérique. Labat l'a rencontré en 1694, sur la forteresse en chantier. Il le décrit comme un gentilhomme du Languedoc, pétri de talent [très habile et très expérimenté].
Caylus est effectivement originaire de Haute-Auvergne pays de langue d'oc.

Principaux travaux cartographiques connus :

page de liens vers les Archives Nationales de l'Outre Mer




Thimothée Petit (ca 1660, 1723)

Voir la page spéciale sur l'arpenteur général des îles du vent.




Vincent Houël (xxxx, 1754)

Informations issues pour partie de l'histoire Générale des Antilles d'Adrien Dessales (édition de 1847) et des documents disponibles aux A.N.O.M (Archives Nationales de l'Outre-Mer) :
Un petit fils de Charles Hoüel [gouverneur-propriétaire de la Guadeloupe], dénommé également Monsieur Houël, était présent aux Antilles vers 1720, plus précisément en Guadeloupe. Ce Monsieur Houël, capitaine aux Gardes Françaises, cherchait à faire valoir ses droits comme héritier et se faire reconnaitre comme le seigneur de l'île. L'affaire est allée en justice et ne fut tranchée définitivement qu'en 1735. Au final, Monsieur Houêl n'obtint pas satisfaction. Les terres réclamées furent vendues ou concédées à des tiers.

Se pourrait-il que ce soit ce même Houël qui conduit les travaux de fortification de la Martinique et des îles environnantes, cette fois-ci en tant qu'"ingénieur du roy" ? rien n'est moins sûr.
On sait actuellement que l'ingénieur Vincent Houël a conduit des travaux de fortification dans les îles. Il a par ailleurs dressé tant en Guadeloupe qu'en Martinique, sous la férule de MM "de Champigny" (gouverneur particulier de la Martinique entre 1720 et 1727 puis Gouverneur Génral des Îles du Vent entre 1727 et 1745 ) et "de la Croix" (intendant) des cartes générales et particulières des îles.

La carte manuscrite de l'Isle de la Martinique de 1729, fait principalement le point sur les fortifications et rend hommage à la tournée que M de Champigny a réalisée. On connait également de nombreux plans dressés pour la Guadeloupe, comme le Plan du Port du Petit Cul de Sac de la Guadeloupe de février 1730.

Jean Brochart de Champigny, Gouvernuer Général des îles du Vent, était l'époux d'une descendante et héritière de Charles Hoüel, Magdelaine Hoüel, à ce titre il avait de nombreux intérêts financiers et terrains dans les îles. Vincent Houël, son ingénieur en chef avec lequel il avait de très bonnes relations, lui était-il apparenté ?
Les archives de l'outre-mer mettent (depuis peu) à disposition un ensemble de documents, de lettres manuscrites, qui nous éclairent sur la personne de Vincent Houel ainsi que sur son service à la Martinique où il exercera de 1720 à 1746.

Pour en savoir plus sur l'ingénieur en chef des Isles du Vent : Vincent Houël




Jean-Dominique (1623, 1712) ou Cassini Ier

Né à Perinaldo en Italie, JD Cassini suit des études chez les Jésuite à Gênes. Suite à ses travaux astronomiques il obtient en 1650 une chaire d’astronomie de l’Université de Bologne. Il étudie et publie en 1662 un ouvrage remarquable sur les éclipses solaires. Il analyse les satellites de Jupiter et publie des tables sur les mouvements de ceux-ci. C’est grâces aux tables horaires de l’occultation des satellites de Jupiter que le père Feuillée pourra calculer les longitudes dans des contrées éloignées (Amérique du Sud notamment).

Ces travaux permettent à Jean-Dominique de rentrer à l’Académie des Sciences fondée par Colbert en décembre 1666. Invité en France par Louis XIV et Colbert, il arrive à Paris en 1669 et y restera. Il prendra la nationalité française en 1673. Cassini I s’installe à l’observatoire de Paris récemment construit et participe avec l’astronome Jean Picard (1620, 1682) à la détermination de la distance de la terre au soleil. Il poursuit et affine l’œuvre de Picard qui avait évalué en 1681 la longueur d’un arc de méridien d’un degré de latitude entre Paris et Amiens (111 km) et étend la base de la méridienne de l’observatoire de l’abbé Picard. Il devient  occupant permanent de l’observatoire. Devenu aveugle il meurt en 1712 à Paris.


Jacques (1667, 1756) ou Cassini II


Fils du précédent, né à Paris Jacques entre à l’académie des sciences en 1694 comme élève astronome. A la mort de son père, en 1712, il y dirige les travaux. Il effectue de fréquemment de longs séjour à l’étranger, notamment en Angleterre. Il y rencontre Isaac Newton. Il est admis à la Royal Société de Londres. En 1700 il collabore aux calculs de la méridienne de l’observatoire qu’il poursuivra jusqu’en à son achèvement en 1718. Il conteste l'hypothèse d'Isaac Newton qui met en évidence l'applatissement de la terre aux pôles. Selon Newton, compte tenu de la force centripète due à la rotation du géoïde, le rayon terrestre devrait être réduit d'une proportion de 1/230 aux pôles par rapport à son rayon à l'équateur. Cassini II prone le contraire, c'est à dire l'alongement du rayon de la terre aux pôles (le géoïde aurait alors la forme d'un citron plutôt que d'une orange ... si l'on reste dans les agrumes). Cette controverse prendra fin avec les missions françaises expédiées en Laponie et "au Pérou" dont les résultats donneront raison à Newton.

César François (1714, 1784) ou Cassini III

Fils du précédent, né à Paris en 1714. Plus connu sous le nom de Cassini de Thury en référence à son lieu de naissance où se situe la maison familiale depuis deux générations. Il participe avec son père aux calculs de la méridienne de l’observatoire et de sa perpendiculaire. César François rentre à l’Académie en 1735 comme adjoint astronome et en devient comme son père et comme son grand père le directeur. Il sera membre de la Royal Société de Londres.  C’est à lui que Louis XV demandera en 1747 de dresser « la carte Générale et Particulière de la France » plus connue sous le nom de «Carte de Cassini» (échelle de 1 / 86 400 ou d’une ligne pour cent toises) qui aboutira à la réalisation des fameuses cartes d’état-major du XIXe siècle.

Jean-Dominique (1749, 1845) ou Cassini IV

Fils du précédent, né à Paris. En 1768, il participe aux calculs de la longitude en mer en testant les horloges marines conçues notamment par Pierre Le Roy. Sur la digne trace de ces prédécesseurs, il entre à l’Académie des Sciences en 1770 comme astronome. A la mort de son père il devient directeur de l’Observatoire de Paris. Jean-Dominique achèvera l’œuvre cartographique de son père, la «Carte de Cassini». Indécis durant la révolution il finira par intégrer le nouveau Bureau des longitudes créé en 1795.




Pierre Duval (1619, 1683)

C'est le neveu de Nicolas Sanson. La soeur du célèbre géographe, Marie Sanson, ayant épousé M du Val, prénommé également Pierre.
Pierre (le fils) épousera la soeur de Placide de Sainte-Hélène (1649, 1734). Placide sera initié à la géographie par son beau-frère qui est avant tout professeur de géographie. Placide entrera dans les Ordres mais deviendra également comme Pierre, géographe ordinaire du roi.

Pierre Duval a produit :
"La Géographie Françoise" en 1659 connue également sous "La France sous le Roi Louis XIV". Cet ouvrage a eu des éditions multiples : notamment en 1659, 1667, 1677, 1680, 1682 et 1691. Il a produit également un appendice à cet ouvrage qui fait état des acquisitions territoriales de Louis XIV : "La France depuis son Agrandissement par les Conquestes du Roy".
A la mort de Pierre Duval, ses cartes et ouvrages seront rééditées par sa fille Mlle Du Val, quelquefois en association avec son beau-frère Placide.




Alain Manesson Mallet (1630, 1706)

Biographie tirée en grande partie du portrait dressé par Emilie d'Orgeix.

Il est né à Paris en 1630, et est formé aux mathématiques par Philippe Mallet (certainement un proche parent) qui faisait alors profession d'ingénieur militaire et de professeur de mathématiques.
Sa formation de base terminée, Manesson s'engage chez les mousquetaires du Roy Louis XIV.
S'éprouvant durant les nombreuses campagnes du monarque solaire, il acquiert de précieuses connaissances en balistique et en poliorcétique, qui le mènent à se transformer d'abord en sergent major d'artillerie, puis en ingénieur des fortifications.
On retrouve Manesson Mallet au Portugal, il semble qu'il y soit parti en 1663. Alphonse VI, lui avait procuré un emploi dans lequel il a effectué d'âpres travaux de fortification des places portugaises.

Quant il revient en France en 1668, Louis XIV le nomme maître de mathématiques pour enseigner cette science à la Cour de Versailles.
Vauban tenait Manesson Mallet en haute estime puisqu'on a retrouvé dans sa correspondance le jugement suivant : Pendant le voyage que je viens de faire, j’ai trouvé à la Rochelle un homme illustre et de grande réputation que je cherchais depuis longtemps […]. Il dessine très bien, entend fort bien la guerre et la fortification et écrit bien.
Mallet publie à partir de 1683, à Paris chez Denys Thierry, un ouvrage intitulé "Description de 1'Univers". Ce monument en 5 volumes s'apparente à une véritable encyclopédie géographique qui est abondamment illustrée de très fines gravures. Plusieurs rééditions en langue française sont recensées notamment celles de 1685, 1686...

Sitôt après les premières éditions françaises, une copie de l'ouvrage est imprimée à Francfort en 1685 chez Jean David Zunner. Bien qu'imprimée outre-rhin, cette copie est encore destinée au marché français : elle est en langue française. Le succès de cette édition en France laisse penser qu'elle obtiendrait un résultat identique en Allemagne. L'imprimeur a dû décider de la faire traduire en germain. Cette version allemande portra le titre de "Beschreibung des gantzen Welt-Kreises". Elle sera produite dès 1686 à Francfort. Comme son homologue française, elle obtiendra également le large succès attendu et sera rééditée après la mort de Mallet en 1719 (Francfort).


Principaux travaux :




Alexis-Hubert Jaillot (1632, 1712)

Géographe du Roy et imprimeur à Paris.
Il publie de nombreux travaux de géographes contemporains ainsi que ses propres oeuvres.

Atlas François 1694. Edité à Paris et à Amsterdam chez R et J Ottens




Nicolas de Fer (1646, 1720)

Les cartes de Nicolas de Fer eurent une grande vogue au XVIIIe siècle. Né en 1646, Nicolas de Fer fait son apprentissage, à l'âge de 12 ans, chez un graveur. En 1687, il reprend le commerce de cartes géographiques, continué par sa mère après la mort de son père, Antoine de Fer, marchand d'estampes et de cartes, décédé en 1673.

Les "géographe-éditeur" fait alors de l’affaire familiale une entreprise prospère. Nicolas publie de nombreux atlas et se spécialise dans la publication de documents illustrant l'actualité : cartes frontières, cartes des nouvelles conquêtes de Louis XIV, villes fortifiées par Vauban, voyages et découvertes de nouveaux territoires. Afin de faciliter les commandes, il édite un catalogue qui présente ses principales publications.

La boutique de Nicolas de Fer a pour enseigne la Sphère Royale, symbole qu’il affiche sur un grand nombre de ses réalisations (voir carte de l’Isle de la Martinique). Nicolas a eu trois files. A sa mort, ses gendres, Guillaume Danet et Jacques-François Besnard, graveurs également, continueront chacun pour leur compte l'activité de Nicolas de Fer. Les cuivres sont alors répartis entre les deux gendres.

Sa principale œuvre «l'Atlas Curieux où le Monde représenté dans les cartes générales et particulières du Ciel et de la Terre» a une première épreuve datée de 1700, "à Paris chez l'autheur". Dans l’édition de 1705 la plupart des cartes ont été réactualisées et la date corrigée. La carte de la Martinique est datée de 1704, elle présente en bas à droite une table indexée de 1 à 63. Ce procédé assez novateur pour l’époque, permet à une petite carte de livrer un grand nombre d'informations (noms des lieux,…).

En 1716-1717, Nicolas de Fer synthétise sa production dans un ouvrage en deux parties. La première reçoit la page de titre de l'Atlas Curieux datée de 1705. De nouvelles tables datées de 1716 ou 1717 sont réalisées.

Dans l'Atlas Curieux N. de Fer publia plusieurs cartes des Amériques et des Antilles. On relève en particulier les cartes suivantes : Les Isles de l'Amérique connues sous le nom d'Antilles (n°126) ; L'Isle St Domingue ou Espagnole (n°127) ; L'Isle de la Jamaïque (n°128) ; L'Isle de la Martinique (n°129).

Principaux travaux :




Charles Plumier (1646, 1704-06)

Né à Marseille en avril 1646, il décède vraisemblablement de maladie (pleurésie) à Cadix alors qu'il préparait une expédition pour se rendre au Brésil ou au Pérou. Il comptait s'y rendre pour se procurer des plants de quinquina. Cette plante miraculeuse est un parfait antidote au paludisme et à certaines fièvres tropicales.

Si la communauté des historiens s'accorde sur le lieu du décès du père Plumier (Cadix) , l'année de sa mort ne fait pas l'unanimité. Selon certains historiens ce serait en 1704, pour d'autres en revanche ce serait en 1706. Pour ma part je pencherais plutôt sur 1706, les publications prêtées au père Plumier et sorties en 1705 ne mentionnent pas son décès.
Le père Plumier sera un célèbre botaniste et naturaliste de son temps. Pour les besoins de la science, Louis XIV l'enverra dans les contrées les plus reculées pour y dresser de formidables et précis inventaires sur les espèces végétales et animales.
Très jeune, à peine sorti de l'adolescence, il entre chez les Minimes de Marseille. Comme nombre de ses coréligionaires de l'époque, il y apprend les mathématiques, l'astronomie, la mécanique. Il s'essaye avec grand succès à la peinture, au dessin, talents dont il tirera ensuite le meilleur profit. Il influencera le père Feuillée dans la vocation qu'on lui connaît.
Entre 1688 et 1690, Charles Plumier est aux Antilles avec Joseph-Donat de Surian médecin et chimiste. Il visite presque toutes les possessions françaises d'alors : Guadeloupe, la Martinique, Saint-Domingue. Il y rencontrera le fameux père Labat qui lui rend hommage dans ses mémoires. Il rapportera de ce premier voyage un manuscrit important Plantes de la Martinique et de la Guadeloupe conservé à la BNF (Cabinet des Estampes). Ce manuscrit est daté de 1688. Certaines cartes qu'il contient également.

Dans ce superbe manuscrit des "Plantes de la Martinique et de la Guadeloupe", il présente des planches [in folio] des plans, qu'il a lui-même dressés et dessinés, des principales localités des deux îles (Fort-Royal, Saint-Pierre, Basse-Terre). Il y présente également, de précieuses planches de la flore et de la faune antillaise avec un indicible talent de dessinateur. Il faut l'imaginer aux îles croquer le spectacle de la nature s'offrant à ses yeux, et le soir venu, peaufiner son oeuvre à la clarté d'une chandelle....

La date portée sur le manuscrit 1688, plaide pour un premier voyage du Père Plumier entamé dès 1688 et non 1689 comme il est communément admis. Le séjour aux Antilles serait alors étalé de 1688 à 1689 plutôt que 1689 à 1690 (?).

Le père Plumier dans le préambule de l'ouvrage paru en 1693, à Paris à l'imprimerie royale, la Description des plantes de l'Amérique avec leurs figures laisse entendre qu'il a passé, en tout deux ans aux Antilles, à l'occasion de deux voyages différents : j'y ai resté environ deux ans, en deux voyages que j'y ai faits, et pendant ce temps-là, j'y ai dessiné et décrits près de six cents plantes différentes ....
Certains historiens considèrent qu'il se serait également rendu aux Antilles en 1693, année de la parution de la Description des Plantes de l'Amérique.
Entre 1696 et 1697, il effectuera nouveau voyage aux Antilles. Il y sera mandaté, sur ordre de Louis XIV, pour y recenser les multiples espèces de fougères. Il en résultera un ouvrage aujourd'hui célèbre : Traité des fougères d'Amérique qui paraîtra en 1705.

Disposant de réels talents de dessinateur, Plumier illustre couramment ses ouvrages de ses propres croquis qui révèlent déjà une touche certaine d'hyperréalisme. Ses travaux botaniques reconnus, il obtiendra la charge de botaniste du roi, assortie d'une pension bien méritée. Il publiera de nombreux ouvrages, sur les plantes et la faune d'Amérique, assortis de planches merveilleusement dessinées. C'est certainement le précurseur du non moins célèbre John-James Audubon.

