Biographie sommaire des Géographes, Hydrographes et Cartographes.



Partie II : les Cartographes étrangers



Les Flamands et Allemands




Willem Janszoon Blaeu (1571, 1638)
Johannes Blaeu (1596, 1673)

La famille Blaeu est originaire des Pays-Bas. Elle est particulièrement célèbre pour avoir atteint l'excellence dans l’art cartographique. Le Fondateur de la petite mais glorieuse dynastie des Blaeu fut le cartographe de la Cie Hollandaise des Indes Orientales entre 1633 et 1634 : c'est-à-dire Willem Janszoon Blaeu. L'histoire des Blaeu est profondéfement liée à celle de la VOC [Verenigde Oostindische Compagnie] fondée en 1602. C'est la toute première société de l'histoire dont les actions pouvaient s'échanger entre les multiples détenteurs, en faisant par la même, le prototype des sociétes anonymes contemporaines.


Willem Janszoon Blaeu (1571, 1638) a été l'élève de Tycho Brahé, le célèbre astronome danois. Á ses début, en 1596, W.J. Blaeu s'établit à Amsterdam, et entre dans les affaires en fabricant des globes terrestres et des instruments scientifiques (astrolabes, boussoles, ... ).

Au tout début du XVIIe siècle, il se dote d'une presse avec laquelle il développe une production de cartes marines et de livres. Dès lors, les cartes de la maison Blaeu seront reconnues pour leur précision et l’attention qui est portée à tous les stades de la production. Elles sont imprimées sur des papiers de qualité supérieure et comportent des gravures d’une grande finesse artistique. Les Blaeu ne négligeront pas pour autant la production de cartes marines sur parchemin ou sur vélin, pour la plupart manuscrites. Elles aussi sont empreintes de précision et de grande finesse. La maison d’édition et d'impression acquiert rapidement une réputation amplement méritée.

Spécialisé dans les cartes marines, la maison Blaeu publie également de nombreux Atlas, parmi lesquels :

Licht der Zeevaert en 1606.

Eeste deel der Zeespiegel en 1623

Atlantis Appendix en 1630. cet atlas avait pour bases les gravures sur cuivres que Willem Janszoon avait acheté à Jodocus Hondius.

En 1630, son fils aîné [Johannes] le rejoint dans les affaires. Ensemble, ils commencent à produire des cartes qu'ils signent conjointement. En 1634, ils entament la publication du fameux « Theatrum Orbis Terratum ou Novus Atlas », qui contenait dans les premières versions, pas moins de 208 cartes contenues dans 2 énormes volumes. Cet Atlas a été produit : en latin ; en français (Le théatre du Monde) ; ainsi qu'en allemand. Les versions suivantes furent encore plus fournies, puisqu'on dénombrait 4 volumes dans l'édition de 1645, puis 12 volumes dans celle de 1662, avec 593 cartes et près de 3 000 pages de commentaires. Les dernières versions de cet Atlas sont plus connues sous le nom d'Atlas Major

Á la mort de Willem Janzsoon en 1638, ses fils Johannes (1596, 1673) et Cornelius (décédé en 1644) prennent la suite dans les affaires de la maison Blaeu. Ils maintiennent la tradition, et la firme reste au sommet de sa gloire.

Johannes ou Johann ou encore Joan Blaeu (dit Johan Blaeu I) sera également 1er cartographe de la VOC entre 1638 et 1672. Son fils ,Johan Baeu II, lui succèdera dans la fonction en 1672. Ce dernier pratiquera à la VOC jusqu'en 1705. Puis succèderont : Isaac de Graaf en 1705 et les Van Keulen, entre 1714 et 1799, date de la cessation de la VOC.

En 1672, les catastrophes se succèdent. Un incendie dévaste les ateliers, les pertes sont irréparables (cartes, cuivres, ...). Par ailleurs les appuis politiques se délitent ou sont moins actifs, et la santé de Johannes Blaeu I se détériore. Les deux fils, dont Johan Blaeu II reprennent l'affaire familiale, mais ils ne parviennent pas à maintenir la qualité de la production face à la nouvelle concurrence vers laquelle se tourne leur clientèle.

Principaux travaux :


Licht der Zeevaert en 1606.

Eeste deel der Zeespiegel en 1623

Atlantis Appendix en 1630.

Theatrum Orbis Terratum ou Novus Atlas [le Théâtre du Monde ou l'Atlas Nouveau] paru en 1634-35
et nombreuses rééditions.





