Henri de Rochemore (1718, 1768)

Henri de Rochemore est mort à la Martinique, au Fort-Royal en mai 1768. Il a été Directeur Général des Fortifications des Iles du vent.

En mars 1760, le ministre de la Marine prend la décision d'envoyer un homme compétent en matière de fortification, de génie et d'artillerie. La France est en guerre, les anglais ont déjà pris la Guadeloupe, après une tentative avortée d'envahir la Martinique. Il s'agit vitement de fortifier le fleuron de la colonisation française aux Antilles et le soutien de l'économie sucrière de la métropole. Les anglais vont revenir. Personne n'en doute.

Le ministre choisit Henri de Rochemore alors Ingénieur en Chef à Bordeaux. Pour ce faire et il va lui donner l'autorité nécessaire, Rochemore sera promu Inspecteur Général du Génie et de l'Artillerie des Îles du Vent et Sous le Vent. Il aura donc compétence sur l'ensemble des possessions françaises... ..du moins celles encore au main du royaume.

Henri de Rochemore débarque à la Martinique en février 1761, avec une mission impossible : retravailler et renforcer les fortifications afin de le rendre les îles imprenables. Tout doit se faire très vite. Et le manque de moyens est patent. Les escadres anglaises font déjà le blocus de l'île.

Dès son arrivée, l'ingénieur se plaint qu'il n'a trouvé qu'un seul vieux plan du fort royal [citadelle] sans ses environs. Il ne peut donc commencer la réorganisation des fortifications sans posséder une vue d'ensemble du système défensif de l'île.
Il va donc travailler à faire les plans et les cartes qui manquent [il nous en restent une grande partie, notamment conservée aux A.N.O.M - voir liste ci-dessous].

Par ailleurs Rochemore remarque qu'il manque également de moyens humains : je n'ai ici que deux jeunes ingénieurs encore inexpérimentés pour me seconder. Il sollicite l'envoi rapide d'autres ingénieurs : envoyez-moi les ingénieurs Daubertin et Doumet qui sont à Rochefort. Mais sa requète n'aboutira pas. Il devra se satisfaire des moyens à sa disposition c'est à dire des messieurs Cardon (alors sous ingénieur) et de Leyritz (ingénieur) pour l'aider.

Compte tenu de l'ampleur des travaux envisagés, la nécessité d'avoir un réel service des fortifications, composé d'une équipe d'ingénieurs qualifiés est réelle. Rochemore essaie de mobiliser toutes les potentialités pour parvenir à ses objectifs. Ainsi, il n'hésite pas à promouvoir les hommes qui lui paraissent valables : il demande une commission de sous-ingénieur pour le sieur Scofet qui a déjà occupé les fonctions de sous-ingénieur en Guadeloupe
Son extrême implication et son zèle le font remarquer des princiapux responsables de l'île. Dès juillet 1761, Le Mercier de la Rivière, Intendant des Îles, note : Monsieur de Rochemore me parait un homme excellent dans sa partie... je suis bien fâché qu'il ne soit pas venu deux ans plus tôt en Martinique. Il satisfait si bien à ses obligations qu'il est promu Colonel en octobre 1761.

Mais malheureusement pour lui, les revers de la marine royale, le manque de moyens locaux, ont précipité la chute de la colonie. Les anglais tirant la leçon de leur mésaventure de 1759, reviennent en février 1762. Cette fois ci, ils y mettent des moyens de grande envergure. La Martinique est finalement conquise.

Henri de Rochemore échappe aux pontons anglais et parvient à rentrer en France grace aux conditions de reddition. Dès le mois de mai, il est à nouveau sur sa planche à dessin à préparer les prochaines fortifications des îles. On sait bien que la paix va arriver, les tractations laisse entendre une restitution des îles à la France. Ce qui sera chose faite après l'honteux traité de Paris

Le traité à peine signé, Rochemore revient en avril 1763 à la Martinique. Les anglais sont encore là, mais Rochemore doit préparer avec eux la remise officielle de l'île qui aura lieu en août. Après ce sera la reprise en main de la Martinique et des îles environnantes (Sainte-Lucie, Guadeloupe). Le départ du dernier contingent anglais a lieu le 8 août.

La fin de l'année 1763 se passe en préparatif et en concertation avec le nouveau gouverneur de Fénélon qui dira : je commence à m'accoutumer au ton et au caractère de M de Rochemore....je suis content de son travail. Rochemore apparaît donc comme un homme de caractère !!!