Le père Plumier laissera un héritage intellectuel important. La botanique descriptive et nomenclaturiste lui doit beaucoup. Le Père Feuillée, également Minime s'inspirera de son prédécesseur (Description des plantes médicinales de l’Amérique).
Le père Labat, le cite fréquemment dans son ouvrage "Nouveau Voyage aux Isles".
Les principaux travaux cartographiques que le père Plumier a effectué sur les Antilles se retrouvent dans "Plantes de la Martinique et de la Guadeloupe", à savoir :

Plan du Fort Royal de l'Isle de la Martinique
Plan du mouillage du Port Saint-Pierre de la Martinique
Plan de huict des principaux quartiers de la Capbesterre de L'Isle Martinique




Joseph Sauveur (1653, 1716)


Voici une brève biographie de Joseph Sauveur, tirée de l'éloge funèbre rédigée par son éminent collègue Fontenelle en 1716. Joseph Sauveur naquit à la Flèche le 24 mars 1653. Elève peu éloquent chez les jésuites, il se passionna pour les sciences qui demandaient moins de rhétorique.
Sa famille le destinait, de prime abord, à l'état d'ecclésiastique. Mais il n'avait aucune vocation dans ce domaine. Après avoir tenté des études de médecine, il s'orienta finalement vers la géométrie, les mathématiques et la physique. Dans ce domaine il travailla en collaboration avec Mariotte (le physicien)lors d'expériences sur les fluides (eau) en 1681.
Ses voyages l'amenèrent à s'intéresser à la poliorcétique et à la castramétation, notamment lors du siège de Mons en 1691 et de la campagne des armées de Louis XIV dans les Flandres. Il rédigera un ouvrage intitulé « Traité des Fortifications ».
Au niveau cartographique, il dressa les « Cartes des Côtes de la France » qu'il réduisit par ordre de M de Seignelay [le descendant et successeur de Colbert] à la même échelle, il les orienta toutes de la même façon.
[Sauveur effectua ces travaux grâce aux bases posées par de talentueux ingénieurs des fortifications tels La Favolière et Denis de La Voye, qui avaient exploité la triangulation du royaume réalisée par les Cassini, et les déterminations astronomiques relevées tant par Jean Picard, Philippe de la Hire que par Jean-Matthieu de Chazelles]
Ces cartes réduites [qui utilisent donc la projection de Mercator] donnèrent le premier tome du trop célèbre "Neptune François" qui fut présenté à l'Académie Royale des Sciences en 1683 puis publié à partir de 1693. Comme on le sait le Neptune sera actualisé par JN Bellin en 1753, puis une troisième et dernière édition verra le jour en 1773.
En 1686 Sauveur fut professeur de mathématiques au Collège Royal, en 1696 il entra à l'Académie des Sciences. Durant les dernières années de sa vie, il travailla au développement de l'acoustique et contribua à développer les connaissances en musique. Il mourut le 9 juillet 1716 dans sa 64ième année.

Jean Sauveur a travaillé en collaboration avec Charles Pène et Jean Mathieu de Chazelles (1657, 1710) pour la réalisation du "Neptune François".

Principaux travaux :

Le Neptune François, imprimé à partir de 1693, 32 cartes. Réédition actualisée par JN Bellin en 1753.




Louis Feuillée (1660, 1716)

Le Révérend Père Louis Feuillée est né en 1660. Il se forme à l'astronomie, à la cartographie, c'est un éclésiastique pétri de sciences. Ce religieux Minime restera dans l'Histoire surtout comme un fameux botaniste.
Dans le cadre de différents travaux, il est amené à se rendre à plusieurs fois aux Amériques.
Il aura l'occasion de séjourner à plusieurs reprises en Martinique, ses nombreux voyages scientifiques outre-atlantiques étant en effet ponctués par des escales "obligées" dans l'île :

1 - escale d'abord à l'aller à l'occasion de son premier "Voyage aux Îles d'Amérique et à la Nouvelle Espagne". Entre juin 1703 et mars 1704, période où vraisemblablement, il dresse sa carte de la Martinique. Il effectuera de nombreuses observations astronomiques et il mesurera la variation de la boussole (déclinaison magnétique). Les géographes de l'époque ont pris en compte les déterminations du révérend père Feuillée. Tout d'abord Guillaume Delisle, qui dans sa carte des Antilles Françaises de 1717 indiquera la déclinaison magnétique mesurée par Feuillée.
Mais le célèbre géographe s'est trompé sur la direction de la déviation mais aussi sur l'année. Ce n'est pas en 1706, mais bien en février 1704 que Feuillée a mesuré cette "variation de l'aiguille aimantée" [Confère Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, rédigé par "Cassini le fils], et la déviation de la boussole n'est pas vers le Nord-Ouest mais vers le Nord-Est.
Philippe Buache positionne quant à lui, sur sa carte de la Martinique de 1732, les sites où le père Feuillée a relevé ses observations astronomiques, celles qui permirent vraiment préciser la longitude de l'île.

2- escale de mars à mai 1706.

3 - escale enfin en 1711, à l'occasion de son second Voyage aux "Indes Occidentales". Il séjournera dans l'île de mai à juillet 1711, à son retour d'Amérique du Sud où il a effectué de nombreuses observations notamment au Pérou à Lima .

Les colonies espagnoles d'Amérique du Sud et Centrale semblaient à cette époque parcourues par de nombreux scientifiques français. Certains d'entre-eux pourraient être qualifiés au passage d'informateurs voire même d'espions (notamment Frézier).
Ainsi on rencontre du côté des côtes occidentales de l'Amérique du Sud durant ce premier quart du XVIIIe, le Père Feuillée (entre 1707 à 1711), puis dès 1711 son grand contradicteur Amédée Frézier (1682, 1773).
Tous deux ont mesuré les latitudes et longitudes des côtes et des principales villes ou ports de l'Amérique du Sud du Chili et du Pérou. Une querelle les opposera d'ailleurs sur certaines mesures.

Amédée Frézier entame et termine son expédition de Saint-Malo. Il en part le 23 novembre 1711, il y reviendra en 1714. Frézier commandait lui même l'un des deux bâtiments : le Saint-Joseph de 36 canons, le second la Marie de 120 tonneaux portait les vivres. Il relata son expédition dans un ouvrage imprimé à Paris en 1716 (1 volume in quarto avec carte et figures) dans lequel il ne ménage pas les travaux du père Feuillée.
Quelques années plus tard, ce sera la "mission du Pérou" (entre 1735 et 1744) à laquelle participeront Louis Godin (chef de l'expédition), Pierre Bouguer, Joseph de Jussieu et Charles de la Condamine.
La plupart de ces missionaires avaient de grandes compétences en géographie et en cartographie. Par exemple, Frézier était ingénieur des fortifications et La Condamine géographe. Leurs observations ont servi au géographes "de cabinet" dans leur compilation des données pour la "confection" des cartes.
Les données et les mesures issues des travaux du père Feuillée, d'Amédée Frézier et d'autres encore ont servi de solides sources notamment à Guillaume De l'isle et à son gendre Philippe Buache. Les travaux effectués par le Révérend Père Feuillée permirent de positionner plus exactement les côtes Est et Ouest du sous-continent conique.

Selon Eugène Revert, le père Louis Feuillée sera le premier savant à déterminer de façon précise la latitude de la Martinique [Je pense que c'est plutôt de la longitude dont voulait parler Revert].
Le Minime mettra en évidence une variation plus prononcée de l'aiguille de la boussole (déclinaison magnétique) due au décalage entre le Nord magnétique et le Nord géographique
Il effectuera en 1724 des observations astronomiques visant à préciser la longitude de l'île de fer par rapport au méridien de Paris. Après une différence longtemps estimée à environ 21 degrés Ouest par les astronomes et les géographes, Feuillée la rectifiera à environ 20° (19° 55'). Ses travaux contribuèrent à valider ainsi la correction empirique adoptée par Guillaume Delisle depuis 1720.
Le méridien de l'île de fer, considéré comme méridien origine tendait à se faire supplanter par le méridien de Paris. Il fallait alors détermniner de façon exacte la position de l'île de fer par rapport à l'observatoire de Paris.
Pour les français et les espagnols, le méridien de l'île de fer était aussi ce que l'on a appelé la Ligne des Amitiés.
Feuillée montrera également que la déclinaison magnétique (variation de la boussole) y était nulle, à cette époque...

Il est promu au rang de "Mathématicien du Roy". Il meurt en 1732.

Pour en savoir plus, je vous invite à cliquer sur les vignettes suivantes. Vous découvrirez notamment un portait de Louis Feuillée examinant une carte de la Martinique et une élogieuse description du personnage et de son œuvre, rédigée par Yvon Georgelin :


photographies réalisées par Gérard Bonnet





Le tableau dont l’auteur n’est pas connu avec certitude est actuellement conservé dans les locaux de l’Académie des Sciences, Lettres, Belles Lettres, et Beaux-Arts de Marseille.

Principaux travaux :

La "Carte des côtes de Provence" par Jean-Matthieu de Chazelles et les Pères Laval et Feuillée

Le "Journal des Observations Physiques, Mathématiques et Botaniques faites par l'Ordre du Roy sur les Côtes Orientales de l'Amérique Méridionale et dans les Indes Occidentales depuis l'année 1707 jusqu’en 1712". En trois volumes, publiés à Paris chez Pierre Giffart et Jean Mariette. Les deux premiers tomes sont sortis en 1714 tandis que le troisième a été publié à partir de 1725. Le volume III contient la carte de l’Isle de la Martinique dressée par le père Feuillée.

Extrait des observations astronomiques faites à la Martinique en 1703 et 1704 sur les satellites de Jupiter, sur la latitude de la Martinique et sur la variation de l'aimant comparée aux observations qui avaient été faites dans cette isle par MM. Deshayes et Dubois et à celle qui ont été faites en même temps par M. Cassini le fils.
Académie des Sciences, 1704 à Paris.




Père Antoine Laval (1664, 1728)

Né à Lyon en 1664, il sera jésuite. Il poursuit ses études et se spécialise en mathématiques et en hydrographie.
A la création de l'observatoire astronomique des jésuites à Marseille, vers 1702-1703, Antoine Laval est nommé directeur. Il contribue, dès lors, au développement des observations astronomiques, notamment des satellites de Jupiter dont il note les éclipses et les révolutions. Il observe également les taches solaires.
En 1718, il part à Toulon et laisse ainsi l'observatoire de Marseille dans une quasi inactivité. Dans ce port, il enseigne principalement l'hydrographie aux officiers et aux gardes de la Marine.
En 1720, il est envoyé en Louisiane pour faire des observations astronomiques, afin d'améliorer la cartographie de l'époque portant sur l’Amérique septentrionale (position de l'embouchure du Mississipi, ...). Les déterminations faites par Laval en juillet 1720, notamment sur l'emplacement de l'île Dauphine à l'embouchure de la Mobile, feront l'objet en 1728, d'une vive controverse entre Laval et le géographe Guillaume Delisle. Laval sûr de son fait, reproche à Delisle un trop grand écart entre la longitude indiquée sur la carte de la Louisiane de 1718, et celle qui a lui-même déterminé en 1720. L'Académie des Sciences mandatera M. Baron, "ingénieur du roy" pour aller sur place, en août 1729, mesurer la longitude à la Nouvelle-Orléans et à la Mobile, ville situé sur la rivière du même nom. Finalement on s'apercevra le père Laval a commis trop d'erreurs et a mal positionné les établissements français.
En 1728, année de son décès, est publié l'ouvrage qui relate l'expédition en Louisiane.
Quelques décénies plus tard, Claret de Fleurieu, écornera fortement le travail qu'Antoine Laval a mené en Martinique. Il montre dans le rapport sur la Mission de l'Isis, que Laval a procédé à des observations astronomiques peu fiables, tout comme à la Nouvelle-Orléans, et qu'il serait hasardeux de s'y fier. Il met également en évidence les inexactitudes du plan du Cul sac Royal que le jésuite avait dressé.


Principaux travaux :


Voyage à la louisiane fait par Ordre du Roy en 1720, Paris, Mariette, 1728. in quarto.




Guillaume de l'Isle (1675, 1726), dit Delisle L'aîné


Delisle Claude (1644, 1720) père,
Delisle Simon Claude (1675, 1726) frère jumeau [historien],
Delisle Joseph Nicolas (1688, 1768) frère,
Delisle Louis dit "Louis la Croyère" (1720, 1743) fils de Claude.


Il est issu d'une famille dédiée à l'astronomie, à la géographie et à la cartographie. Son père Claude Delisle a été le professeur de géographie le plus en vogue au XVIIe siècle.
A la suite de celui-ci, Guillaume dirige la maison d'édition située "Sur le Quay de l'Horloge" à Paris. Cette adresse est généralement indiquée dans le titre de ses cartes.
De l'Isle aurait dressé sa première carte à l'age de 9 ans. Il a été admis en 1702 à l'Académie Royale des Sciences, il avait alors à 27 ans. Il reçu ensuite le brevet de "Premier Géographe du Roy" en août 1718, "charge" spécialement conçue pour lui en reconnaissance des enseignements prodigués par les Delisle à la famille de France.
Guillaume de l'Isle a été l'élève de l'illustre mathématicien, astronome, géographe et cartographe, Jean Denis Cassini. De l'Isle (Delisle) a été en ce début du XVIIIe siècle le cartographe français le plus renommé. Il est considéré comme le premier cartographe vraiment scientifique. Sanson d'Abbeville avait ouvert la voie à la cartographie scientifique, Delisle l'a mise en oeuvre. Il a reconfiguré la perception même du globe terrestre, tel qu'il était alors connu.
Il est particulièrement reconnu pour la précision de ses observations et l'exactitude des déterminations employées (autant qu'on pouvait l'être avec les instruments de mesure de l'époque). Dans ce domaine, il a eu recours aux déterminations réalisées par le père Feuillée pour dresser la position en longitude de la Martinique. Le non moins célèbre cartographe Philippe Buache est son gendre. Ph Buache traduira les mémoires de son beau-père sur la carte de la Martinique dont il est l'auteur.
Après son décès arrivé subitement, une large partie de ses archives auraient été versées au Dépôt de la Marine par les soins de son frère Joseph-Nicolas alors Astronome-Géographe du Dépôt de la Marine. Il s'en serait suivi une bataille juridique entre les divers héritiers et la veuve du Géographe.

G de l'Isle a été édité par les maisons les plus en vues de l'époque. Notamment par les fameux copieurs hollandais Covens et Mortier installés à Amsterdam. Il a marqué de son empreinte la cartographie française de l'ensemble du XVIIIe siècle. La plupart de ses travaux ont été repris, voire purement et simplement plagiés par nombre de géographes européens.

Dans le Nouveau Voyage aux Isles d'Amérique [tome IV], le père Labat souligne les difficultés rencontré par le Premier Géographe du Roy pour dresser la carte de la Grenade, datée de 1717.
Labat indique que De L'Isle a travaillé sur les mauvais mémoires de M. Petit qui a inversé les positions : il a placé à l'Ouest ce qui est à l'Est, et au Nord ce qui est au Sud. Cela dit, il reconnaît la forte compétence de Delisle, il y a peu de Géographes plus exacts.

L'ingénieur Petit, est également décrit dans le même temps par le père Labat. Petit avait la qualité d'"Arpenteur Juré de la Martinique". Il fut nommé ingénieur du Roy grâce à Delisle auquel il a fourni de nombreux renseignements [même si ceux-ci sont quelquefois erronés]. Labat ne résiste pas, et le critique à propos du plan de la Grenade. Il écrit que tout ingénieur est arpenteur, mais il s'en faut bien que tout arpenteur soit Ingénieur.

Il semblerait toutefois que G. Delisle ait eu quelques difficultés à interpréter les manuscrits de Petit. Ce dernier, qui ne pouvait se tromper autant sur la position et la physionomie de la Grenade, aura voulut conserver une suite ininterrompue d'îles. Il a inversé les positions par une projection de son cru, pensant que Delisle rétablirait sur sa carte la position véritable. Mais il n'en fut rien.

Principaux travaux :




Jean Baptiste LABAT (1663, 1738)

Le père Labat est né à Paris en 1663, il y meurt en 1738. Il rentre chez les religieux Dominicains [Jacobins] vers 1682 et devient le Révérend Père Jean-Baptiste trois ans plus tard. Suite à une épidémie qui a dévasté les rangs des religieux en place aux Antilles, ses frères le sollicitèrent pour y aller les remplacer. Il accepte et part pour les Antilles en novembre 1693.

Arrivé, le père Labat ne se contentera pas de son rôle de simple religieux. Durant son séjour sa personnalité haute en couleur l'amène à exercer tous les métiers, notamment en réponse aux évènements tumultueux qui se succèdent (guerre franco anglaise, ...). Il a ainsi été successivement ou simultanément : aumônier, professeur de mathématiques, professeur de philosophie, inventeur, cartographe à l’occasion, gestionnaire de plantation, contrebandier, espion, flibustier, etc.

Il participe activement à la défense des îles contre la pression anglaise. En Guadeloupe, il dessine et conduit les travaux de fortification. Il participe au développement de l'économie cannière et sucrière en concevant des inventions nouvelles : machines à presser les cannes à sucre, mise au point d'un nouveau procédé de distillation pour fabriquer le rhum, etc.

Il rentre en France en 1705 et écrit son fameux recueil intitulé : Nouveau Voyage aux Isles de l'Amérique Contenant, l'Histoire Naturelle de ces Pays, l'Origine, les Mœurs, la Religion & le Gouvernement des Habitans anciens & modernes. Les Guerres & les Evenemens singuliers qui y sont arrivez pendant le séjour que l'Auteur y a fait.

Cet ouvrage comporte de nombreux détails sur la vie et les mœurs des habitants [caraïbes, colons, esclaves]. Il est illustré par nombreuses de cartes, des planches qui détaillent les plantes, les animaux, la géographie des îles. Cet ouvrage a connu un large succès dès sa première parution en 1722. Il a été édité sous différents formats notamment : in Quarto (6 volumes) / in Octavo (8 volumes). Les principales éditions originales (sans vouloir être exhaustif) sont les suivantes :

cet ouvrage a connu de multiples autres rééditions de 1726 à nos jours.




