Quelques cartes des Îles Caraïbes vues par les nations ibériques





1 - Cartes Espagnoles disponibles à la B.N.F - GALLICA - Bibliothèque Nationale de France



Tomás López (1730, 1802) Carta General de las Islas Antillas Menores

Carta general de las islas Antillas Menores, Tomás López, 1781


Carte éditée à Madrid en 1781
dimensions approximatives : 80 cm (haut) x 51 cm (large)

Longitudes :
1 - cadre supérieur : Occidentale de Paris, Occidentale de Londres,
2 - cadre inférieur : Occidentale de Madrid, de l'Île de Fer, du Pic de teide ou de Ténérife

Lopez explique longement dans un commentaire approprié les arbitrages auxquels il a dû souscrire pour la détermination astronomique des îles caraïbes. Il donne les principales sources, principalement anglaises et françaises, sur lesquelles il s'est appuyé. Dans l'encadré consacré à ses observations, le géographe Lopez note surtout les défauts et les incohérences des cartes de l'hydrographe du Dépôt de la Marine Jacques-Nicolas Bellin, qui sera également très critiqué par ses contemporains et pairs (Eveux de Fleurieu notamment). Je vous propose ci-après une traduction toute de mon cru (qui j'espère n'écorne par trop le propos du géographe espagnol) :


Bien qu'il y ait des observations astronomiques pour fixer la longitude et la latidude de certaines des îles des Petites Antilles, les géographes n'ont pu les positionner sur les cartes avec toute l'exactitude que requiert une navigation sûre et précise. Ceux qui connaissent l'utilité des cartes marines et qui s'en servent, espèrent depuis longtemps des observations astronomiques pour les îles qui en sont jusqu'à présent dépourvues. Cette espérance est fondée sur sur le fait que les puissances coloniales sont non seulement pétries de sagesse mais aussi de générosité et qu'elles mettront au profit de l'humanité leurs différentes découvertes.

Je dirai dans ce court propos ce qu'il faut savoir au sujet de la réalisation de cette carte.
Les déterminations en longitude et en latitude de la Martinique qui ont été utilisées par l'hydrographe français JN Bellin sont différentes d'une carte à l'autre, par exemple dans sa carte du Golfe du Mexique de 1749, dans celle des Antilles de 1758, dans celle de la Martinique de la même année, et dans celle de l'Océan Occidental de 1766.
Ce peu d'homogénéïté dans les oeuvres d'un même auteur est très singulier, il le serait moins si ces différences étaient étayées par des explications claires. Je dis cela parce qu'il me semble que l'amélioration de la géographie consiste dans la production de nouvelles déterminations fondées sur des relevés de meilleure qualité. Finalement, pour la Martinique, j'ai adopté la latitude et la longitude qui se rapprochent le plus de celles relevées par le Père Feuillée

L'emplacement et la forme de l'île de Sainte-Lucie provient de la publication anglaise du géographe Thomas Jefferys publiée en 1775, qui semble la plus exacte à ce jour. J'ai copié l'île de Saint-Vincent de la carte anglaise parue en 1773 suite au traité entre les anglais et les caraîbes. La magnitude de l'île de la Barbade n'est pas unique et diffère selon divers auteurs britanniques. J'ai préféré entre toutes celle du géographe Emmanuel Bowen. Pour l'île de la Grenade je vous restitue le plan exact qu'a fait dresser en 1763, son gouverneur M Georges Scott.
Il y a entre l'île de Saint-Vincent et celle de la Grenade de nombreux petits îlots de différentes tailles dont les détails sont peu sûrs quelle que soit la carte utilisée, si bien que les marins sont contraints de manier ces cartes avec la plus grande prudence. Seuls les documents anglais publiés sur l'île de Tobago méritent considération. L'île de la Dominique est réduite du grand plan de John Byres levé en 1776.

La forme et la localisation de l'île de Marie-Galante provient de la carte des Antilles de JN Bellin de 1758, de même que celle des petites îles de l'archipel des Saintes. La position et la forme de l'île de la Guadeloupe provient également de la carte de 1758, la latitude n'y est pas la même que dans la carte du Golfe du Mexique, ni dans de celle des Antilles, ou bien dans celle de l'Océan Occidental. Le Père Ricciolo, le Chevalier de Jaucourt et d'autres géographes ont par ailleurs donné une latitude pour cette île à deux degrés plus septentrionnal que sa position réelle.
L'île de la Désirade, celle de Monserrat et la Redonda sont tirées de la carte des Antilles de Bellin. Dans la carte de l'Océan Occidental de de Bellin parue en 1742, il est donné une vigie à une latitude proche de celle du centre de la Désirade, ce danger paraît douteux. La baie et la ville de Falmouth qui est située sur la côte méridionnale de l'île d'Antigue diffère de 27 minutes de longitude entre la carte particulière de cette île et celle Générale des Antilles faites toutes deux par Bellin.

Les auteurs anglais ne sont pas d'accord entre-eux quant à la longitude et à la latitude de l'île de la Barbude. La carte la plus exacte de Saint-Christophe est celle du géographe Emmanuel Bowen. En 1758, JN Bellin a produit une carte de cette île dans laquelle il a commis une importante erreur d'un degré de longitude, le 64e degré devant être compris comme le 65e degré.

etc ....



2 - Cartes Espagnoles disponible à la B.N.E -

Carta Espherica, que comprehende las Costas de la Provincia de Venezuela, y sus agregadas, con las Yslas adyacentes, y las de Barlovento : para el uso del S.D. Manuel de Guevara, y Vasconzelos, Mariscal de Campo de los Rs. Extos. Governador y Capitan gral. de dichas Provincias.
Agosto de 1801 (août 1801)



Carta Espherica - août 1801


dimensions approximatives : 50,5 cm x 51 cm
carte : manuscrite et colorée
particularités : les longitudes sont calées sur deux méridiens. Le premier celui de Cadix (Cádiz) et le second celui de Trinidad (Castillo de S. Andrés en la isla Trinidad).

Les méridiens et les parallèles se croisent à angle droit.
présences de quelques sondes (notamment à l'île d'Aves, et à celle de Saba).

Différenciation chromatique des possessions européennes : à noter que l'auteur indique dans le titre de la carte que l'île de Saint-Domingue (Santo Domingo) n'a pas de couleur car il ignore sous qu'elle domination elle est lors de la confection de la carte (voir l'histoire d'Haïti & de Saint-Domingue). L'indépendance sera acquise en 1802.