César Picaudeau de Rivières (1707, yyyy)


César Picaudeau de Rivières fut un ingénieur très actif à la Martinique (notamment entre 1718 et 1762). Il est originaire des Isles, de la Martinique plus précisément. Il est ce que l'on appelle communément un blanc créole. Il aurait commencé à servir dans l'armée en 1718, à l'âge de 11 ans.

En 1731, à 24 ans il est envoyé France, pour 3 ans. Quand il revient aux îles en 1734, il rapporte une lettre de recommandation lui permettant de servir tant qu'ingénieur. Il sera d'abord employé en tant que sous-ingénieur, notamment sur les fortifications de Saint-Pierre.

En 1739 ses supérieurs l'envoient à l'île de la Grenade pour y seconder l'ingénieur en chef Vincent Houël. Il suivra et fera exécuter les travaux [tracés et réglés] c'est à dire conçus par Houël.

En 1741, il est nommé lieutenant réformé et confirmé comme sous-ingénieur dans les îles.

En 1745, l'ingénieur en chef Houël avec lequel le Gouverneur Général le Marquis de Caylus développe un fort contentieux ne semble plus actif suite à une interdiction d'oeuvrer. Picaudeau de Rivières est alors chargé par de Caylus du suivi des travaux de fortifications des îles du vent. Le Gouverneur Général remet par ailleurs à son protégé une commission locale d'ingénieur en chef qu'il essayera, en vain, de faire valider par le ministre de la marine.

En 1746, les premiers grands travaux de Picaudeau s'orientent sur la construction d'un véritable fort à la Trinité. Il suit également l'opinion du Gouverneur des Isles du Vent sur la nécessité de fortifier l'Ilet à Ramiers, afin d'en faire le verrou de la baie du Fort-Royal. L'ingénieur élabore également les nouveaux nouvelles défenses au Cul de Sac Marin. Picaudeau conçoit et dessine les plans de ces divers ouvrages [voir ci-dessous les plans conservés aux A.N.O.M).

En février 1749 de Caylus demande au ministre, pour le compte de Picaudeau, une commission de capitaine réformé. Le Gouverneur réitère sa précédente demande d'octroi d'un brevet d'ingénieur en chef dont Picaudeau assume déjà, selon lui, les fonctions depuis qu'il a remplacé l'ingénieur en chef Houël. Il semble que le Marquis de Caylus n'ai pas eu l'écoute du ministre car quelques années plus tard les choses en sont encore au même point. Picaudeau sollicite également directement le ministre, mais n'obtient pas plus de résultat que son mentor. César Picaudeau expédie en France, en 1756, les plans de la rade et du carénage de l'île de Sainte-Lucie et des rapports d'inspection qu'il a pu faire notamment sur l'état des batteries et des diverses défenses de cette île.

Le Marquis de Caylus décédé (assez mystérieusement comme on le sait), le nouveau Gouverneur Général, de Bompar appuit l'avancement de Picaudeau des Rivières. En 1758, il demande pour Picaudeau la place vacante d'ingénieur en chef que le Sr Houël a laissé depuis sa retraite de 1747. Il semble que la requête de Bompar n'ait pas aboutie immédiatement. Picaudeau de Rivières aurait eu finalement gain de cause, avant sa mise à la retraite. Il obtiendra également la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.

En 1762, la prise de la Martinique par les troupes anglaises, suscitera une forte polémique contre le Gouverneur Le Vassor de la Touche. Picaudeau se trouvait à l'intérieur de la citadelle du Fort-Royal. Il avait rejoint son poste dès le 16 janvier, pour participer en tant que militaire et ingénieur en Chef à la défense de l'île. L'ingénieur a noté dans son journal la succession des évènements depuis le débarquement des envahisseurs (24 janvier 1762) jusqu'à la réddition finale (3 février 1762) de la citadelle.
Picaudeau signale dans ses notes la présence d'un contingent de deux cents anglais prisonniers à l'intérieur du fort. Leur garde a nécessité des hommes qui ont manqué à la défense. Il donne également l'état des principales défenses de la citadelle qui ont été pratiquement détruites, il laisse entendre qu'aucune réparation n'était envisageable alors. La situation était donc désespérée. Ainsi son rapport a peut être légitimé la réddition des défenseurs.

Principaux travaux conservés aux Archives Nationales de l'Outre-Mer [A.N.O.M] :


1 - Plan et profil d'une poudrière générale projettée au fort S[ain]t-Pierre à la Martinique
24 décembre 1745 - Manuscrit aquarellé sur papier 28 cm x 41 cm. FR ANOM 13DFC156C


2 - Plan et profil de l'Islet à Ramier et ses projets scitué au sud 6 degrés ouest de la citadelle du Fort Royal à la Martinique.
12 février 1746 - Manuscrit aquarellé sur papier 64 cm x 94,5 cm. FR ANOM 13DFC157A


3 - Plan, profil, ellevation et vue d'oiseau des ouvrages projettés à l'Islet à Ramier à la Martinique.
18 février 1745 - Manuscrit aquarellé sur papier 55,5 cm x 162 cm. FR ANOM 13DFC158A


4 - Plan et profil du fort de la Trinité et de ses ouvrages actuels à la Martinique.
Juillet 1746 - Manuscrit aquarellé sur papier 55,5 cm x 162 cm. FR ANOM 13DFC161A


5 - Plan et profil des ouvrages projettés au fort de la Trinité à la Martinique.
10 octobre 1746 - Manuscrit aquarellé sur papier 61 cm x 101,5 cm. FR ANOM 13DFC162A


6 - Plan, profil et élévation des bâtimens projetés au fort de la Trinité à la Martinique.
10 octobre 1746 - Manuscrit aquarellé sur papier 65,5 cm x 265 cm. FR ANOM 13DFC163A