Jean de Beaurain (1696, 1771) et Jacques de Beaurain (1728, xxxx)

Né à Aix-en-Issart dans le calaisis, Jean de Beaurain monte à Paris et se consacre aux études de géographie. Il étudie avec Pierre Moulart-Sanson, le petit fils de Nicolas Sanson d'Abeville. Il sera admis comme précepteur en géographie du futur roi Louis XV.
Il sera fait "Géographe du Roi" en 1719, et exercera aussi comme imprimeur à Paris.

Son fils, Jean Baptiste Jacques de Beaurain (1728, xxxx) le suivra dans la carrière de géographe. Il accèdera à la charge de "Géographe du Roi" en 1765. Il dressera et diffusera des cartes sous le même patronyme, celui de "Chevalier de Beaurain, Géographe de sa majesté".

Principaux travaux :


Atlas de Géographie Ancienne et Moderne – 1751 - Beaurain père

Histoire Militaire de Flandre de 1690 à 1694 paru en 1756 - en deux volumes - Beaurain père

Carte d’Allemagne - 1765 - Beaurain père

Histoire de la Campagne de Condé en Flandre en 1674 - paru en 1774 - Beaurain fils

Histoire des quatre dernières campagnes de Turenne - paru en 1782 - Beaurain fils




Jean Baptiste Pierre Romain


Ami du baron d'Holbach, il aura vécu en France, en Martinique et à la Grenade. Il a été notamment ingénieur du roi aux îles d'Amérique et ingénieur en chef à l'île de la Grenade. Ce Romain a travaillé activement au succès de l'Encyclopédie de Diderot. La grande oeuvre le cite notamment comme contributeur émérite : M le Romain, ingénieur en chef de l'Isle de la Grenade a donné toutes les lumières nécessaires sur les sucres et sur plusieurs autres machines qu'il a eu l'occasion de voir et d'examiner dans ses voyages en Philosophe et en Observateur Attentif

Pour en savoir plus sur l'ingénieur Romain page de liens vers les Archives Nationales de l'Outre Mer




Georges Louis Le Rouge (1710,1778)

G. L. Le Rouge est né à Hanovre, il passa sa prime jeunesse en Allemagne. Engagé dans l'armée du "roy de France", au régiment de Saxe, il avait acheté une charge de lieutenant. Il est devenu ensuite ingénieur militaire des fortifications. Il s'acquitta de sa tâche de cartographe en dressant des cartes pouvant être d'abord utiles aux armées et à la marine royale. Il s'installe à Paris, rue des Augustins, en 1740, et commence une carrière de géographe-éditeur. Sa production se concentre sur les années 1740 à 1780. Il est l'auteur de nombreux atlas et cartes marines.

Le Rouge a notamment édité un atlas intitulé "Recueil des Fortifications Forts et Ports de Mer De France" en 8 volumes. Cet atlas, composé de 89 plans qui représentent en tout 132 sites, contient également les plans des principaux ports américains des possessions françaises (Québec, La Nouvelle Orléans, Cayenne …).

Principaux travaux :




Philippe Buache (1700, 1773)

Né à Paris le 7 février 1700, il devient tout d'abord, et un peu par hasard, l'élève du célèbre architecte Robert Pitrou. Tout semblait alors le destiner à devenir lui-même architecte, il obtient d'ailleurs en le premier prix de l'Académie des Beaux Arts, quand Guillaume Delisle le remarqua et le persuada de s'orienter vers les études de géographie.
La création du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine (en 1720), dirigé tout d'abord par le Chevalier de Luines lui permet de prendre une part active au développement de l'institution. Il y entre à l'âge de 20 ans, il y restera près de 17 années.
En 1729, il épouse, Charlotte, la fille de Guillaume mort quelques années plus tôt (1726). Devenu le gendre posthume du célèbre géographe, sa belle-mère, la Veuve Delisle, lui confie des responsabilités importantes au sein de la maison d'édition. Philipe Buache prendra naturellement la direction de l'entreprise familiale, après le décès de la Veuve. Héritant alors du fond de Guillaume Delisle (notamment l'ensemble des planches), il doit faire face à un procès intenté par les autres héritiers de la veuve Delisle. Une partie du fonds (mémoires, plans et cartes manuscrits) aurait cependant été versé au Dépôt de la Marine par Joseph-Nicolas Delisle, frère de Guillaume, qui était alors Astronome-Géographe du Dépôt.
Son mariage avec Mlle Delisle ne dure malheureusement pas : il est rapidement veuf. Il se remarie en 1746 avec Elisabeth Catherine de Miremont, belle-soeur de son premier mentor, M. Pitrou. N'ayant pas eu d'enfant, il adoptera et élèvera son neveu Nicolas Buache, dit de la Neuville, auquel il lèguera ses biens.

Outre les siennes, Philippe Buache a publié de nombreuses cartes dressées originellement par son beau père, ainsi que par d'autres géographes. Il obtient en avril 1745, le privilège royal d'éditeur de cartes du roi.
En 1729, Philippe Buache est nommé Premier géographe du Roi. En 1730 il devient titulaire du siège de géographe de l'Académie Royale des Sciences, siège créé spécialement pour lui par Louis XV. Le géographe navigateur d'Anville lui succèdera à cette place. Buache a été le précepteur en matière de géographie du Duc de Bourgogne, le frère ainé de Louis XVI, mort prématurément. Il deviendra ensuite, en la matière, le mentor du tout jeune Louis XVI qui se passionnera dès lors pour la marine et les voyages lointains.

Il est l'auteur de la carte de la Martinique, attribuée généralement à De l'Isle, mais en fait dressée par Buache grâce à l'exploitation des données (notamment celles de Houel) recueillies et travaillées par son beau-père.

La carte de la Martinique a été publiée pour la première fois en 1732 à Paris chez la Veuve Delisle, belle mère de Philippe Buache. Dans cette première version, il est indiqué :
"A Paris chéz la Vve du Sr Delisle sur le Quay de l'Horloge / avec Privilege du ROI / MDCCXXXII [soit 1732] / le 10 octobre". Le graveur s'appelle Delahaye (Sculpsit). Dimensions approximative de : hauteur 49 cm x largeur 62 cm.
La carte a été également imprimée dans «l’Atlas Nouveau» durant une bonne partie du XVIIIe notamment chez "Covens et Mortier" à Amsterdam. L’allure générale de la carte de Buache servira de trame de fond à toute une génération de géographes (Seutter, Jefferys, Bowen, etc) dans leur représentation de la Martinique.

Le titre complet de la carte de Buache donne bien la participation de chacun des intervenants :
"Carte de l'Isle de la Martinique. Colonie Françoise de l'une des Isles Antilles de l'Amérique. Dressée sur des plans manuscrits entr'autre sur celui de M Houel Ingénieur du Roy, Assujettis à des observations astronomiques et conciliés avec les mémoires particuliers de feu M Guillaume de l'Isle, Premier Géographe de sa Majesté, de l'Académie des Sciences".

Dans un ouvrage posthume aux deux géographes "L'Atlas Géographique et Universel par Guil Delisle et Phil Buache" édité vers 1780 à Paris rue des Noyers, Jean-Claude Dezauche, lui même géographe, édite les cartes de ses deux illustres prédécesseurs.

Principaux travaux :




Jacques Nicolas Bellin (1703, 1772)

Jacques Nicolas Bellin est recruté au début de l'année 1721 comme commis-dessinateur au Dépôt des cartes et plans de la marine quelques mois après la création du Dépôt en 1720. En 1741, il sera promu au grade d'ingénieur hydrographe de la Marine. Sa carrière se déroulera essentiellement au sein du Dépôt où il passera plus de cinquante ans à compiler les cartes et les documents relatifs à toutes les mers connues. JN Bellin a été membre de la Royal Society de Londres.
Il aura l'occasion à ses débuts de cotoyer Philipe Buache premier géographe engagé par le Dépôt, et d'autres illustres géographes comme Joseph-Nicolas Delisle (1688, 1768), frère cadet de Guillaume.
C'est JN Bellin qui sera à l'initiative de la création du sceau du Dépôt Général de la Marine afin de permettre de bien identifier la production officielle ... des multiples copies. Le sceau du Dépôt appliqué sur toutes les pièces acquises et archivées permettra également de connaitre avec certitude les cartes et documents possédés par le Dépôt, et d'en vérifier ainsi les entrées-sorties.
Le Dépôt de la Marine (Dépôt Général des Cartes, Plans et Journaux de la Marine) créé en 1720 est le prolongement du «Dépôt des cartes et plans du Roy» fondé en 1680 et des "Archives de la Marine", et l'ancêtre du futur «Service Hydrographique de la Marine» qui verra le jour en 1886.

En bon compilateur, JN Bellin travaille surtout en bureau sur les documents, les journaux de bord, les manuscrits et les récits que lui fournissent explorateurs et navigateurs. Il n'effectue lui-même aucun voyage exploratoire hors de France, et ne semble pas avoir participé à des campagnes de relevés hydrographiques sur le terrain (sauf peut être à Dunkerque en 1730 où il aurait réalisé des levés du port).
Ses détracteurs prétendent qu'il n'a jamais embarqué sur un "vaisseau du roy" et qu'en conséquence il serait peu qualifié pour occuper la place de 1er hydrographe au Dépôt.

Il est ce que l'on appelle communément un géographe de cabinet.
Durant sa carrière il a été quelquefois amené à exploiter, voire même carrément à plagier, les travaux de ses confrères. Ainsi l'explorateur d'Après de Mannevillette [voir l'exemplaire du Neptune Oriental disponible sous une page spécifique du site du Ministère de la Défense consacrée à la Cie des Indes]] déposa plainte pour contrefaçon à l'Académie des Sciences de Paris contre l'hydrographe du Dépôt.

Bellin sera par ailleurs assez controversé, à justes raisons, par Claret de Fleurieu, Paul Monnier... qui lui reprochent de nombreuses erreurs et inexactitudes dans la détermination de ses cartes. De Fleurieu constate, par exemple, des différences importantes de longitudes entre des cartes dressées quasiment à la même époque.

En 1737, année où Philippe Buache quitte le Dépôt, et quatre ans avant d'être nommé officiellement ingénieur hydrographe, Bellin publie sa première carte dressée au Dépôt : c'est une carte réduite de la Méditérranée.

Ses premiers travaux d'envergure débutent cependant avec une première réactualisation [en 1753] du "Neptune François" oeuvre de collaboration réalisée initialement sous l'impulsion de Colbert. Le Neptune était sorti en 1693 et n'avait pas obtenu tout le succès qu'il était en droit de mériter. Il semble que le choix de présenter des cartes réduites ait été une entrave à son acceptation par les utilisateurs et donc à sa diffusion dans les milieux maritimes, alors ancrés dans des anciennes pratiques [cartes plates]. La version actualisée par Bellin du "Neptune François" sera publiée et diffusée à partir de 1753. L'échelle des cartes les plus précises du «Neptune François» est d'environ 1/100 000 (1 cm équivaut à 1 000 mètres). Il se compose plutôt de cartes générales à petites échelles voire à très petites échelles.

JN Bellin est également l'auteur de l'Hydrographie française ouvrage en deux volumes qui rassemble près d'une soixantaine de cartes portant sur les diverses régions du monde. Les premières sorties de ces travaux, en 1756, se font par l'atelier d'édition de JN bellin lui-même. Les cartes ne portent pas encore le sceau du Dépôt qui viendra plus tard. La plupart des cartes de l'«Hydrographie» seront reprises par le Dépôt de la Marine, et estampilées alors avec la marque (sceau) du Dépôt. Elles seront principalement destinées à être vendues à l'unité ou à la feuille. Ces cartes utilisent la projection de Mercator, elles sont d'un format double-feuille (60 cm x 90 cm) et portent un titre générique du type : Carte réduite de ...... pour servir aux vaisseaux du Roy. L'appellation "réduites" indique qu'elles ont été dressées selon la projection de Mercator, projection conforme qui conserve les angles. Cette projection a été introduite au début des années 1600 dans la cartographie française par le dieppois Guillaume Vasseur.

JN Bellin est aussi l'auteur du «Petit Atlas Maritime» dont la première édition paraît en 1764 (en 5 volumes). Cet ouvrage est particulièrement intéressant pour ses plans détaillés des villes maritimes et des ports, voir celui du Cul de Sac Royal, qui présente de nombreux détails pour le mouillage des vaisseaux. Ce recueil sera abondamment utilisé par l'ensemble des marins français.

A côté de ses fonctions publiques et privées au Dépôt de la Marine, JN Bellin participe à l'illustration des grandes oeuvres de son temps. Celle de Prévost d'Exiles, plus connu sous le nom de l’Abbé Prévost, intitulée "L'Histoire Générale des Voyages" sera abondemment alimentée par les cartes de Bellin. Compte tenu du nombre d'éditions et d'exemplaires tirés, ainsi que des nombreuses copies et contrefaçons, ces cartes sont assez courantes aujourd'hui.

De la même façon la publication de Jean-François de la Harpe (éditée à partir de 1780)qui reprend pour l'essentiel l’œuvre de Prévost, utilise les cartes dressées par Bellin. Ces dernières seront reprises dans les diverses éditions en allemand, en italien, que les œuvres de Prévost et de La Harpe susciteront.

Bellin est aujourd'hui connu pour n'avoir pas été suffisamment précis dans l'adoption de déterminations astronomiques portées sur «ses» cartes. Il procédait souvent à des fluctuations importantes. Ainsi l'île de la martinique a eu quatre positions différentes dans quatre cartes publiées au Dépôt, et ce dans une période assez courte, sans qu'aucune soit vraiment conforme aux relevés des astromones.

Dans le même registre, en 1771, les corrections demandées par l'Académie de Marine de Brest sur la nouvelle carte marine des Antilles ne sont pas prises en compte par Bellin. Cette négligence provoque de sévères remontances notamment de la part du Chevalier de Trémergat. Ces récriminations sont d'autant plus justifiées que Bellin n'hésite généralement pas à faire valoir sa qualité de membre de l'Académie de Marine [de Brest] dans le titre même de ses cartes.

Décédé en 1772, JN Bellin est remplacé de façon éphémère par l'ingénieur hydrographe en chef Giovanni Antonio Bartolomeo Rizzi Zannoni (1736, 1814) dont le successeur sera en 1773, Rigobert Bonne (voir plus bas).

Principaux travaux :




Henri de Rochemore (1718, 1768)

Les premiers travaux de Rochemore [disponibles aux A.N.O.M] sur les fortifications dans l'Ile de Martinique sont datés de 1761.
Pour cet ingénieur très actif, c'est certainement l'année où il arrive à la Martinique. Il avait semble-t-il séjourné à la Guadeloupe auparavant et contribué à l'édification de la défense de Pointe-à-Pitre. C'était donc un habitué des îles.
Quand Rochemore arrive à la Martinique il est déjà ingénieur en chef. Puis il est nommé vers 1763, directeur des fortifications pour les Iles du Vent, après la restitution de la colonie à la France suite à la guerre de 7 ans.

L'ensemble des autres ingénieurs, qu'ils soient des armées (Moreau du Temple par exemple), ou des fortifications, travailleront donc sous l'active férule de Rochemore.
Ce sont principalement Rochemore et Leboeuf qui concevront dès 1763 les plans du Fort Bourbon (aujourd'hui Desaix) situé sur le Morne Garnier.
Ce fort sera construit entre 1763 et 1780. On peut noter que le célèbre savant Charles Coulomb a travaillé sur ce projet. À sa sortie de l'école du génie de Mézières (ancètre de l'école polytechnique) en 1761, Coulomb participe au levé des cartes côtières de Bretagne. Puis il est envoyé en mission à la Martinique entre 1764 et 1772 pour participer sous l'autorité de Rochemore à la construction du Fort Bourbon. Rochemore décèdera dans l'Île en 1768.
Pendant une partie de ce temps, entre 1763-1770, les ingénieurs des armées vaqueront à leur grande oeuvre.

Principaux travaux :

Liens qui accèdent aux Archives Nationales de L'outre Mer - A.N.O.M




La dynastie des Robert de Vaugondy


Gilles Robert de Vaugondy (1688, 1766) père
Didier Robert de Vaugondy (1723, 1786), fils

Les Robert de Vaugondy sont les descendant de Nicolas Sanson d'Abbeville par Pierre Moulard-Sanson. Ils ont hérités d'une partie du matériel et des archives de l'entreprise familiale qu'ils enrichirent en acquérant le fond d'A. Hubert Jaillot à la mort de celui-ci en 1712. Grâce à ces éléments, ils ont produit leur ouvrage majeur : "l'Atlas Universel".

Les Robert de Vaugondy ont constitué une famille de cartographes et de concepteur de globes terrestres dont les travaux ont marqué leurs temps même si la précision scientifique d'un "de l'Isle" leur a fait souvent défaut, ce qui leur a été souvent reproché. Leurs travaux ont illustré les grands ouvrages de cette période. Ils ont également collaboré avec Diderot et D'Alembert pour l'illustration de "l'Encyclopédie".