La nécessité d'avoir un service des fortifications constitué et structuré ne fait plus aucun doute. Les premiers renforts en ingénieurs, MM de La Peyrouse et de Fouillac, parviennent aux îles. Ils travailleront sous l'autorité du nouveau Directeur des Fortifications, Henri de Rochemore.

La grande affaire de cette fin d'année 1763 semble l'assainissement complet de la ville du Fort-Royal. C'est le préalable indispensable à une meilleure condition sanitaire des habitants et des militaires. Ce seront les soldats du Royal-Marine [régiment stationné en Martinique] qui entreprendront la réalisation de ce canal qui fera le tour de la ville.


En avril 1764 se tient une réunion au Fort-Royal où vont se décider et se discuter, les différentes options à mettre en oeuvre pour fortifier la Martinique et les autres possessions. Il faut empècher le renouvellement des fâcheux épisodes la guerre de sept ans.
Ce Conseil des fortifications analysera les projets présentés et notamment celui de la construction d'une citadelle sur le Morne Garnier [futur Fort Bourbon ou Desaix].

Etaient présents à ce conseil : M Duportal (fils) [Maréchal de camp et armées du roy] et Directeur Général des Fortifications de Saint-Domingue, le sieur Joblot, destiné à remplacer M Duportal. Bien entendu Henri de Rochemore, maintenant Directeur Général des Fortifications des Isles du Vent. C'est lui qui avait préparé et conçu les principaux projets en concertation avec Duportal [ou Duportail].

Rochemore s'était entouré des principaux ingénieurs de son équipe : François de Fouillac [qui sera ingénieur en chef à la Martinique entre 1768 et 1770] ; Deshautchamps, ingénieur et lieutenant-colonel au corps royal du Génie [qui sera ingénieur en chef à la Guadeloupe entre 1784 et 1787] ; Charles Louis de Cardon ; de la Peyrouse ; Sanlot ; D'Herbigny ; et le célèbre Charles Coulomb qui a débuté sa carrière en cette île [à sa sortie de l'école du génie de Mézières (ancètre de l'école polytechnique) en 1761, Charles Coulomb participe au levé des cartes côtières de Bretagne. Puis il est envoyé en mission à la Martinique entre 1764 et 1772 pour participer à la construction du Fort Bourbon].

Aucun des ingénieurs géographes des camps et armées (Moreau du Temple, ...] n'a participé à ce conseil. Ils étaient sur le terrain à la réalisation de la Grande Carte.

Après des mois de préparation, les travaux du Morne Garnier sont entamés en novembre 1765. Le principal projet de la Martinique a pris corps. il peut être maintenant suivi quotidiennement par des ingénieurs ordinaires des travaux.

Rochemore toujours très actif, oriente son action vers les autres îles qu'il n'avait pas pour autant négligé. Il part dans des missions d'inspection à la Guadeloupe et à Sainte-Lucie afin de vérifier l'exactitudes des travaux projetés. Il est parfois accompagné par d'Ennery, le gouverneur des îles qui a remplacé Fénélon à partir de 1765.

Durant toute ces années aux îles, s'il n'a pas négligé son travail, il a malheureusement été moins attentif à sa santé. Henri de Rochemore décède en mai 1768. L'ingénieur en chef François de Fouillac, relate au ministre les circonstance du décès : M de Rochemore est mort d'un engorgement dans les poulmons après trois mois des plus cruelles souffrances qu'il a supporté avec la plus grande fermeté. Sa maladie est une suite de son humeur gouteuse qui lui avait occasionné des attaques d'apoplexie et de paralisie.

Principaux travaux cartographiques connus et accessibles aux A.N.O.M :


1 - Plan du Fort Royal de la Martinique
14 avril 1761 - non signé
Manuscrit aquarellé sur papier 143,5 cm x 80,5 cm. FR ANOM 13DFC174A


2 - Profils pris sur différentes coupes du plan du Fort Royal.
14 avril 1761 - non signé
Manuscrit aquarellé sur papier 106 cm x 136 cm. FR ANOM 13DFC175A


3 - Plan des environs du Fort Royal de la Martinique.
15 octobre 1761 - non signé
Manuscrit aquarellé sur papier 181 cm x 106 cm. FR ANOM 13DFC177A


4 - Carte des environs de la baye du Fort Royal.
1762 - non signé
Manuscrit aquarellé sur papier 95 cm x 125 cm. FR ANOM 13DFC189A


5 - Isle de la Martinique. 1763. Plan et profils d'un corps de casernes en charpente pour contenir un bataillon d'infanterie avec deux pavillons d'officiers proposé à établir dans les villes du Fort-Royal.
7 août 1763
Manuscrit à l'encre et lavis sur papier 96 cm x 43 cm. FR ANOM 13DFC199A


