Louis de la Roulais (xxxx, yyyy)

Louis de la Roulais est nommé, par le conseil de la Marine en octobre 1716 ingénieur aux Isles du Vent.

Les délais de route étant ce qu'ils étaient .... et de la Roulais n'arrive en Martinique qu'en janvier 1717 dans le même vaisseau qui transportait le nouveau gouverneur de la Varenne accompagné du non moins nouvel intendant Ricouart. Ces représentants de l'autorité royale devront faire face l'année même de leur arrivée à ce que l'on appelle aujourd'hui le Gaoulé du Diamant. Ce fut en quelque sorte une manisfestation annonciatrice de la "Boston Tea Party", mais à la créole française ..... Le Gouverneur et son Intendant seront expulsés manu militari dès la fin du mois de mai 1717 vers la France. Cette demi-révolte ne restera pas sans laisser de traces, mais aucun des responsables créoles ne sera finalement puni.

Dès qu'il commence à exercer ses fonctions dans les îles l'ingénieur de la Roulais s'aperçoit que la tâche qui lui est confiée est ardue. Il écrit rapidement au Conseil de la Marine en disant je n'ai trouvé ici aucun ingénieur pour me seconder... il faudrait m'en envoyer un, ou bien un dessinateur.... Sa demande ne sera exaucée que deux années plus tard, en janvier 1719, par l'envoi du dessinateur Chardin. Mais celui-ci ne résistera pas six mois aux dures conditions sanitaires des îles et décèdera rapidement.

Malgré le manque d'effectif, Louis de la Roulais se met âprement au travail. Il apparaît à la Varenne comme habile et appliqué dans son métier. Dans un premier temps, il effectue la visite de chacune des îles françaises et note l'état des fortifications ainsi que les travaux qu'il conviendrait d'y entamer.
Dès juillet 1717, il expédie en France la description des travaux faits et à faire, notamment ceux destinés au Fort-Royal de la Martinique. Il demande les fonds nécessaires pour entreprendre ces travaux.

Louis de la Roulais semble demander beaucoup. Les investissements défensifs qu'il prévoit coûtent énormément et les contributeurs (les colons) ne ménagent pas leurs critiques vis à vis de l'ingénieur. L'ingénieur s'aperçoit que le coût de la vie est cher dans ces précieuses îles, le problème ne date pas d'hier : On fait dans ce pays fort peu d'ouvrage pour beaucoup d'argent.

En juin 1719, L'ingénieur fait une pause et se rend en France avec la permission du Gouveneur (de Feuquières). Il apporte au Conseil de la Marine les divers plans qu'il a dessinés (plans des forts de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Grenade).

Lors de l'absence de la Roulais qui durera 18 mois (de juin 1719 à janvier 1721), le Gouverneur de Feuquières se rend compte qu'aucun ingénieur compétent n'est à sa disposition. M Chardin le dessinateur est mort. Le Gouverneur décide alors de former un véritable service d'ingéniérie des fortifications aux Îles du vent. Il va dorénavant appuyer auprès du Conseil la demande de la Roulais. L'ingénieur Vincent Houël viendra bientôt renforcer les effectifs.
Dès son retour, Louis recommence une tournée d'inspection pour contrôler l'avancement des travaux qu'il avait décidé. En mars 1721, il est de nouveau à la Grenade, il prolongera ensuite sa tournée par la Guadeloupe. Il constate partout que les travaux avancent lentement, que ses instructions ne sont pas prises en compte ou mal suivies. Á la Grenade, l'ingénieur Binoist est aussi Major de l'île. Il se partage entre ces deux fonctions, ce qui est préjudiciable aux fortifications. Louis demande donc au Conseil que le sieur Binoist mette entre parenthèse ses activités de Major pour se consacrer à son emploi d'ingénieur.

Le zèle que développe « de la Roulais » est loin de ne faire que des satisfaits. Les fortifications coûtent cher (il pense entre autre faire faire une batterie fermée sur le morne des capucins, un fort à la Trinité, ...). L'intendant Bénard n'est alors pas tendre avec l'ingénieur : cet ingénieur jette le Roy et la colonie dans des dépenses affreuses et la plupart du temps inutiles...

Bénard contribue à alimenter une cabbale contre Louis. Sur tous ces travaux techniques dont il n'a pas la compétence pour statuer, Bénard demande l'avis de l'ex-ingénieur général des Isles de Caylus, de passage en Martinique. Orgueil mal placé, de Caylus ne sera pas non plus favorable à de la Roulais qui a retouché les plans du maître ...

Nicolas Binoist de Reteuil, ingénieur à la Grenade, jaloux de son indépendance, et se disant plus ancien et plus expérimenté que de la Roulais, n'est pas satisfait de travailler sous ses ordres. Il voudrait être lui-même ingénieur en chef, il rejoint donc la position de l'intendant Bénard.

En août 1721, lors du passage de la Roulais à la Guadeloupe, éclate l'affaire d'une lettre anonyme qui jette le discrédit sur l'ingénieur. Décidément faire supporter une large partie du coût des travaux aux colons passe mal. Ses ennemis profiteront de l'occasion pour l'user moralement.

L'ingénieur fait toutefois de son mieux pour sécuriser les îles. Il va continuer ses activités avec opiniatreté et persévérance.... mais va petit à petit il va confier des responsabilités à Vincent Houël auquel il va passer le temoin en octobre 1726. Il rentrera ensuite définitivement en France.

Principaux travaux cartographiques connus et accessibles aux A.N.O.M :


1 - Profils...Profil du pont du corps de la place. Plan de la pointe 33 du Fort Royal.

7 juillet 1717 - Manuscrit aquarellé sur papier 70 cm x 49 cm. FR ANOM 13DFC115B


2 - Fort-Royal de la Martinique.

13 juin 1725 - Manuscrit aquarellé sur papier 65,5 cm x 47,5 cm. FR ANOM 13DFC136B


3 - Plan du fort de la Trinité.

13 juin 1725 - Manuscrit aquarellé sur papier 36,5 cm x 50 cm. FR ANOM 13DFC135C