Principaux travaux :




Les Crépy

La famille Crépy a connu plusieurs générations de graveurs et surtout d'imprimeurs. Ils ont travaillé tant à Marseille qu'à Paris. Les principaux membres de la famille sont : Jean Crépy (1669, 1739) et Etienne Louis Crépy (1709, 1760). L'affaire familiale des Crépy a surtout fonctionné durant le XVIIIe siècle. Elle est née avec ce siècle et s'est éteinte également vers la fin de celui-ci, vers 1790. Leur adresse parisienne était sise rue Saint-Jacques au quartier Saint-Jacques.


Principaux travaux :

Atlas Nouveau 1767 à 1773




Rigobert Bonne (1727, 1795)

Né en 1727 dans la région de Sedan, Rigobert Bonne restera pour la cartographie français un hydrographe plutôt productif. Il a succédé à G.A.B Rizzi-Zannoni comme premier hydrographe du Dépôt de la Marine en 1773. Contrairement à JN Bellin, R Bonne eut une activité de terrain relativement importante.
Les cartes de Rigobert Bonne se retrouvent principalement dans "l’Atlas Moderne ou collection des cartes sur toutes les parties du globe terrestre" publié chez Lattré et Jean Thomas Herissant à Paris en 1762. Cet ouvrage collectif fait intervenir d'autres géographes dont Jean Janvier et Giovanni Antonio Rizzi Zanonni.

La célèbre et monumentale publication de l'abbé G.T. de Raynal (1713, 1796), "L'Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes" qui comprend de nombreux volumes est accompagnée d'un atlas d'une cinquantaine de cartes qui ont dressées en majorité par Rigobert Bonne, ingénieur hydrographe de la marine. Le graveur est généralement André. Cet atlas se nomme "l'Atlas Portatif, ou Atlas de Toutes les Parties Connues du Globe Terrestre".

La première édition française "L'Histoire philosophique et politique des établissemens..." date de 1774 à Paris. Une édition précédente avait vu le jour à Amsterdam en 1770. Cette publication rencontre un succès incontestable. Elle est, pour l'époque, l'une des composantes essentielles des bibliothèques des gens en vue. L'Histoire philosophique et politique des établissemens... a été copiée et éditée dans la plupart des pays d'Europe. Moins de cinq années après sa parution on comptait déjà plus d'une dizaine de copies plus ou moins légales dans toute l'Europe. Ses principales éditions ont été imprimées à Paris, à Amsterdam, et à Genève chez Jean-Léonard Pellet.

G.T. Raynal a mis près de quinze ans pour réaliser son oeuvre gigantesque. Il a pioché parfois allégrement dans d'autres ouvrages. Mais le résultat est à la hauteur de ses espérances. L'ouvrage dénonce, outre la présence des européens aux Amériques et aux Indes Orientales (qu'allait-on faire dans ces contrées ?), les travers néfastes du colonialisme, de l'esclavage et des massacres perpétrés contre les indiens.

En 1781, G.T. Raynal procède à une réédition de l'Histoire des Deux Indes. Il a demandé dès 1779, à Denis Diderot de l'aider à réécrire son oeuvre. Il entend la rendre plus populaire et relancer les ventes qui commencent à s'essouffler.
En fait Diderot interviendra largement dans la composition de la nouvelle formule. La perspective de ne pas être blâmé par le pouvoir royal, puisque l'ensemble de l'œuvre sera prêté à Raynal, lui permet de développer ses thèses sur la liberté des peuples et des individus, l'oppression royale, les lettres de cachet, l'esclavage des noirs, etc...

Diderot, protégé par Necker alors ministre influant, proche des Encyclopédistes, apostrophe par l'ouvrage de Raynal interposé le jeune roi Louis XVI. La disgrâce et le renvoi de Necker en mai 1781 vont précipiter les évènements. Raynal évite de justesse l'arrestation décrétée par le pouvoir royal en mai 1781 et se réfugie à Spa en Belgique. Il échappe donc de peu à la Bastille. Diderot ne sera pas inquiété outre mesure.

Rigobert Bonne participe activement à une autre oeuvre importante : 'impressionnant Atlas Encyclopédique [en deux volumes publiés en 1787 et 1788] de Nicolas Desmaret.
Le titre complet du premier volume est le suivant : "Atlas Encyclopédique contenant la Géographie du Moyen Age, la Géographie Moderne et les cartes relative à la Géographie Physique. Par M Bonne Ingénieur Hydrographe de la Marine et par M Desmaret de l'Académie Royale des Sciences pour les Cartes de la Géographie Physique. A Paris. Hôtel de Thou, rue des Poitevins. M. DCC. LXXXVII".

La participation de Rigobert Bonne à ces différentes oeuvres sont pour l'hydrographe des motifs de conflits avec son principal employeur qu'est alors le Dépôt des cartes et plans de la Marine dirigé par Joseph Bernard de Chabert, secondé efficacement par de Fleurieu. Ces derniers reprochent à l'hydrographe son manque d'intérêt pour les travaux officiels et la lenteur mise à produire certains de ceux-ci. Le conflit s'est envenimé au point que Chabert fasse mettre Rigobert Bonne à la retraite, de façon anticipée, en avril 1789. Jean-Nicolas Buache sera alors nommé premier ingénieur hydrographe du Dépôt en remplacement de Bonne.

Principaux travaux :




Les Tardieu

Cette famille parisienne a donné à la France une lignée de graveurs talentueux. Les Tardieu ont contribué par leur savoir-faire à donner à la cartographie française ses lettres de noblesse. Ils ont travaillé avec d'autres spécialistes, tel Dubuisson spécialisé dans la gravure sur cuivre des lettres [textes sur les cartes etc.], qui a notamment collaboré avec P. F. Tardieu (c'est à dire avec Antoine François) aux environs de 1765.
Ambroise Tardieu fut membre de la Société de Géographie de Paris, il a travaillé en association avec Malte-Brun, il a réalisé un atlas pour la version XIXe de l'Intelligence de l'Histoire Générale des Voyages de La Harpe.

déclinaison familiale :

A - Nicolas Henri (1674, 1749)
B - Jacques Nicolas (1716, 1791) fils du précédent
C - Pierre François (1711, 1774) neveu de Nicolas Henri
D - Jean Baptiste Pierre (1746, 1816)
E - Charles Jean (1765, 1830)
F - Pierre Alexandre (1756, 1844) neveu de Jacques Nicolas
G - Antoine François (1757, 1822)
H - Pierre (1784, 18xx) fils d'Antoine François
I - Ambroise (1788, 1841) fils d'Antoine François


D - Jean Baptiste Pierre : né à Paris, il est graveur de cartes géographiques. Il a travaillé pour l'impératrice Marie-Thérèse en réalisant la carte des Pays-Bas (53 planches Grand-Aigle). Il a aussi participé à la gravure des Chasses du Roi Louis XVI,


E - Jean Charles Tardieu : est le petit fils de Nicolas Henri, tous deux académiciens et graveurs du roi. Il est né à Paris en septembre 1765. Il a été l'élève de Regnault. Il était spécialisé dans la gravure de portraits, de scènes de genre ou de scènes historiques.


F - Pierre Alexandre : né à Paris en mars 1756. Il a été l'élève des son oncle Jacques Nicolas et de son grand oncle Henri. Il est graveur de portraits en taille douce.


G - Antoine François, dit de l'Estrapade : graveur de cartes géographiques. Né en 1757 à Paris où il mourut en 1822. Il a notamment travaillé en collaboration avec les géographes Mentelle et Lapie. Il excellait surtout dans le trait au burin, le fini des eaux, et le fini à la pointe sèche. Bizarrement, il signa longtemps ses cartes de P. F. Tardieu. Il a réalisé les cartes des l'Atlas de Le Clerc et de Freycinet et a travaillé épisodiquement pour le Dépôt de la Marine. Il a gravé notamment une carte de l'ouvrage sur les Voyages de Marchand dressé par M. Beautemps-Beaupré.


H - Pierre dit Tardieu l'aîné : graveur et également géographe lui-même. Il est né à Paris en mars 1784. C'est le fils d'Antoine François dont il a été l'élève. Il a travaillé avec Alexander von Humbolt. Il a réalisé pour Napoléon 1er la Carte des Routes des Postes de l'Empire, parue en 1811.


I - Ambroise : il est à la fois graveur de portraits, graveur de cartes géographiques et maritimes. Fils d'Antoine François, il est également géographe lui-même. Il sera employé par le Dépôt de la Marine notamment dans les années 1820-1830 ainsi que par le Dépôt des Fortifications. Il grave les planches de l'Atlas de Dumont-D'Urville. Il participera à l'illustration de la revue Journal des Savants. Il sera membre de la Sociéte de Géographie. Il travaillera en collaboration avec le géographe Malte-Brun.

Principaux travaux d'Ambroise :


Géographie Ancienne et Moderne, cartes dressées par Ambroise Tardieu pour l'Intelligence de la Géographie Universelle - Malte-Brun - imprimé à Paris en 1842.




Charles Pierre d'Eveux, comte Claret de Fleurieu (1738, 1810).

Claret de Fleurieu est né à Lyon le 2 juillet 1738. Il décède à Paris le 18 août 1810.
Fleurieu, plus qu'un excellent marin, était surtout un astronome-hydrographe doté d'un esprit scientifique extraordinaire.
Il intégra très jeune (1755) la marine royale. Ses capacités d'invention le menèrent rapidement à cotoyer les meilleurs scientifiques de son époque.
En 1756, il participe, à 18 ans, aux opérations navales contre les anglais à Minorque, sous les ordres de Roland Michel Barrin de La Galissonnière, qui sera plus tard Inspecteur du Dépôt de la Marine, et qui commandait alors l'escadre française de méditerranée.
Bien que le combat naval qui opposat les deux puissances n'eût pas clairement de vainqueur, ces opérations furent en partie couronnées de succès puisque les anglais furent définitivement chassés de Minorque. C'est un peu grâce à son action que les Baléares sont aujourd'hui espagnoles. Puis, de Fleurieu eut ensuite un service actif plutôt centré sur la protection rapprochée des convois marchands en mer Méditérannée.

En 1762, il est nommé Enseigne de vaisseau.

En 1768 et 1769, il commande la frégate l'Isis lors la fameuse mission scientifique qui a visité les Canaries et les Antilles... La mission de l'Isis avait pour objectif d'éprouver la fiabilité des horloges marines mises au point par l'horloger franco-suisse, Ferdinand Berthoud. Les horloges étaient destinées "à conserver le temps en mer" et ainsi à pouvoir déterminer de manière précise les longitudes.
Fleurieu aurait, au côté de Berthoud, participé à la conception ou à l'amélioration de certains mécanismes d'horlogerie. Il fabriquera ou perfectionnera lui-même des instruments de mesure, afin d'obtenir de meilleures précisions dans les observations.
En 1769, il est reçu avec d'autres éminents scientifiques, tels que : de Borda; le père Pingré; Le Monnier; Le Français de Lalande, à l'Académie Royale de Marine de Brest qui venait d'être remaniée. Il sera l'un des hommes qui s'occuperont de la grande affaire de la détermination des longitudes en mer, côté français.
En 1773 il est nommé lieutenant de vaisseau et six ans après la mission de l'Isis, il est promu inspecteur [adjoint] du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine, poste qu'il occupera de 1775 à 1789.

C'était certainement l'homme qu'il fallait pour radicaliser les techniques de construction des cartes marines dont il était devenu l'éminent spécialiste. Durant cette période, il assurera également l'intérim au grade d'Inspecteur en Chef, entre 1778 et 1786, en remplacement de l'inspecteur en chef, Joseph-Bernard de Chabert (1724, 1805).
Dans l'ouvrage qui rend compte de la mission de la frégate Isis, Fleurieu critique fort justement les cartes marines produites par le Dépôt (JN Bellin) et propose ses solutions pour résoudre les différents problèmes. Une maxime qui serait attribuée à Jacques Cassini que de Fleurieu reprend en tête de son ouvrage résume sa pensée :

Il vaut mieux ignorer où l'on est et de savoir qu'on l'ignore, que de se croire avec confiance où l'on est pas.
Il sera, pour une grande partie, à l'origine des décisions visant à normaliser d'une part la production des cartes marines et d'autre part, à en réglementer la diffusion et la commercialisation. On sait que par le passé, les ingénieurs et hydrographes du Dépôt (notamment Bellin) se livraient à la commercialisation, pour leur propre compte, des cartes qu'ils produisaient pour le Dépôt. Cette situation avait généré de nombreux abus. Le Dépôt obtiendra le monopole de la production des cartes marines, le 5 octobre 1773. Des réglements ultérieurs (pris en 1775) viendront renforcer cette position monopolistique.


Fleurieu était également un collectionneur passionné de cartes. Le fonds qu'il avait accumulé était considérable. L'a-t-il approvisionné par ponction dans le fonds du Dépôt lorsqu'il en était le dirigeant patenté ? Tout laisse penser, qu'il a parfois succombé à la tentation ... Mais il semble qu'à son décès les pièces manquantes furent restituées à l'administration. L'Etat s'étant d'ailleurs porté acquéreur du reste de son fonds personnel.

Fleurieu entreprendra, en 1785, avec l'aide de Beautemps-Beaupré, la réalisation du Neptune du Cattegat et de la Baltique. Il s'agit là d'un énorme travail de compilation, digne du meilleur géographe de cabinet, auquel il consacrera temps, et moyens financiers. Compte tenu des exigences des procédés de réalisation pronés par Fleurieu, l'atlas mettra des années pour paraître.

Mais revenons en arrière, en 1776 lorsqu'il quitte le service actif de la marine à l'âge de 38 ans, il est nommé, par Sartine, directeur des ports et des arsenaux. A ce titre, il apparaît comme le réel chef d'état-major de la marine. Il exercera ces fonctions paralèllement à ses responsabilités au Dépôt. Il prend alors une part importante dans le soutien logistique apporté aux Insurgents durant la guerre d'Indépendance de l'Amérique. Son expérience en logistique d'approvisionnement des Insurgents, se prolongera plus tard (1785) dans la préparation de la fameuse «circum navigation» de La Pérousse.

Entretenant une véritable relation d'amitié avec le souverain Louis XVI, et l'aventureux navigateur, c'est Fleurieu qui sera le véritable instigateur du projet scientifique. Buache de la Neuvile, qui a remplacé Rigobert Bonne, comme premier hydrographe du Dépôt, à l'instigation de Fleurieu et de Chabert, préparera sous ses ordres, une compilation des principales informations disponibles sur le grand océan des mers du sud (Océan Pacifique).

En 1790, Louis XVI lui confie le ministère de la Marine et des Colonies, dont il ne restera titulaire, durant cette période troublée, qu'un an. Dernier fidèle du roi déchu, Louis XVI lui confiera le destin du dauphin, charge qu'il n'assurera pas, la famille royale ayant été emprisonnée au Temple. En septembre 1793, il sera inquiété et enfermé préventivement aux Madelonnettes par les révolutionnaires, mais de Fleurieu réussira à en sortir ... vivant. Il sera à nouveau inquiété en avril 1794, et libéré par la réaction thermidorienne. Après cette période critique, les différents régimes feront appel à ses compétences, notamment Napoléon qui le fera comte d'Empire.



Principaux travaux :

Voyage fait par Ordre du Roy en 1768 et 1769, pour éprouver en mer les Horloges Marines inventées par M. Ferdinand Berthoud. Deux volumes. Imprimerie Royale en 1773.
la 1ère partie de l'ouvrage est composée du journal des horloges marines et du journal de la navigation.


Voyage autour du monde, pendant les années 1790,1971 et 1792, par Etienne Marchand, précédé d'une Introduction historique ...Paris, imprimerie de la République. 4 volumes in quarto. An VI à An VIII.


Découvertes des François en 1768 et 1769 dans le Sud-Est de la Nouvelle-Guinée précédées de l'abrégé historique des navigations des Espagnols dans ces parages.





Jean René Verdun de la Crenne (1741, 1805)

Jean-René de Verdun de la Crenne est né le 5 avril 1741 à Aucey-la-Plaine. Il décède 3 août 1805 à Versailles.
Comme de nombreux officiers de marine, il commence(1756) sa carrière aux Gardes Marines . Dans cette époque où les conflits avec l'anglais sont récurrents, il participe à de nombreuses batailles. Il est fait prisonnier à deux reprises.

En 1771, Verdun est nommé commandant de la frégate la «Flore», qui part pour une expédition scientifique destinée à tester pricipalement des montres et horloges marines. Après l'expédition de l'«Isis» en 1768 et 69, cette nouvelle expédition est conçue et financée par l'Académie des Sciences afin d'améliorer encore la mesure des longitudes en mer.
A cette occasion, un concours est ouvert, qui permet à des horlogers et autres inventeurs de talents de proposer leurs mécanismes (chronomètres, montres, horloges, instruments de mesure divers ...). En fonction des résultats observés sur la fiabilité, la régularité, la précision des instruments testés, une prime sera versée aux inventeurs. La montre de Berthoud (n°8) est également du voyage : mais elle est hors concours, quant à la numéro 6, elle navigue à la même époque dans l'Océan Indien.
Le Chevalier de Borda, officier en second de la Flore, et l'astonome-géographe de la Marine, le père Pingré composent le noyau de l'équipe de scientifiques qui doit rendre ses conclusions sur la marche des horloges.
La Flore part de Brest en 1771. Elle passe successivement aux Canaries, en espagne à Cadix, aux Antilles, puis à Saint Pierre et Miquelon et achève son périple scientifique à Copenhague.