Hessel Gerritz (ca 1581, 1632)

Hessel Gerritz débute sa carrière de graveur à Alkmaar comme apprenti du trop célèbre Willem Janszoon Blaeu. Il suivra ensuite l'atelier du fameux géographe lors de son déménagement et transfert à Amsterdam. En 1610, on retrouve H. Gerritz à la tête de sa propre entreprise d'impression. Il participe alors à la réalisation des Atlas des principaux cartographes de la cité.

Grace à ses talents et à son savoir faire reconnu, Gerritz sera nommé, en octobre 1617, cartographe exclusif et officiel de la Cie des Indes néerlandaise, la VOC pour Verenigde Oost-Indische Compagnie. Il y oeuvrera jusqu'à son décès en 1632, son ancien patron Willem Janz Blaeu lui succèdera dans la fonction.

Son emploi officiel à la VOC ne l'empêche pas de travailler également pour l'autre Cie : la WIC [pour West Indische Compagnie dès sa création en 1621. Il en sera également le cartographe officiel. Il entamera alors une collaboration étroite avec Johannès de Laet, principal dirigeant de la WIC.

Dès son entrée la VOC, H Gerritz a eu accès à une mine d'information considérable. Les principaux documents maritimes, les relations de voyage, les journaux de bord, etc ... précieuses pièces et observations rapportées par les navigateurs flamands qui sillonnnent toutes les mers du monde. Ces informations passent entre ses mains pour analyse et exploitation.

Á côté de son rôle très prenant de compilation comme hydrographe et cartographe de la VOC, Gerritz participe activement à la réalisation d'une publication qui préfigure les Atlas flamands : le Nieuwe Wereldt [soit Le Nouveau Monde] de Johannès de Laet. Cet ouvrage paraît pour la première fois en 1625 et sera ensuite maintes fois réédité. Aux alentours de 1630, il dresse également une carte des Antilles pour « La Description des Indes Occidentales » (Beschrijvinghe van West-Indiën) de J de Laet.

Gerritz au contraire de nombreux cartographes de cabinet, sédentaires par définition, se projette à l'occasion sur le terrain. Il aurait suivi plusieurs expéditions de la Cie notamment aux Amériques et dans les Caraïbes. On le rencontre ainsi dans les années 1628 et 1629 au Brésil puis dans la zone Caraïbe. Il en profite pour dresser de nouvelles cartes et mais également pour corriger celles (manuscrites ou non) dont il a des exemplaires et qu'il est en charge de vérifier. Á son retour il produit la très intéressante carte des caraïbes (Pascaart Vande Caribes Eylanden, 1631) qui sera abondamment reprise et copiée par ses confrères.





Arent Roggeveen (inc, 1679)

Arent est né aux Pays-Bas à Delfshaven. Il habite Middelburg dès 1658. Cette ville était alors un centre important du commerce international, notamment avec les colonies hollandaises des Indes Orientales et Occidentales. Les grandes Cies néerlandaises y avaient, bien entendu, chacune leur comptoir.

Arent Roggeveen était un scientifique qui s'est adonné à la cartographie et à l'hydrographie. Il devient professeur de navigation à Middelburg et enseigne cet art aux nombeux pilotes des Cies qui désirent apprendre et se perfectionner. Ces relations lui permettent d'avoir connaissance des nouvelles découvertes et des routes maritimes les plus sûres. Il entame alors un travail de compilation qui va lui permettre de synthétiser les connaissances autour des routes transatlantiques à destination de l'Amérique du Nord et des Caraïbes. Ce travail et les cartes qui l'accompagnent sera édité par la firme de Pieter Goos en 1675. Arent Roggeveen meurt en 1679. Son oeuvre sera poursuivie par Jacobus Robijn (le successeur en sorte de P Goos).

On peut noter qu'Arent est le père de Jacob Roggeveen qui (1659, 1729) qui à l'âge de 62 ans s'embarqua dans une expédition maritime destinée à découvrir et à mieux connaitre les contours de la Terra Australis pour le compte de la Cie néerlandaise des Indes Occidentales. Trois bâtiments composent cette expédition qui commence en 1721 et s'achève en 1723 après de multiples péripéties. Cette expédition découvrit, entre autre, l'île de Pâques.





