Nevil Maskelyne (1732, 1811)

Brillant scientifique et astronome anglais du XVIIIe siècle, il propose le recours aux distances lunaires pour trouver une solution au fameux problème de la détermination de la longitude en mer (Longitude Act instauré par la reine Anne Stuart en 1714).
A cette occasion il entre en concurrence, mais aussi en conflit avec l'horloger John Harrison qui privilégie le recours aux "gardes-temps" mécaniques [horloges ou montres marines]. Ceux-ci finiront par devenir très réguliers, précis et surtout de moins en moins onéreux.

La méthode préconisée par Maskelyne s'appuie sur l'exploitation des tables de la Lune de l'astronome allemand Tobias Meyer. Elle s'articulera notamment autour du fameux Nautical Almanac qui sera utilisé par toutes les marines du monde.
Maskelyne prend ainsi les français de vitesse. Ces derniers n'ayant pas su ou voulu intégrer à la Connaissance des Temps les tables de distances lunaires telles que préconisées par l'abbé Nicolas-Louis de La Caille et le navigateur d'Après de Mannevillette.


Mandaté par la Royal Society, Maskelyne se rend à Sainte-Hélène en 1761 afin d'observer le transit de Vénus. C'est apparemment durant ce voyage qu'il expérimente et met au point sa méthode des distances lunaires pour les mesures de longitudes. En 1763, il publie un ouvrage qui fera date : le British Mariner's Guide. Celui-ci expose le procédé de calcul dans une forme compréhensible par les pilotes et capitaines. Ce soucis constant d'être lu et compris par les utilisateurs va le pousser à mettre à disposition de son public, des tables de distances lunaires afin de faciliter et de répandre l'usage de sa méthode.

Pour rendre son procédé plus pratique et plus universel, il faut donner aux utilisateurs un certain nombre d'éléments propres aux calculs. Les distances lunaires ne sont pas constantes. Elles varient dans le temps mais également en fonction du lieu d'observation. Il fera donc éditer des tables de distances lunaires dans le Nautical Almanac and Astronomical Ephemeris (également nommé éphémérides) dont le premier exemplaire paraît en 1766. Les premières tables sont relatives l'année 1767. L'ouvrage sera révisé et mis à jour annuellement. Ce sera là, la grande affaire du célèbre Maskelyne qui continuera tout au long de vie à superviser adroitement l'édition de cet almanach nautique.

A côté de ses occupations maritimes, Nevil Maskelyne prendra également une large part dans la première triangulation du territoire Britannique en prolongation de son homologue d'outre-manche (française) qui l'a largement précédée.