Verdun a ensuite un parcours quelque peu atypique. Il est appelé par Catherine II, impératrice de Russie en 1777, pour une mission de réorganisation de la Marine Impériale Russe.
En 1785, Verdun de la Crenne est nommé commandant de la Station Navales des Antilles, ce qui lui vaut d'accèder au grade de contre-amiral.

L'ouvrage qui relate la mission de la Flore, comprend un certain nombre de cartes dont la Carte Réduite des Iles Antilles gravée par Petit. La carte, sera construite selon les spécifications demandées par Claret de Fleurieu.
Les apports de la mission de la Flore seront intégrés dans les principales cartes particulières de la Martinique. Notamment celle de Jefferys de 1775, revue et augmentée, par l'atelier de Le Rouge en 1779 puis en 1799.





de Borda





Alexandre Guy Pingré (1711, 1796)

Né à Paris en 1711, il y décède en mai 1796. Il sera religieux et finira sa carrière comme bibliothécaire de l'abbaye de Sainte-Geneviève.

Il commence très trop a étudier la théologie. Il devient lui-même à l'âge de 24 ans professeur en théologie. Vers l'âge de 38 ans, il entre à l'Académie des Sciences de Rouen où il est appelé, et s'y consacre à l'astronomie.
Devenu célèbre dans cette science, en mettant en évidence une erreur d'appréciation dans les calculs du fameux astronome La Caille, dont il deviendra l'ami, il produit un certain nombre de travaux consacrés aux éclipses, à la trigonométrie sphérique...
En 1753, il est amené à étudier le passage de Mercure (transit de Mercure) devant le soleil, ses observations lui valent la reconnaissance de l'Académie Royale des Sciences. Il en devient alors le correspondant atitré, puis gravissant les échelons à force de travail, il en sera membre pleinier.
Dans le cadre de ses observations et études astronomiques, il fait en 1760, un voyage pour l'île Rodrigue dans l'océan Indien, afin d'observer le transit de Vénus. Il en observa un second, en 1769, alors qu'il avait intégré l'équipe de scientifiques de la Flore. C'est durant la même année qu'il sera d'ailleurs reçu à 'Académie Royale de Marine de Brest, avec d'autres éminents collègues tels que Borda, de Fleurieu, et Le Monnier.
Il en deviendra un membre essentiel, notamment dans l'étude des procédés de détermination de la longitude en mer. Il participe alors à la vérification des horloges marines, notamment celles de Berthoud et de Leroy.

La première vérification eu lieu en 1767, avec le marquis de Courtanvaux sur le vaisseau l'«Aurore», la seconde en 1769 avec de Fleurieu sur l'«Isis», et la dernière en 1771 avec Verdun de la Crenne et le chevalier de Borda sur la «Flore». Il rédigeat en grnade partie le compte rendu de la mission de la «Flore» qui paru en 1778 (2 volumes in quarto) et dont l'original avait été versé au Dépôt des Cartes et Plans de la Marine.
Il est aussi connu pour avoir écrit un livre sur la "cométographie" ou "l'Histoire des comètes", ouvrage paru en 1783 à l'imprimerie royale

Alexandre Pingré restera pour l'Histoire un éminent géographe-astronome.




Edme Mentelle (1730, 1815)

Edme Mentelle a fréquenté durant la période pré révolutionnaire et révolutionnaire, Jean-Pierre Brissot que Mme Marie-Jeanne Roland. Il sera le témoin leurs mariages respectifs et l'ami des derniers moments.
Il a également côtoyé Dupont de Nemours, le mathématicien Laplace et le savant Lavoisier.
Mentelle a été professeur à l'Ecole Militaire, ainsi qu'à l'Ecole Normale de l'an II (future Normale Sup), où il partageait la chaire de géographie avec Buache de la Neuville.
Il a été nommé "géographe du roi" auquel il avait construit une mappemonde à double paroi, elle représentait d'un coté la terre avec ses découpages politiques et de l'autre son allure physique. Il a publié dans un ouvrage en sept volumes (in octavo), l'Atlas Nouveau, qui présente la plupart des pays européens.

Principaux travaux :


Atlas Nouveau en 1779
Atlas National avec P G Chanlaire 1790 et 1811
Atlas Universel 1797, 1807




René Moreau du Temple (1736, 1786)

Né à Poitiers en 1736, René Moreau du Temple réalise de brillantes études et intègre l'école des Ponts et Chaussées de Mézière. Destiné à devenir ingénieur militaire, il semble qu'il se spécialise dans la construction d'ouvrages d'art (ponts, ouvrages hydrauliques,...).....
Pour en savoir plus sur René Moreau du Temple




François Henri Charles de Bexon (1741, 1806)


Charles de Bexon est né en Moselle en mars 1741, et mort à la Martinique en octobre 1806. Après avoir intégré l'Ecole du Génie de Mézières, dont il sortit en janvier 1762, il fut envoyé à la Martinique, lors de la reprise en main de la colonie par la France à la suite de la guerre de 7 ans....

renseignements tirés pour partie de : Etudes Caribéennes - Magloire PELAGE - La défense de la Lunette Bouillé en 1794.

Pour en savoir plus sur Charles de Bexon




Joseph Charles Dessingy (xyzt, 1785)

Chevalier Dessingy, ingénieur-géographe du roi, arrivé à Cayenne en 1763

travaux :

Carte Topographique de l'Isle de la Martinique (15 feuilles) - 1782 - 6 lignes pour 100 toises.
Plan divers de Fort Royal dans l'Isle de la Martinique




Charles François Hesse (1748, yyyy)

Né à Bitche en juillet 1748. Il participe comme ingénieur-géographe à la levée des bords du Rhin suite à la guerre de sept ans. Il est nommé ingénieur-géographe aux Iles du Vent en 1770, d'abord à la Martinique, où il aura l'occasion de travailler avec les autres ingénieurs-géographes des armées.

En 1771, il aurait réalisé une réduction de la carte de Moreau du Temple, dont un exemplaire calqué sera communiqué en 1773 à Verdun de la Crenne. Celui-ci s'en servira pour établir la carte du Dépôt n°75 bis, résultat de la mission de la Flore.
Hesse est ensuite envoyé à Saint-Domingue en 1772, il y devient capitaine en 1773 et major en 1788. Il sera promu Garde du Dépôt des Plans des Colonies en 1790. En 1793 il prend sa retraite du Dépôt des Colonies, mais on le retrouve ensuite en service dans l'état-major de l'armée Leclerc partie à la reconquête de Saint-Domingue.

La B.N.F rue Richelieu à Paris conserve un exemplaire sous calque de la réduction de la carte de Moreau réalisée par Hesse, sous la référence PF 156 Div 2 Pièce 14. Ce calque mesure environ 80 cm de haut sur 60 cm de large.

On peut voir sur ce document :

titre, en bas à gauche : Carte de l'Isle de la Martinique, 1771 fait d'après Mr Hesse.
2 échelles sont portées en bas à droite : échelle de 2 lieues communes de France (4 800 toises), et echelle de 2 lieues marines.
note, en haut à droite : communiqué pour le Chrde Verdun en 1773

L'intérieur de l'île reste très dépouillé : seules figurent des représentations très sommaires de la Montagne Pelée, des pitons, de la montagne du Vauclin. Au niveau de cette dernière comme au niveau de la forteresse du Fort Royal, longitude et latidude sont indiquées (resp : long 63°18'40", lat : 14°39'15" et long 63°29' lat : 14°35'55"). Aucune sonde.
A noter l'orthographe des lieux suivants : le lougarou, le diaman, Isle au Ramiers. Sur le pourtour de l'île sont indiqués les lieux-dits.




Jean-Nicolas Buache (1743, 1825)

Décidément les chiens ne font pas les chats. La cartographie chez les Buache est une affaire de famille.
Philippe Buache (voir plus haut) était le gendre de Guillaume de L'Isle (1675, 1726). Jean-Nicolas Buache est le neveu de Philippe. Il est né à La Neuville-au-Pont ce qui lui vaut d'être connu sous le nom de Jean Nicolas Buache de La Neuville. Son oncle qui n'a pas d'enfant s'occupe de son éducation dès son plus jeune âge et l'associe à ses différents travaux. A la mort de Philippe en 1773, Jean-Nicolas hérite naturellement des archives et du précieux fond de cartes de Philippe, dont une bonne partie provenait du fond de Guillaume Delisle.

Jean Nicolas suivra son illustre oncle dans la carrière de géographe. Sous les auspices de celui-ci, et avec la protection et l'amitié de l'inspecteur Adjoint du Dépôt (Claret de Fleurieu), il intègre en 1776 le Dépôt de la Marine.

En 1780, Jean Nicolas Buache se sépare de ses activités commerciales. Il céde à Jean-Claude Dezauche son fonds et la célèbre maison issue de l'héritage de son oncle (Philippe Buache) qui le tenait lui même de Guillaume Delisle. La transaction comprend également le privilège lié à l'Entrepôt Général reçu du Dépôt.

En 1782 il succède à Bourguignon d'Anville comme "premier géographe du roi", il sera d'ailleurs le dernier "premier géographe du roi", la charge initialement conçue pour Guillaumme Delisle disparaitra avec la Révolution. Il succède ensuite à Rigobert Bonne en 1789 comme conservateur du Dépôt de la Marine et premier ingénieur hydrographe du Dépôt.
Il devient durant la révolution, en 1795, membre de l'Académie des Sciences. Il est nommé au Bureau des Longitudes, créé la même année, par les nouvelles instances révolutionnaires.

Il est pratiquement le premier professeur à enseigner la géographie à l'Ecole Normale Supérieure de Paris. Grâce à lui, cette discipline sera bientôt généralisée dans les diverses écoles centrales de province, qui devriendront les actuels Lycées.

Sous les ordres de Claret de Fleurieu, Jean-Nicolas participe à la préparation des grandes expéditions qui exaltèrent la fin du XVIIIe siècle.
Dans ce domaine, il prend une part active à la logistique cartographique de l'expédition du navigateur et explorateur français Jean-François Galaup de Lapérouse (1741, 1788) parti le 1er avril 1785 de Brest avec deux bâtiments (la Boussole et l'Astrolabe) pour une circum navigation à caractère scientifique.

Le roi Louis XVI a personnellement supervisé les préparatifs de ce voyage. Il a parfois indiqué à Lapérouse les zones à explorer ou le chemin à suivre. JN Buache, alors "Maître Géographe du Roy", sous les ordres de l'Inspecteur Adjoint du Dépôt de la Marine, a fourni le jeu de cartes nécessaires à l'incroyable périple. Les plus récentes que possible.

Le fameux tableau peint postérieurement par Monsiau représente la préparation du voyage de La Pérouse supervisée par le monarque capétien : Louis XVI donnant ses instructions à Lapérouse. Monsiau a réuni dans son oeuvre admirable, le roi, la Pérousse qui contemple la carte sur laquelle est portée le projet de navigation, le ministre de la marine de Castries, et Fleuriot de Langle. A gauche, on distingue dans l'ombre le véritable concepteur de l'expédition scientifique : Claret de Fleurieu. Certains y verraient plutôt JN Buache.

Comme on le sait l'expédition Lapérouse fut conclue par un tragique naufrage, vraisemblablement durant l'été 1788, au large de Vanikoro. Les épaves des deux bâtiments de l'expédition (la Boussole et l'Astrolabe) et les tombes des marins disparus furent retrouvés par l'expédition de Dumont d'Urville en 1828. Des recherches effectuées en 2005 viennent compléter ce que nous savons de la disparition de l'expédition

En tant que conservateur du Dépôt de la Marine, JN Buache a recruté en 1783, Charles-François Beautemps-Beaupré, son cousin. Beautemps-Beaupré est considéré de nos jours comme le père de "l'hydrographie moderne". Charles-François succèdera à JN Buache au conservatoire du Dépôt de la Marine.

Durant cette période, la Neuville-au-Pont (le clan Buache-Beautemps-Collin) a alimenté en hommes de talents, le Dépôt de la Marine. JN Buache (comme Philippe) en était originaire, tout comme Beautemps-Beaupré son cousin, et deux fameux graveurs en hydrographie, les Collin père et fils, apparentés à Beautemps-Beaupré, qui se consacrèrent à sculpter les délicates planches du Pilote Français et de l'Hydrographie Françoise.

Ironie du sort, Charles-François Beautemps-Beaupré s'était embarqué dans l'expédition d'Entrecasteaux envoyée rechercher La Pérouse. Louis XVI qui était sans nouvelle de son navigateur depuis 1788, se soucia jusqu'au terme ultime du devenir de l'explorateur. Parmi les dernières paroles que l'on attribue au du roi, celles qu'il aurait prononcées au pied de l'échafaud, il aurait questionnné ses proches et demandé : A-t-on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ?.
On sait que d'Entrecasteaux ne retrouva pas Lapérouse, il mourut du scorbut au cours de l'expédition en juillet 1793. L'expédition pâtit fortement du traitement que lui infligèrent les britanniques qui l'arraisonnèrent (au large de Sainte-Hélène) contre le droit des gens et séquestrèrent à leur profit tous les documents personnels et officiels (notamment les cartes nautiques) et les études scientifiques réalisées pour le bien commun de l'humanité.
Belle leçon d'humanisme !!! car quelques années plus tôt, la France encore en conflit avec l'Angleterre (guerre d'indépencance des Etats Unis) avait accordée au Capitaine Cook un sauf-conduit, qui fut celui-là respecté, sans lequel ses explorations auraient été rendues sans doute plus périlleuses.




Louis Brion de la Tour (1735, 1823)

Ingénieur géographe du roi.

Principaux travaux :

Recueil des côtes maritimes de France, publié d'abord par Le Rouge en 1757, et ensuite par Desnos à partir de 1766

Atlas de France imprimé à partir de 1765 jusqu'aux environs de 1790

Atlas Général Méthodique et Elémentaire 1770

Atlas National et Général de la France en 20 cartes 1798




Jean-Baptiste Poirson (1761, 1831)

Je vous livre quelques éléments sur la vie de J.B Poirson, principalement écrits par A.M Perrot et issus de la notice nécrologique du Bulletin de la Société de Géographie (1831).

J.B Poirson est né à Vrécourt dans les Vosges en 1761, il a entamé sa carrière de géographe sous les auspices de Edme Mentelle avec lequel, et pour lequel, il dressa de nombreuses cartes. Décédé à Valence le 15 février 1831, il a été inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris. Il semble que son passé bonapartiste l'ai quelque peu desservi lors de la Restauration.

Le principe éminament simple appliqué par JB Poirson en matière de création cartographique est d'abord celui d'être clair et de permettre à l'utilisateur de réperer l'essentiel. Dans ce domaine il s'est évertué à bien adapter le nombre de détails et de noms inscrits sur une carte à l'échelle de celle-ci, afin d'éviter des surcharges inutiles. Il travailla avec le célèbre graveur André et aussi avec les Tardieu (notamment Tardieu l'aîné).

JB Poirson a dressé de nombreuses cartes tant particulières que générales qi ont accompagné des relations de voyage, des mémoires statistiques ou des ouvrages historiques. Parmi les Atlas réalisés par JB Poirson, on compte notamment :

- celui qui a servi à La Géographie Mathématique, Physique et Politique de Toutes les Parties du Monde de Edme Mentelle qui fut publié en 1804.

- celui qui accompagne La Statistique Générale et Particulière de la France et de ses Colonies en (7 vol) de P Etienne Herbin, à Paris 1803 (An XI). en

- celui qu'il fit conjointement avec M Lapie pour servir au Précis de Géographie Universelle de Malte-Brun.

Il travailla également avec l'explorateur de Humboldt pour coordonnner les observations effectué par celui-ci et construire les cartes de l'ouvrage du célèbre aventurier. Poirson a lui-même rédigé une Géographie Elémentaire en un volume, accompagnée d'un atlas de 18 cartes.

Il a construit de magnifiques globes terrestres (le plus grand en 1814 d'un diamètre de 1,65 m) sur ordre de l'empereur Napoléon 1er pour l'éducation à la géographie de l'aiglon.

Un autre Jean-Baptiste, Leblond celui-là, auteur du Voyage aux Antilles, de 1767 à 1773 cite l'ingénieur-géographe Poirson comme ayant contribué a matérialiser une carte géographo-géologique de la Guyane d'après les propres relevés de Leblond. Cette carte aurait été publiée en 1814.

Principaux travaux :

Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies [7 volumes in-8].... accompagné d' un Grand Atlas [in-4] contenant 19 tableaux et 9 grandes cartes enluminées, tant de la France et de sa navigation intérieure, que des colonies et établissements Français dans les quatre parties du Monde, Les cartes ont été dressées par Jean-Baptiste Poirson et gravées en taille douce par Tardieu l’aîné [Pierre Tardieu], à Paris, An XI et XII (1803-1804),

Carte Du Mexique et des Pays Limitrophes Situés Au Nord et à l'est, dressée d'après la Grande Carte de la Nouvelle Espagne de M. A. de Humboldt par J.B. Poirson. 1811.

Carte Géographo-Géologique de la Guyane française, dressée sur les relevés de M Leblond, par J.B. Poirson, Paris 1814.