6 - Plan et profils d'un corps de caserne proposé à faire au fort Royal sur un solage établi par les Anglois. Isle de la Martinique. 1763.
7 août 1763
Manuscrit aquarellé sur papier 61 cm x 32,5 cm. FR ANOM 13DFC197C


7 - Quatre différents profils pris sur la longueur du canal pour dessécher les marais de la ville de Fort-Royal de la Martinique.
20 février 1764
Manuscrit aquarellé sur papier 26,5 cm x 48 cm. FR ANOM 13DFC211C


8 - Fort Royal de la Martinique. 1763. Elévation et profil de l'hôpital militaire...
20 février 1764
Manuscrit aquarellé sur papier 73,5 cm x 20,5 cm. FR ANOM 13DFC214C


9 - Isle de la Martinique. 1765. Plan du magasin à poudre projetté dans le fort du mont Garnier. Profil...
20 février 1764
Manuscrit aquarellé sur papier 91,5 cm x 38,5 cm.


10 - Fort-Royal de la Martinique. 1763. Plan du rez-de-chaussée de l'hôpital militaire.
13 mars 1764
Manuscrit aquarellé sur papier 86 cm x 43,5 cm. FR ANOM 13DFC213A


11 - Plan du canal de la ville du Fort Royal.
20 mai 1764
Manuscrit aquarellé sur papier 91 cm x 36 cm. FR ANOM 13DFC225A


12 - Isle de la Martinique. 1765. Fragment du fort Royal où est marqué le projet du chemin-couvert...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 33 cm x 31 cm. FR ANOM 13DFC253C


13 - Isle de la Martinique. 1765. Fort du mont Garnier. Elévation...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 206 cm x 18,5 cm. FR ANOM 13DFC259C


14 - Isle de la Martinique. 1765. Fort du mont Garnier. Profil...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 147 cm x 18 cm. FR ANOM 13DFC260C


15 - Isle de la Martinique. 1765. Fort du mont Garnier. Profil...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 122 cm x 18 cm. FR ANOM 13DFC261C


16 - Isle de la Martinique. 1765. Fort du mont Garnier. Profil...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 93,5 cm x 18 cm. FR ANOM 13DFC262C


17 - Isle de la Martinique. 1765. Fort du mont Garnier. Elévation...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 123,5 cm x 18,5 cm. FR ANOM 13DFC263C


18 - Isle de la Martinique. 1765. Plan des deux citernes projettées dans le fort du mont Garnier. Profil...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 32 cm x 37 cm. FR ANOM 13DFC264C


19 - Isle de la Martinique. 1765. Profil en long pris sur les deux citernes projettées dans le fort du mont Garnier.
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 58 cm x 20 cm. FR ANOM 13DFC265C


20 - Isle de la Martinique. 1765. Plan du magasin à poudre projetté dans le fort du mont Garnier. Profil...
1765
Manuscrit aquarellé sur papier 32 cm x 36 cm. FR ANOM 13DFC266C


21 - Fort-Royal de la Martinique. 1765. Profils pris sur différens points du fort Royal faisant voir le projet du chemin couvert.
23 août 1765
Manuscrit aquarellé sur papier 158 cm x 62 cm. FR ANOM 13DFC254A


22 - Isle de la Martinique. 1765. Plan du fort projetté sur le mont Garnier avec tous ses détails.
9 septembre 1765
Manuscrit aquarellé sur papier 135 cm x 71,5 cm. FR ANOM 13DFC258A


23 - Isle de la Martinique. 1765. Plan du fort du mont Garnier et de ses environs.
9 septembre 1765
Manuscrit aquarellé sur papier 47 cm x 48,5 cm. FR ANOM 13DFC257B


24 - Plan du Fort Bourbon avec les limites du terrein appartenant au Roy. 1767.
12 mars 1767
Manuscrit aquarellé sur papier 62 cm x 45 cm. FR ANOM 13DFC289B


25 - Differens profils du Fort Bourbon...
12 mars 1767
Manuscrit aquarellé sur papier 80 cm x 45,5 cm. FR ANOM 13DFC290B


26 - Plan du fort Royal de la Martinique. 1766.
12 mars 1767
Manuscrit aquarellé sur papier 129,5 cm x 79 cm. FR ANOM 13DFC291A


27 - Plan du Fort Bourbon avec les limites du terrein appartenant au Roy. 1768. A. Bastion de Choiseul. B. Bastion de Praslin.
1768
Manuscrit aquarellé sur papier 43 cm x 48 cm. FR ANOM 13DFC298B