Félix Renouard de Sainte-Croix, (1773, 1840)

Il est né à Besançon en février 1773 et mort à Paris en 1840. D'abord militaire, il devient ensuite économiste et statisticien. Il possédait quelques habitations sucrières de rapport en Martinique, ce qui lui permis de venir sur place vérifier la bonne gestion de ses capitaux. De fait, il s’intéressera au commerce colonial entre la Martinique et la Métropole.

Il commence sa carrière en 1786 comme officier de cavalerie dans l’armée française. On le retrouve au début du XIXe siècle dans le Pacifique, où engagé par le gouverneur des Philippines, il est notamment chargé d’organiser la défense de ces îles appartenant à l’Espagne.
Durant son périple dans le Pacifique, il visite plus particulièrement l’Inde et la Chine.

Il a publié plusieurs ouvrages, notamment :

1 - Voyage commercial et politique aux Indes Orientales aux îles Philippines et à la Chine pendant les années 1803 à 1807. A paris Chez Clament Frères, 1810. 3 volumes in octavo.

2 - Statistiques de la Martinique. A Paris chez Chaumerot, 1822. 2 volumes in octavo, avec une carte de l’île et 12 tableaux.

3 - Emancipation des esclaves aux colonies françaises. A Paris chez Rosier, 1835. Un volume in octavo.




Paul Monnier (1795, 1843)

Paul Monnier est né dans le Jura en 1795, il décède en octobre 1843 alors qu'il était à l'apogée de sa carrière professionnelle d'ingénieur hydrographe. Issu de l'Ecole Polytechnique, il était arrivé au grade d'ingénieur de 1ère classe. Il venait à peine d'achever la reconnaissance des côtes de la partie française de la méditerranée, commencée en 1839 et achevée en 1842.
Reconnu et estimé par l'ensemble des hydrographes européens, il lègue à la postérité de nombreux travaux. Son oeuvre la plus connue restera toutefois la cartographie hydrographique de la Martinique.

Entre 1816 et 1822, Paul Monnier a travaillé à l'actualisation du "Pilote Français" sous la férule de Beautemps-Beaupré, ingénieur hydrographe en chef, conservateur du dépôt de la marine et du contre-amiral, le chevalier Elisabeth Paul Edouard de Rossel alors directeur général du Dépôt de la marine et des colonies.
La très active équipe d'ingénieurs hydrographes du dépôt de la marine, produit plus particulièrement durant cette période (1816 à 1826) les cartes des côtes occidentales de la France (façade maritime atlantique) ainsi que celles de la Corse qui constituent la seconde partie du "Pilote".
De 1816 à 1820, Monnier est ingénieur élève. Il est titularisé dans le corps des ingénieurs hydrographes en 1821, dans le grade d'ingénieur de troisième classe. Son compagnon de labeur, Le Bourguignon Duperré (né à Caen) intègre l'équipe du dépôt en 1822, il est alors élève ingénieur.
Les compétences reconnues des deux hommes vont les conduire à être détachés de la mise à jour du "Pilote Français". Ils seront envoyés en Martinique pour y élaborer la première carte vraiment "hydrographique" de l'île.
Les deux ingénieurs ont séjourné en Martinique de février 1824 à juin 1825. Ils réaliseront une campagne de triangulation et de mesures hydrographiques qui aboutira à la production de 9 cartes d’une extrême précision. Elles seront estampillées et distribuées par le Dépôt de la Marine [en remplacement des cartes obsolètes et fort imprécises de Bellin] durant tout le XIXe siècle et la premier quart du XXe.

Le jeu de cartes présente les côtes de l’île, y figurent les sondes relevées durant la campagne hydrographique.
Il est principalement composé des cartes suivantes :
1- une Carte générale de la Martinique (60 cm x 90 cm),
2 - un Plan du Cul de sac Marin,
3 - un Plan du Havre de la Trinité,
4 - un Plan des Havres du Robert et du François,
5 - un Plan de la Baie de Fort-Royal
6 - un plan de la rade de la ville de Saint-Pierre.

Ces différentes cartes sont datées de 1827 à 1831. Six d'entre-elles sont à la dimension d’une double page (60 cm x 90 cm) et trois d’une simple-page (60 cm x 45 cm).
Une dernière carte présente les suites de triangles ayant servi à la triangulation de l'île. Cette carte figure en annexe du recueil des opérations présenté dans la "Description nautique des côtes de la Martinique".
Dans son "mémoire sur les opérations géodésiques" Monnier rappelle que «les seuls travaux qui méritent une distinction particulière sont ceux qui furent entrepris au commencement de l'année 1763 par des ingénieurs géographes des camps et armées et achevés en 1766 avec tout le succès que permettaient les méthodes et les instruments alors en usage».
C'est pour cette raison qu'il rendra un hommage appuyé à l'action des ingénieurs géographes des armées de 1763 dans le sous-titre même de la Carte générale de la Martinique.

Dans son ouvrage (Description nautique et mémoire sur les opérations géodésiques), Monnier dresse un bref historique de la cartographie de la Martinique. Il y souligne l'absence de véritables cartes marines, alors que les navigateurs en auraient bien eu besoin. Il note que la plupart des travaux effectués depuis le début du XVIIIe siècle par les géographes français, tels que Houel, Delisle/Buache ou encore Bellin, sont très imparfaits voire carément faux.
En dehors des travaux des ingénieurs géographes de 1763, les réalisations des géographes ne traduisent ni la réalité du terrain, ni celle des conditions de navigation. Les cartes dressées sont en général bien pauvres en relevés bathymétriques.
Pour Monnier, qui ne ménage pas son collègue Bellin, dont il actualise finalement les travaux, les cartes marines les moins inexactes sont celles réalisées par l'anglais John Scott [Stott] sous l'ordre du vice-amiral Rodney en 1763.
Il est vrai que Scott avait bien soigné la partie hydrographique de ses cartes.
Dans ce cadre je vous invite à prendre connaissance "dans le texte" des extraits suivants tirés du mémoire de Paul Monnier.
[La copie de l'ensemble de l'ouvrage peut être transmise, sur simple demande].




François Antoine Edouard Keller (1803, 1874)

Biographie reprise, pour partie, de l'ouvage d'Olivier Chapuis "A la Mer comme au Ciel".

Keller est né en 1803 en Alsace à Wissembourg. Il intègre l'école polytechnnique en 1821, en sort en 1823.
Entre 1824 et 1838, il participe sous la direction de Beautemps-Beaupré aux diverses campagnes de levés réalisée sur les côtes occidentales de France.
Keller réalise ensuite des compilations notamment dans le but de dresser une carte hydrographique des Petites Antilles, qui vient compléter les camapagnes précédentes réalisées par ses valeureux prédécesseurs.
Le Dépôt en tirera une carte des Antilles (celle )qui sera imprimée à partir de 1843 en complément des autres cartes du Dépôt.

Ensuite, selon Chapuis, Keller s'occupe essentiellement de météorologie.
Il fera valoir ses droits à la retraite en 1860.




Gabriel Cyprien Le Bourguignon-Duperré(1798,1850)

Le Bourguinon-Duperré nait à Caen en 1798. Issu de l'Ecole Polytechnique, il opte pour le corps des hydrographes de la Marine. En 1821, il devient élève ingénieur hydrographe et travaille sous les ordres de Beautemps-Beaupré sur les côtes occidentales et septentrionnales de France. En 1824 et 1825, il est détaché auprès de Paul Monnier pour l'aider à la reconnaissance hydrographique des côtes de la Martinique.
Son service outre-mer s'enrichi d'une campagne de levés au Brésil et en Argentine, dans le large estuaire du Rio de la Plata (1830-1831). En 1844 Le Bourguignon-Duperré et son équipe sondent les côtes du Golfe du Lion et passent ensuite sur les côtes de la catalogne jusqu'au cap San Sebastian. Il a également travaillé en Toscane et en Sardaigne.

Principaux travaux :



1824-1825 contribution à la reconnaissance des côtes de la Martinique - Atlas de Monnier
étude sur l'ensablement du Port de Sète




Charles François Delamarche (1740, 1817), Félix Delamarche [fils], François Alexandre Delamarche (1815, 1884) [petit-fils].

Les Delamarche sont les successeurs des Robert de Vaugondy , dont ils republièrent un certain nombre de travaux, à Paris rue du Jardinet n°13 .
François Alexandre Delamarche [petit-fils de Charles François] sera hydrographe du célèbre Dépôt de la Marine.

Principaux travaux :




René Phelipeau (1748, 1784)

Géographe mort de façon précoce, René Phélipeau a surtout collaboré avec Nicolas Ponce pour illustrer les ouvrages du trop célèbre Médéric Moreau de Saint-Méry.
René Phelipeau a assuré la production de nombreuses cartes de l'île de Saint-Domingue, tandis que Ponce réalisait les vues ou prospects. Ces cartes ont été produites à Paris et sur la plupart d'entre-elles est indiqué clairement se trouve à Paris chez le Sr Phelipeau, ingénieur Géographe, rue de la Harpe près celle du Foin
René Phelipeau a exercé, en outre, en tant que géographe et professeur de mathématiques à l'Ecole Royale Militaire de Londres.

Principaux travaux :


Recueil de vues des lieux principaux de la Colonie Françoise de Saint-Domingue, gravées par les soins de M. Ponce, accompagnées de cartes et plans de la même colonie, gravés par les soins de M. Phelipeau. A Paris, pour l'ouvrage de Moreau de Saint-Méry.

Loix et Constitutions des colonies françoises de l'Amérique sous le vent, avec leur description, leur histoire. A Paris, par Moreau de Saint-Méry.




Jean-Alexandre Buchon (1791,1846)

Principaux travaux :


Atlas Géographique. Statistique, Historique et Chronologique des Deux Amériques et des îles adjacentes

Description de l’Atlas: carte avec titres et vignettes gravées. 10 double-pages imprimées de tables (tableaux) dont 3 pages coloriées à la main. 51 double-pages de cartes colorées à la main (dont une des rivières et fleuves du monde, une non colorée des chaînes de montagnes).

C'est une copie du premier "Atlas Américain" de Carey & Lea :"A Complete Historical, Geographical and Statistical American Atlas" paru en 1822. L’édition française de 1825 comporte des mise à jour et des ajouts par rapport à l'original.

Les cartes sont entourées de texte et de tableaux fournissant les principales données géographiques, historiques et présentant de nombreux détails statistiques. Il y a 34 cartes de l’Amérique du Nord (les principaux Etats de l’Union et également un plan de Washington). 17 cartes de l’Amérique du Sud, de l’Amérique Centrale et des West Indies (Caraïbes).

Le nombre de cartes de l’édition française diffère de la version de 1822 de l’édition américaine et la plupart a été révisée. Cela concerne la carte n°5 des Etats Unis, la carte n°13 de new York, n°35 du Mexique. D’autres cartes ont été ajoutées, la carte n°3 des possessions Russes dressée par Pierron d’après la carte de M. Brué, n°6 Carte des Etats Unis de 1825, n° 36 carte du Guatémala, n°42 carte de la Guadeloupe dressée par Pierron d’après la carte publiée par le Colonel Boyer-Peyreleau, n°43 carte de la Martinique, n°49 les Guyanes et n°50 Carte du Paraguay dressée par Pierron.

Principaux travaux :


J. A. C. Buchon et J. Tastu : Notice d'un atlas en langue catalane, 1375. Paris 1839. [étude sur l'Atlas Catalan].




Victor Levasseur

Ingénieur géographe et cartographe du milieu du XIXe siècle Ingénieur-géographe attaché au Génie du Cadastre et à la Ville de Paris, Victor Levasseur est surtout connu pour avoir réalisé l'Atlas National illustré. Cet atlas présente les 89 départements français et les principales possessions coloniales de la France. Il a été imprimé chez différents imprimeurs parisiens entre 1838 et 1870.

On rencontre des cartes imprimées chez Lemercier par l'éditeur Pélissier. Sur ces cartes est porté en bas à droite :

Impie de Lemercier Paris, A Paris chez l'Editeur, Rue de la Parcheminerie, 15.
Editions des années : 1854, 1855, 1856,

on trouve encore la mention suivante :

Impie de Lemercier Paris, Pelissier éditeur Rue des Noyers 37, Paris.
Editions des années :

On trouve également de nombreuses cartes, ne portant pas d'indication particulière sur l'imprimeur. Sur ces autres cartes est porté en bas à droite :

A Paris chez l'Editeur, Rue St Jacques, N°43

A Paris chez l'Editeur, Rue de la Parcheminerie, 15.
Bien entendu, les cartes sont "datables" en fonction de l'adresse de l'éditeur et/ou de l'imprimeur. Je vais tâcher de faire prochainement une table de correspondance entre date de tirage et adresses.

Les cartes sont généralement gravées par Guillaume Laguillermie.

Sur les cartes est porté en bas à droite :

Gravé par Laguillermie, Rue St Jacques, N°82.

Les illustrations ont été réalisées par Raymond Bonheur, en bas à gauche est indiqué :

Illustré par Raymond Bonheur, Peintre .
Cet Atlas a été réédité de nombreuse fois durant la seconde moitié de ce XIXesiècle. Les cartes sont donc très courantes, celles des actuels D.O.M et des anciennes colonies sont les plus recherchées. L'Atlas n'a jamais fait l'objet de réelles mises à jour. Elles auraient pu toucher aussi bien les Colonies que les départements français, durant cette longue période où l'évolution des frontières était souvent fluctuantes et les souverainetés, sur les territoires, changeantes. La France s'est d'ailleurs enrichie de nouveaux départements.
Dans cet Atlas, Victor Levasseur, présente les colonies françaises d'Amérique, d'Afrique, d'Asie. Il entoure les cartes publiées de fines gravures montrant les principales caractéristiques (productions, climatologie, …) de chaque région ainsi que quelques statistiques sur les populations habitant ces contrées.

L'Atlas National Illustré 1838 et nombreuses rééditions

L'Océan Pacifique 1840




Les Cartographes Flamands et Allemands



Willem Janszoon Blaeu (1571, 1638)
Johannes Blaeu (1596, 1673)

La famille Blaeu est originaire des Pays-Bas. Elle est particulièrement célèbre pour avoir atteint une excellence dans l’art cartographique. le Fondateur de la petite mais glorieuse dynastie WJ Blaeu fut le cartographe de la Cie Hollandaise des Indes Orientales en 1633 et 1634.

Willem Janszoon Blaeu (1571, 1638) a été l'élève de Tycho Brahé, le célèbre astronome danois. Il s'établit en 1596 à Amsterdam, et commence les affaires en fabricant des globes terrestres et des instruments scientifiques (astrolabes, ... ).
Au tout début du XVIIe siècle, il se dote d'une presse avec laquelle il développe une production de cartes marines et de livres. Dès lors, les cartes de la maison Blaeu sont reconnues pour leur précision et l’attention qui est portée à tous les stades de la production. Elles sont imprimées sur des papiers de qualité supérieure et comportent des gravures d’une grande finesse artistique. La maison d’édition et d'impression acquiert rapidement une réputation méritée.
Spécialisé dans les cartes marines, la maison Blaeu publie également de nombreux Atlas, parmi lesquels :

Licht der Zeevaert en 1606.

Eeste deel der Zeespiegel en 1623

Atlantis Appendix en 1630. cet atlas avait pour bases les gravures sur cuivres que Willem Janszoon avait acheté à Jodocus Hondius.

En 1630, son fils aîné Johannes rejoint Willem Janzsoon dans les affaires. Ensemble, ils commencent à produire des cartes qu'ils signent conjointement.
En 1634, ils entament la publication du fameux "Theatrum Orbis Terratum ou Novus Atlas", qui contenait dans les premières versions, pas moins de 208 cartes contenues dans 2 énormes volumes.
Cet Atlas a été produit également en latin et en français (Le théatre du Monde) ainsi qu'en allemand. Les versions suivantes furent encore plus fournies, puisqu'on dénombrait 4 volumes dans l'édition de 1645, puis 12 volumes dans celle de 1662, avec 593 cartes et près de 3000 pages de commentaires. Ces dernières versions de l'Atlas son plus connues sous le nom d'Atlas Major

A la mort de Willem Janzsoon en 1638, ses fils Johannes (1596, 1673) et Cornelius (décédé en 1644) prennent la suite dans les affaires de la maison Blaeu. Ils maintiennent la tradition, et la firme reste au sommet de sa gloire.

En 1672, les catastrophes se succèdent. Un incendie dévaste les ateliers, les pertes sont irréparables (cartes, cuivres ...). Par ailleurs les appuis politiques se délitent, et la santé de Johannes se détériore.
Les deux fils de Johannes reprennent l'affaire familiale, mais ils ne parviennent pas à maintenir la qualité de la production face à une concurrence vers laquelle se tourne leur clientèle.

Principaux travaux :



Licht der Zeevaert en 1606.

Eeste deel der Zeespiegel en 1623

Atlantis Appendix en 1630.

Theatrum Orbis Terratum ou Novus Atlas [le Théâtre du Monde ou l'Atlas Nouveau] paru en 1634-35
et nombreuses rééditions.





Hessel Gerritz (ca 1581, 1632)

Hessel Gerritz débute sa carrière de graveur à Alkmaar comme apprenti du trop célèbre Willem Janszoon Blaeu. Il suivra ensuite l'atelier du fameux géographe lors de son déménagement et transfert à Amsterdam. En 1610, on retrouve H. Gerritz à la tête de sa propre entreprise d'impression. Il participe alors à la réalisation des Atlas des principaux cartographes de la cité.

Il entame une collaboration étroite avec le principal dirigeant de la Cie des Indes néerlandaise (Verenigde Oost-Indische Compagnie ) qu'est alors Johannès de Laet. Grace à ses talents et à son savoir faire reconnu, Gerritz sera nommé cartographe exclusif et officiel de la Cie en octobre 1617.
Dès son entrée la la Cie, H Gerritz a accès à une mine d'information considérable. Les principaux documents maritimes, les relations de voyage, les journaux de bord, etc ... précieuses pièces et observations rapportées par les navigateurs flamands qui sillonnnent toutes les mers du monde. Elles passent entre ses mains pour analyse et exploitation.
A côté de son rôle très prenant de compilation comme hydrographe et cartographe de la Cie, Gerritz participe activement à la réalisation d'une publication qui préfigure les Atlas flamands : le Nieuwe Wereldt [soit Le Nouveau Monde] Johannès de Laet. Cet ouvrage paraît pour la première fois en 1625 et sera ensuite maintes fois réédité. Aux alentours de 1630, il dresse également une carte des Antilles pour "La Description des Indes Occidentales" (Beschrijvinghe van West-Indiën) de J de Laet.

Gerritz au contraire de nombreux cartographes de cabinet, sédentaires par définition, se projette à l'occasion sur le terrain. Il accompagne plusieurs expéditions de la Cie notamment aux Amériques et dans les Caraïbes. On le rencontre dans les années 1628 et 1629 au Brésil puis dans la zone Caraïbe. Il en profite pour dresser de nouvelles cartes et mais également pour corriger celles (manuscrites ou non) dont il a des exemplaires et qu'il est en charge de vérifier. A son retour (carte datée de 1631) il produit la très intéressante carte des caraïbes (Pascaart Vande Caribes Eylanden, 1631) qui sera abondamment reprise et copiée par ses confrères.





Arent Roggeveen (inc, 1679)

Arent est né aux Pays-Bas à Delfshaven. Il habite Middelburg dès 1658. Cette ville était alors un centre important du commerce international, notamment avec les colonies hollandaises des Indes Orientales et Occidentales. Les grandes Cies néerlandaises y avaient, bien entendu, chacune leur comptoir.

Arent Roggeveen était un scientifique qui s'est adonné à la cartographie et à l'hydrographie. Il devient professeur de navigation à Middelburg et enseigne cet art aux nombeux pilotes des Cies qui désirent apprendre et se perfectionner. Ces relations lui permettent d'avoir connaissance des nouvelles découvertes et des routes maritimes les plus sûres. Il entame alors un travail de compilation qui va lui permettre de synthétiser les connaissances autour des routes transatlantiques à destination de l'Amérique du Nord et des Caraïbes. Ce travail et les cartes qui l'accompagnent sera édité par la firme de Pieter Goos en 1675. Arent Roggeveen meurt en 1679. Son oeuvre sera poursuivie par Jacobus Robijn (le successeur en sorte de P Goos).

On peut noter qu'Arent est le père de Jacob Roggeveen qui (1659, 1729) qui à l'âge de 62 ans s'embarqua dans une expédition maritime destinée à découvrir et à mieux connaitre les contours de la Terra Australis pour le compte de la Cie néerlandaise des Indes Occidentales. Trois bâtiments composent cette expédition qui commence en 1721 et s'achève en 1723 après de multiples péripéties. Cette expédition découvrit, entre autre, l'île de Pâques.





Hendrick Doncker (1626, 1699)

Hendrick Doncker, fut l'un des principaux éditeurs de cartes marines implantés à Amsterdam durant la dernière partie du XVIIe siècle. Il commence sa longue carrière en exerçant jusqu'à l'âge de 50 ans le métier de libraire, il s'oriente ensuite vers l'impression et l'édition. Il ne délaisse pas pour autant ses premières activités mercantiles. Il semble qu'il fut également fabricant et vendeur d'instruments de marine. Certains spécialistes des cartes flamandes lui prêtent des qualités d'hydrographe qu'il aurait mis au service des cie maritime célèbre.

Le nom de son entreprise in 't Stuurman Gereeschap, se retrouve sur une bonne partie des cartes qu'il publie. Notamment sur la carte du Zee-Atlas représentant les îles Caraïbes. Celle-ci est dépourvue de titre explicite. Dans un cartouche spécifique Doncker y met la marque de son entreprise : T’Amsterdam / Bij Hendrick Doncker / Boeckverkooperen Graadboogh / Maeker, inde Nieuwbrugh fleech / in t’Stuurmans Gereeschap / Anno 1658

Le terme "in t’Stuurmans Gereeschap" semble être la raison sociale de l'entreprise. Le mot Stuurmans aurait la signification du terme de marine "pilotes".

H. Doncker, comme beaucoup d'éditeurs néerlandais de cette époque, parvient à prendre une place respectable dans le juteux marché des atlas, et des cartes marines.
En 1655 sa première publication, De Lichtende Columne ofte Zee-Spiegel obtient un large succès grace à sa collaboration Pieter Goos. Toujours en collaboration avec P Goos, Doncker publie ensuite en 1666 le Zee-Atlas ofte Water-Waereld.

Ces différents Atlas connaîtront de multiples rééditions, dans la plupart de celles-ci figureront des cartes corrigées ou actualisées, c'est à dire revues avec les dernières observations ou avec les informations les plus fraîchement recueillies. La qualité des cartes publiées par Hendrick Doncker sera reconnuee par ses pairs et ses clients.

Lorsqu'il décède en 1699, la majeure partie de son fond (cartes et cuivres) aurait été rachetée par Johannes Van Keulen.





Arnold Colom (1624, 1668)

Arnold est le fils de Aertz Jacob Colom (1600, 1673) qui était né à Dordrecht et s'était installé comme libraire dans la florissante cité d'Amsterdam dès 1622. Jacob Colom profitant du développement des activités économiques liées à la cartographie et l'hydrographie, entra dans la carrière de cartographe, et développa ses activités d'imprimeur, et accessoirement de constructeur de globes terrestres. Il publia lui-même quelques atlas maritimes.

Son fils Arnold, continua dans la carrière mais s'orienta davantage comme graveur de planches. Il gravat vers 1658 de nombreux cuivres (au moins 18) du "Zee-Atlas ofte water wereldt". La carrière d'Arnold fut toutefois relativement courte, il meurt à 44 ans laissant derrière lui une dette assez importante semble-t-il.




Johannes Van Keulen (1654,1711-15) et son fils Gérard (1678, 1726-27)

Les Van Keulen sont des cartographes et hydrographes hollandais dont la réputation est solidement assise, dès l'origine, sur un savoir faire exceptionnel.

Johannes Van Keulen, de son premeir état est libraire-éditeur à Amsterdam. Il a fondé l'entreprise familiale en 1678. Ses premières publications sont spécialisées en cartes nautiques et en atlas maritimes (Zee-Atlas de 1680 - première publication par les Van Keulen). Le fils de Johannes, Gérard, est reconnu comme un expert en gravures et en mathématiques. Gérard succède à son père à la tête de l'entreprise familiale en 1704. Il a été nommé en 1714 comme cartographe officiel de la Cie des Indes Orientales (Verenigde Oostindische Compagnie) succédant ainsi à des cartographes célèbres comme Joan II Blaeu (1650-1712) ou Isaac de Graaf.

Dès la création de l'entreprise familiale, JVK publie son premier atlas : le Zee Atlas en 1680, qu'il enrichit et actualise constamment durant les années qui suivirent. Le Zee-Atlas fut imprimé de 1680 jusqu'à 1734 par les héritiers et successeurs membres de la glorieuse famille.
La seconde grande œuvre des Van Keulen eut une longévité encore plus extraordinaire. Le "Nieuwe Groote Lightende Zee fakkel" oeuvre plutôt conséquente qui commence également vers 1680 : l'ouvrage finit par devenir si important qu'il atteignit dans ses dernières versions 5 volumes.

La production du «Zee Fakkel» fut reprise et remaniée d'abord par Gérard Van Keulen. Il y introduisit la projection de Mercator, ajouta le tracé des rivières, l'indication des profondeurs, etc. Le Zee Fakkel a été ensuite revisé par les successeurs. Sa production a continué jusqu'au début du XIXesiècle (1803).

La firme de Johannes prospéra sous sa forme originelle jusqu'en 1823. Entre temps [en 1693] elle avait racheté le fonds d'un autre célèbre cartographe et fabricant d'instruments : Hendrick Doncker (1626, 1699). A partir de 1823, l'entreprise fut restructurée, elle continua néanmoins son commerce jusqu'en 1885 où elle disparu finalement avec les derniers héritiers directs, le principal de ses biens fut vendus aux enchères.

Principaux travaux :




Pieter Goos (ca 1615, ca 1675)

Fils d'Abraham Goos faisant profession de graveur-imprimeur à Anvers puis à Amsterdam, Pieter nait aux environ de 1615-16. Son père Abraham était employé par l'élite des cosmographes et/ou cartographes néerlandaise, pour la production d'atlas, réputés alors les plus fameux et les plus exacts au monde.
Pieter se frotte donc, dès sa plus tendre adolescence, à ce milieu affairiste et "scientifique" réputé fermé qu'est le monde des éditeurs de cartes. Quand il reprend, dans un premier temps, les activités de gravure paternelles, qu'il développera sans cesse, il est déjà bien perçu comme l'un des entrepreneurs les plus talentueux de son pays.
Il spécialise alors son entreprise dans la gravure, l'impression et la publication de cartes marines qui demandent un savoir faire particulier. A côté du métier de graveur, il étend paralèllement l'activité de son établissement, par le rachat de cuivres gravés, notamment ceux de l'atlas "De Lichtende Columne oste Zee Spiegel" qu'il actualise et continue de publier.
Reconnu par la profession, il s'associe avec les meilleurs éditeurs hollandais, notamment Hendrick Doncker, pour réaliser les nouvelles versions du Zee Spiegel qui connaitra, dès lors, de multiples rééditions en différentes langues (latin, allemand, français, hollandais ...).
C'est Pieter Goos qui introduira dans les différentes versions de ces atlas, les premières cartes marines décrivant des côtes non européennes (Amériques, Antilles, ...). Ces cartes de l'outre-mer auront été compilées, en général, par le célèbre cartographe Arent Roggeveen (père de Jacob Roggeveen qui découvrit fortuitement l'île de Pâques).
En 1666, Pieter Goos produit son oeuvre majeure : le Zee Atlas oste Water Weereld. Cet ouvrage est tout de suite considéré comme le meilleur atlas maritime de son temps. Celui-ci a regroupé, là aussi, les contributions des principaux et majeurs cartographes hollandais.

En 1675, Goos commence la publication du Het Brandenden Veen. La réalisation de cet atlas est mémorable puisque celui-ci contient des informations maritimes cruciales tirées de la capture de galions espagnols par la flotte de la Cie des Indes Néerlandaise. Les néerlandais ont ainsi récupéré de précieuses cartes espagnoles. P Goos mourant la même année, sa veuve (jusqu'en 1677) puis son fils prénomé Hendrick (jusqu'en 1680) continueront partiellement son oeuvre. Le fond et les droits de publication seront ensuite cédés à Jacobus Robijn qui reprendra le flambeau.

Les cartes marines publiées par Pieter Goos ont, largement et surtout longtemps, été utilisées par l'ensemble des pilotes européens. Certaines compagnies maritimes les ont d'ailleurs largement utilisées jusque vers le milieu du du XVIIIe siècle. On sait, par exemple, que la Cie des Indes française s'est procurée des exemplaires de la carte de l'Océan Indien de P Goos jusqu'au milieu du XVIIIe, alors que les premiers exempaires de celle-ci avaient été tirés en 1690 et actualisés par Van Keulen en 1710. Il faudra attendre la publication des travaux de D'Apres de Mannevillette pour que ceux-ci supplantent ceux-là (du moins pour l'Océan indien).
Le Père Laval mentionne clairement dans sa relation "Voyage à la Louisiane fait par Ordre du Roy en 1720" que les cartes imprimées par Pieter Goos faisaient partie du jeu indispensable à la navigation maritime. Même s'il reconnait que ces cartes sont loin d'être exactes...

Principaux travaux :




Henri Abraham Châtelain (1684, 1743)

Atlas : «Atlas Historique ou Nouvelle Introduction à l'Histoire, à la Chronologie, à la Géographie Ancienne et Moderne, Représentée dans de Nouvelle Cartes où l'on remarque l'Etablissement des Etats et Empires du Monde, leur Durée, leur Chute et leurs Différens Gouvernemens».
En sept volumes, moitié atlas, moitié encyclopédie, cet ouvrage est l'une des plus importante et massive composition de cette période.

D'abord publié a Amsterdam en 1705 Chez François L'Honoré et Compagnie, puis en 1708 Chez les Frères Châtelain, l'atlas a été imprimé en 1718 par Chez L'Honoré et Châtelain, fusion des deux précédents.
Il a ensuite été réédité à plusieurs reprises. On constate que les associations ou les fusions caractéristiques des mouvements de concentration économique dans le secteur de l'imprimerie n'étaient donc pas inconnus au XVIIIe siècle.




Johann Georg Schreiber (1676, 1745)

Principaux travaux :

Atlas Selectus - 1740 et réédition en 1749 à Leipzig

Das Brittische Reich In America - (3 éditions) deux en 1761, et une en 1771. Ces éditions contiennent 3 cartes dressées par JG Schreiber, dont la carte des Îles Caraïbes : "Die Caribischen Insuln in Nord America"




Nicolas Jansz Visscher II (1649, 1702)

La dynastie des Visscher:
Claes Jansz Visscher (1587, 1652)
le fils : Nicolaes I Visscher (1618, 1679)
le petit fils : Nicolaes II Visscher (1649, 1702).

Pendant presque un siècle les membres de la famille Visscher ont été d’importants concepteurs et éditeurs de cartes publiées à Amsterdam. Le fondateur de la dynastie C J Visscher a été l’élève de Jodocus Hondius et de Pieter Van Den Keere.

Aux environs de 1620 CJ Visscher dresse un certain nombre de cartes géographiques, l’ensemble des îles britanniques y est compris. Son premier atlas reprend par contre des cartes de Pieter van den Keere auxquelles il ajoute les derniers relevés connus.

CJ Visscher agrémente ses cartes de scènes historiques, notamment de batailles navales et de sièges de villes, scènes qui lui donnent une certaine notoriété. Après son décès en 1652, son fils Nicolaes I et ensuite son petit fils Nicolaes II continuent de gérer les affaires familiales. Ils produiront tous deux un nombre important d’atlas constamment révisés et enrichis.
Nicolas Jansz II succède officiellement à son père en 1679 jusqu'à son décès en 1686. Sa veuve, Elizabeth, tentera de maintenir la tradition et gèrera la firme familiale jusqu'en 1726. Elle passera finalement la main à Pieter Schenk zavec lequel elle s'était associé dès 1717.

Principaux travaux :




Matthäus Seutter (1729, 1760)

Georg Matthäus Seutter fut l’un des plus importants cartographes allemands de son époque. Il a été nommé Géographe de la Cour Impériale. Son fils Albrecht Carl s’est joint à lui dans les affaires et ils produisirent ensemble de nombreuses cartes. La plupart des cartes furent gravées par Tobias Conrad Lotter (1717, 1777), beau-frère d'Albrecht et donc gendre de Matthäus. Lotter continuera seul la gestion de la firme après le retrait des affaires d'Albrecht Carl Seutter.

Principaux travaux :




Les Héritiers de Homann (Homann’s hiers)

Après le décès de Jean-Baptiste Homann (1663, 1724), la direction de sa maison (fondée en 1702) est exercée par son fils Jean-Christophe (1703, 1730). A sa mort, celui-ci remet par testament la firme aux mains de Johan Georg Ebersberger (1695, 1760), son beau-frère, et Johan Michael Franz (1700-1761). Ils dirigent dorénavant l'établissement sous le nom d'Héritiers Homann.

En 1755, J.M. Franz se retire pour laisser la place à son frère. Au décès d’Ebersberger en 1760, c'est le beau-fils de ce dernier qui lui succède. Ebersberger et Franz maintiennent en général une production de qualité à leurs cartes sauf durant une courte période où les cartes apparaissent moins élaborées (1755-1760). A partir de 1769, la production s'oriente vers des atlas régionaux. La firme des Héritiers de Homann fermera ses portes en 1852.

Les successeurs de Ebersberger, Johann Baptist et Johann Christof ont publié le Grosser Atlas en 1731 et en 1737. Geographica Maior en 1759 et l’Atlas Homannianus en 1762.

Principaux travaux :




Izaak Tirion (1705, 1769)

Isaak Tirion est un cartographe et éditeur hollandais de la ville d'Amsterdam qui a connu un certain succès. Il a publié un atlas intitulé "Nieuwe en beknopte hand-atlas, Bestaande in eene Verzameling van eenige der algemeenste en nodigste landkaarten….na de laatste ontdekkingen van De L'Isle en anderen opgesteld" qui a été édité au moins à six reprises entre 1740 et 1784. Cet Hand-Atlas s'inspire très fortement des travaux du cartographe français Guillaume de l'Isle.

Dans un autre ouvrage dont le titre flamand est "Tegenwoordige staat van alle volkeren" et tiré à partir de 1769, l'auteur présente une série de descriptions des différents pays connus et de leurs habitants. Cet ouvrage sera décliné pour l'Amérique sous le nom de «Tegenwoordige staat van America».




Willem Albert Bachiene (1712, 1783)

Cet hollandais particulier a étudié la théologie à l'université d'Utrecht, il notamment été en charge de fonctions ecclésiastiques et a également servi comme aumônier dans l'armée.

En 1764 il est engagé comme professeur d'astronomie et de géographie dans l'illustre école de Maastrich.

Il réalise plusieurs ouvrages à caractères géographiques, notamment un atlas sur la République des Provinces Unies. Son ouvrage principal et également posthume est publié par l’imprimeur d’Amsterdam Mathijs Schalenkamp en 1785. Il contient 60 cartes (dont 24 des Amériques) dont la plupart sont des reprises des travaux cartographiques de Emmanuel Bowen et de Thomas Kitchin, les deux cartographes anglais les plus réputés du milieu du XVIIIe. Les cartes de cet ouvrage ont été gravées par J Van Jagen, elles sont datées de 1769 à 1785.




Pierre Mortier (,1721), son fils Cornelus (1699, 1783) et David Mortier (1661, 1711)

Pierre et David Mortier ont été d'importants éditeurs et imprimeurs de cartes à Amsterdam. Ils sont d'origine française (Paris).
Pierre a passé la majeur partie de son temps en France où il avait édifié une florissante affaire presque avangardiste : une chaîne de librairies. En Angleterre, David s'était essayé à l'édition et à l'impression.
A Amsterdam, ils ont publiés tous deux de nombreux livres, textes, gravures et cartes dans principaux styles de l'époque (anglais, flamands, français...).
Après la mort de David en 1711 et celle de Pierre en 1721, l'affaire familiale passe dans les mains de Cornelus Mortier (fils de Pierre) qui s'associe avec l'imprimeur Johannes Covens. Cornelus avait épousé la soeur Johannes en 1721.

De cette association, naît la maison "Covens et Mortier" qui devint dès lors l'imprimerie la plus importante de Hollande. Elle est connue pour sa prolifique production. "Covens et Mortier" réimprima les oeuvres de géographes tant contemporains que disparus tels Nicolas Sanson, Alexis-Hubert Jaillot, Guillaume Delisle, les Visscher, Frédéric de Witt.
La maison "Covens et Mortier" a également publié des plans des principales villes européennes et du monde, des atlas de toutes tailles. Elle a continué à fonctionner jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Pour certains auteurs contemporains, les Covens et Mortier ou leurs prédécesseurs procédaient de façon plutôt cavalière en plaggiant très rapidement et très directement les travaux parus dans les dernières publications d'auteurs célèbres. On se demande même, dans certains cas, si les graveurs des différents pays n'étaient pas grassement soudoyés par les hollandais afin qu'ils transmettent directement des copies à l'entreprise d'Amsterdam. On dit que certaines copies seraient même parues avant les originaux !!!
La fructueuse firme n'hésitait pas à contrefaire les oeuvres, au besoin à modifier les dates et les noms des auteurs... La gravure était parfois reproduite à peu de frais et donc sans grand déployement de qualité, seule comptait la rapidité de la mise sur le marché....
Une partie des spécialistes actuels considère donc la production des Covens et Mortier comme relativement médiocre. Mais on sait cependant que cette qualité a varié en fonction des périodes.
Par exemple, la contrefaçon du Neptune François (1693) a plutôt été dommageable à l'oeuvre et l'a amplement désservie. La qualité de la production néerlandaise n'y était pas. Les planches du Neptune contrefait à Amsterdam ont ajouté de nombreuses erreurs et imperfections que ne contenaient pas les originaux.





Les Cartographes Britanniques


Thomas Jefferys (ca 1695, 1771)

Il a publié la “Natural and Civil History of the Frenchs Dominions in North and South America giving a Particular Account of the Climate, Soil, Minerals, Vegetables , Manufactures, Trade, Commerce and languages. Together with Religions, Government, Genius, Character, Manners and Customs of the Indians and Others Inhabitants”
imprimée à Londres en 1760.

Dans cet ouvrage, Thomas Jefferys décrit avec talent les richesses qu'apportent les possessions françaises des Antilles. Selon certains historiens, cet ouvrage aurait fortement aiguisé les appétits des anglais pour enlever à la France l'un des fleurons de son économie sucrière. Thomas Jefferys a été le cartographe de sa majesté royale le Prince de Galles.

La fameuse carte de la Martinique de Jefferys datée de 1775 a été édité après sa mort notamment chez Sayer et Bennet à Londres. L’imprimerie de Laurie et Whittle en produira également de nombreux exemplaires.

La carte de la Martinique de Jefferys été reprise d’une part par Le Rouge qui l’a traduit en français. Le Rouge ne s’est pas contenté d’une simple transcription, il l’a également enrichi des dernières observations faites par une équipe de scientifiques français (MM Verdun, Borda, Pingré). La version française de Le Rouge paraîtra en 1779, elle sera imprimée par sa Veuve, Le Rouge étant décédé près d’un an plus tôt (1778). Diverses éditions françaises, plus tardives se rencontrent : l’une d’elles a été imprimée par Charles Dien en 1799.

Jefferys s'est également associé à l'éditeur et cartographe William Faden (1750, 1836). W Faden fera paraître en 1793 quelques années après la disparition de Jefferys, le "Petit Neptune Français", dans lequel la plupart des cartes seront signées Faden, alors que bon nombre auront été dressées par Jefferys lui-même.

Principaux travaux :




Louis Stanislas d'Arcy de la Rochette (1731, ca 1802-1807)

Comme son nom ne l'indique pas, de la Rochette était au XIXe siècle, considéré comme l'un des plus illustres géographes d'Angleterre, au même titre que le fameux Alexander Dalrymple (1737, 1808) ou encore que James Rennell (1743, 1830).
De la Rochette aurait eu plusieurs enfants, dont certains sont décédés relativement jeunes. Ainsi, Esther >margaret Elizabeth sa fille décède à l'âge de 28 ans en 1802, tandis qu'un de ses fils Edward Auguste décède à l'âge de 34 ans en 1814.
Les travaux du navigateur-géographe «de la Rochette» (également graveur à ses heures), seront publiés en général par William Faden, le fameux successeur de Jefferys. Ce dernier avait embauché de la Rochette pour assurer un certain nombre de publications, notamment des cartes marines.

On trouve parmi celles-ci :
la carte des Antilles, "A chart of the Antilles, Or Charibbee, or Caribs Islands" sortie en 1784 et publiée à plusieurs reprises entre cette date et la première partie du XIXe siècle. Elle sera numérotée n°53 dans le «General Atlas».




William Booth

carte dressée par le lieutenant William Booth "Royal Ingineer", publiée chez Faden à Londres en 1795




Thomas Hurd (1753, 1823)

Pour en savoir plus : biographie sommaire du célèbre hydrographe.




John Hamilton Moore (1738, 1807)


Mort à Chingford Lodge située à Epping Forest, durant sa 69e année, John Hamilton Moore fut l'un des derniers professeurs de navigation de Tower-Hill à Londres.

Il était né en 1738 dans un village près d'Edimbourg, et fut tout d'abord élevé par une tante jusqu'à l'âge de 8 ans. Puis, son père, qui était blanchisseur en Irlande dans une bourgade près de Londonderry le pris en charge pour continuer son éducation. John Hamilton fut alors envoyé à Monaghan, pour étudier les mathématiques sous l'égide d'un professeur renommé de l'époque : M. Ballandine.

Après avoir terminé ses études, il entra comme cadet de la marine à Plymouth. Il a servi notamment à bord du navire du Commodore Elliot baptisé "Le Brillant". Après avoir achevé ses activités militaires dans la marine, Moore s'est consacré une nouvelle fois aux études scientifiques. Celles-ci l'amenèrent à s'intéresser à l'hydrographie, science qu'il avait éprouvée et dont il avait mesuré la nécessaire diffusion quand il était embarqué dans la Navy.

En 1770, il établit une Académie de Marine à Brentford dans le Middlesex, dans laquelle il se consacre alors à professer et à promouvoir les méthodes hydrographiques.

Il publia ensuite en 1772, la première version d'un ouvrage qui devait faire date "THE PRACTICAL NAVIGATOR", on peut qualifier l'ouvrage de best-seller de l'époque. Dans celui-ci Moore récapitule les connaissances méthodologiques en matière d'hydrographie : notamment les différentes méthodes employées pour déterminer les latitudes et les longitudes en mer.
L'ouvrage fut reçu avec enthousiasme de la part de ses confrères et des marins qui étaient destinés à l'utiliser. Il sera réédité à plusieurs reprises, près dune douzaine de fois durant la fin du XVIIIe siècle.
Dans ses dernières versions, "THE PRACTICAL NAVIGATOR" comportera des tables de logarythmes, de distances lunaires, ainsi que des tables extraites de l'Almanach Nautique ... la panoplie nécessaire afin déterminer les longitudes à la mer.

Après ce réel succès, il vint s'installer à Londres près de Tower-Hill. Il élargit alors ses activités. En plus de ses cours d'hydrographie, il s'engagea dans les affaires (publication et d'édition de cartes marines). Il fut aidé par son fils et son beau-fils, Robert Blachford, lui-même hydrographe-cartographe, vendeur de cartes et constructeur d'instruments nautiques.

Sa persévérance et sons sens du commerce et de l'industrie, l'amenèrent à produire des cartes hydrographiques qui furent considérées par les marins comme étant généralement d'excellente facture.
Malgré ses succès commerciaux (cartes marines, instruments, ...) et malgré le soutien appuyé de quelques personnalités importantes de la marine britannique (Lord Howe, Lord Spencer,...), ses prises de position ne furent pas officiellement reconnues.

J. H. Moore réclamait en effet la constitution en Grande-Bretagne d'un véritable service hydrographique, à l'instar du Dépôt de la Marine qui fonctionnait en France. Cette administration devrait être dotée de prérogatives en matière de compilation des journaux de bord... Son souhait sera exaucé, mais bien plus tard lors de la création de l'Hydrographical Office.

Dans les denrières éditions de son oeuvre majeure, Moore se présente lui-même comme "Professeur de Navigation, Hydrographe et vendeur de cartes marines de sa royale majesté le Duc de Clarence". Reconnaissance posthume de son oeuvre, la vingtième édition de son ouvrage fut réalisée en 1828 par Joseph F. Dessiou (1790, 1842), qui était alors employé par l'Hydrographical Office. Le voeux de J.H. Moore s'était ainsi réalisé.

Principaux travaux :

publications :

carte marine :


William Faden (1750, 1836)

William Faden a été géographe de sa majesté royale, le roi d'Angleterre, mais également celui du prince de Galles.
Faden reprend à son compte la majeure partie de l'activité de la firme de Jefferys après la mort de ce dernier en 1771. Une autre partie de l'activité cartographique de Jefferys sera reprise par les ex-associés bien connus que sont MM. Sayer et Bennet.
Durant la gestion de Faden, l'entreprise de "Charing Cross" va produire des cartes et des plans de grands et moyens formats, d'une qualité technique reconnue par l'ensemble de la profession. La production s'oriente vers la publication de nombreuses cartes et atlas des amériques et des îles.
En 1793, Il produit le "Petit Neptune Français", les cartes y sont généralement signées par Faden lui-même. Le "Petit Neptune Français" présente de nombreuses cartes marines ainsi que les plans des principaux ports.

Principaux travaux :




Edward Henry Columbine (1763, 1811)

Pour en savoir plus : biographie sommaire du célèbre hydrographe.




William Heather (1764, 1812)

Au cours de sa carrière, W. Heather a travaillé avec John William Norie auquel il cédera d'ailleurs son entreprise. Heather avait développé son affaire d'édition en sous-traitant des commandes de cartes hydrographiques passées par la fameuse firme de Mount & Page.

William Heather dirigeait à cette époque l'Académie Navale et l'entrepôt Naval, deux institutions situées rue Leadenhall à Londres. A partir de 1795, l'entrepôt naval fut le principal canal de fourniture de cartes marines et hydrographiques, et d'instruments de navigation à destination de la marine marchande britannique. Ce qui lui assura des rentes importantes.
Lorsque William Heather décéda en 1812, c'est John William Norie qui lui succéda et qui fit alors prospérer l'affaire, pour son propre compte. Norie reprendra également les activités liées à l'entrepôt naval. L'entreprise initiale fut alors transformée en J.W Norie & Cie.




John Entick (1703, 1773)

Entick fut durant une cinquantaine d'années enseignant et journaliste. Marié en 1760, il devient veuf dans la même année. En 1757 il écrit un ouvrage sur la Marine anglaise "a New Naval History" et plus tard en 1763 il publie la General History of late War qui relate les évènements de la guerre de 7 ans.

Cet ouvrage, en 5 volumes, décrit les forces belligérantes en présence et relate comment la Grande-Bretagne s'est illustrée dans la guerre de 7 ans. Entick relate dans le détail les victoires et les conquêtes des armées britanniques et notamment les exploits de la "Navy". De fait l'ouvrage connait un fort succès populaire en Angleterre. Il sera réédité à plusieurs reprises entre 1763 et 1779. Les premières éditions parues à Londres datent de 1763, 1764 et 1765 chez Edward et Charles Dilly associés à John Millan. Elles comportent de nombreuses gravures et cartes empruntées aux principales sources de l'époque (yc les journaux et gazettes).




Andrew Norwood

Andrew Norwood est d'abord publié chez Richard Mount (éditeur et libraire) qui avait repris l'activité, en 1691, de son beau-père William Fisher.
R. Mount a participé à la publication de l'English Pilot dès 1698 avec John Thornton. Il a travaillé ensuite avec Jérémie Seller (vers 1700).

Principaux travaux :




Thomas Kitchin (1718, 1784)

Il a débuté sa carrière comme graveur et imprimeur. Il s'est destiné ensuite à la cartographie où il a acquis rapidement une excellente réputation. Kitchin a travaillé à la confection de nombreux atlas avec Emmanuel Bowen et Thomas Jefferys. Il publié également de nombreuses cartes pour les magazines de l'époque (Gentleman Magazine, London Magazine).




Emmanuel Bowen (1693-94, 1767) et son fils Thomas Bowen (1749, 1790)

Emmanuel Bowen est d'abord un vendeur de cartes et de gravure. Il fut égalementle graveur officiel de George II d'Angleterre. Il semble qu'il ait également acheté une charge de graveur en France qui lui aurait conféré le privilège de graveur du roi Louis XV.

Il travailla à Londres à partir de 1714 où il produisit ce que l'on a momentanément considéré comme les plus belles cartes de l'époque. Il a travaillé avec Thomas Kitchin pour réaliser plusieurs atlas sur l'Angleterre. Il a produit beaucoup de cartes individuelles de grandes tailles (69 cm x 51 cm) qui présentaient une excellente précision et qui étaient agrémentées de détails historiques et topographiques.



En dépit de ses appointements "royaux" et de sa prospérité apparente, il mourut dans la pauvreté. Son fils Thomas Bowen qui repris l'affaire familiale ne connu pas plus de chance dans les affaires et mourut également dans un état proche de la pauvreté en 1790.

Les Bowen fournirent en cartes les principaux magazines d’information à la mode en Angleterre, on peut citer notamment le «Général Magazine of Arts and Science».

Principaux travaux :




John Gibson

Cet excellent graveur a collaboré avec les principaux géographes de son époque, notamment Bowen et Kitchin.

John Gibson a notamment travaillé pour les principaux magazines :
le «London Magazine».
le «Gentleman Magazine».




Andrew Bell (1726, 1809)

Vraisemblablement né et décédé à Edimbourg, il est connu pour être le co-fondateur avec le libraire écossais Colin Mac Farquhar, en 1765, dans cette même ville, de l'Encyclopédie Britannique [Encyclopaedia Britannica] .
Auparavant il a été un graveur de cartes reconnu qui a travaillé avec les plus grands géographes britanniques. Il a collaboré avec les principaux magazines du XVIIIe siècle, notamment le "Scots Magazine" édité à Edimbourg.





Les Cartographes Espagnols et Portugais


Tomás Mauricio Lopez de Vargas Machuca (1730, 1802) et son fils D. Juan Lopez de Vargas Machuca

Don Thomas Lopez, commencé son apprentissage de géographe et de cartographe, à Paris de 1752 à 1760 chez Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville. Il devient ensuite le géographe particulier du roi d'Espagne.

Il a produit une importante série de cartes des différentes régions du monde tout en privilégiant la cartographie de son pays natal, l'Espagne.

Tomás Lopez a également produit des plans des principales villes et ports des divers continents. Ces principaux travaux ont été regroupés dans une collection d'atlas qui fait référence. Ses ouvrages ont généralement été imprimées à Madrid (calle de Atocha, frente la casa de los Gremios).

Son fils D. Juan également versé dans la profession de géographe-cartographe l'a activement secondé et a poursuivi l'œuvre entreprise par son illustre père. D. Juan Lopez a compilé un ensemble de sources provenant des principaux travaux de son époque. Il a particulièrement été inspiré par l'œuvre de JN Bellin notamment pour les cartes et plans des Antilles. L'adresse mentionnée dans la plupart de ses cartes fait référence à "la calle de las Carretas en Madrid". Il y souligne que ses travaux et ceux de son père y sont disponibles : "se hallan este mapa y todas las óbras de mi padre y las mias en Madrid en la calle de las carretas".

Principaux travaux :