Hendrick Doncker (1626, 1699)

Hendrick Doncker, fut l'un des principaux éditeurs de cartes marines implantés à Amsterdam durant la dernière partie du XVIIe siècle. Il commence sa longue carrière en exerçant jusqu'à l'âge de 50 ans le métier de libraire, il s'oriente ensuite vers l'impression et l'édition. Il ne délaisse pas pour autant ses premières activités mercantiles. Il semble qu'il fut également fabricant et vendeur d'instruments de marine. Certains spécialistes des cartes flamandes lui prêtent des qualités d'hydrographe qu'il aurait mis au service des cie maritime célèbre.

Le nom de son entreprise in 't Stuurman Gereeschap, se retrouve sur une bonne partie des cartes qu'il publie. Notamment sur la carte du Zee-Atlas représentant les îles Caraïbes. Celle-ci est dépourvue de titre explicite. Dans un cartouche spécifique Doncker y met la marque de son entreprise : T’Amsterdam / Bij Hendrick Doncker / Boeckverkooperen Graadboogh / Maeker, inde Nieuwbrugh fleech / in t’Stuurmans Gereeschap / Anno 1658

Le terme "in t’Stuurmans Gereeschap" semble être la raison sociale de l'entreprise. Le mot Stuurmans aurait la signification du terme de marine "pilotes".

H. Doncker, comme beaucoup d'éditeurs néerlandais de cette époque, parvient à prendre une place respectable dans le juteux marché des atlas, et des cartes marines.
En 1655 sa première publication, De Lichtende Columne ofte Zee-Spiegel obtient un large succès grace à sa collaboration Pieter Goos. Toujours en collaboration avec P Goos, Doncker publie ensuite en 1666 le Zee-Atlas ofte Water-Waereld.

Ces différents Atlas connaîtront de multiples rééditions, dans la plupart de celles-ci figureront des cartes corrigées ou actualisées, c'est à dire revues avec les dernières observations ou avec les informations les plus fraîchement recueillies. La qualité des cartes publiées par Hendrick Doncker sera reconnuee par ses pairs et ses clients.

Lorsqu'il décède en 1699, la majeure partie de son fond (cartes et cuivres) aurait été rachetée par Johannes Van Keulen.





Arnold Colom (1624, 1668)

Arnold est le fils de Aertz Jacob Colom (1600, 1673) qui était né à Dordrecht et s'était installé comme libraire dans la florissante cité d'Amsterdam dès 1622. Jacob Colom profitant du développement des activités économiques liées à la cartographie et l'hydrographie, entra dans la carrière de cartographe, et développa ses activités d'imprimeur, et accessoirement de constructeur de globes terrestres. Il publia lui-même quelques atlas maritimes.

Son fils Arnold, continua dans la carrière mais s'orienta davantage comme graveur de planches. Il gravat vers 1658 de nombreux cuivres (au moins 18) du "Zee-Atlas ofte water wereldt". La carrière d'Arnold fut toutefois relativement courte, il meurt à 44 ans laissant derrière lui une dette assez importante semble-t-il.




Johannes Van Keulen I (1654, 1711-15)

Gérard Van Keulen (1678, 1726-27) fils de Johannès (I)

Johannès Van Keulen II (1704, 1755), période de production de 1726 à 1755. Petit fils de Johannès (I).


Les Van Keulen sont des cartographes et hydrographes hollandais dont la réputation est solidement assise, dès l'origine, sur un savoir faire exceptionnel.

Johannes Van Keulen, de son premier état est libraire-éditeur à Amsterdam. Il a fondé l'entreprise familiale en 1678. Ses premières publications sont spécialisées en cartes nautiques et en atlas maritimes (le Zee-Atlas de 1680 est la première publication réalisée par les Van Keulen).

Le fils de Johannes, Gérard, est reconnu comme un expert en gravures et en mathématiques. Gérard succède à son père à la tête de l'entreprise familiale en 1704. En 1714, il est nommé cartographe de la Cie des Indes Orientales (Verenigde Oostindische Compagnie) succédant ainsi à Isaac de Graaf.

Dès la création de l'entreprise familiale, J.VK publie son premier atlas : le Zee Atlas en 1680, qu'il enrichit et actualise constamment durant les années qui suivirent. Le Zee-Atlas fut imprimé de 1680 jusqu'à 1734 par les héritiers et membres successeurs de la glorieuse famille.

La seconde grande réalisation des Van Keulen eut une longévité encore plus extraordinaire : le « Nieuwe Groote Lightende Zee fakkel » oeuvre plutôt conséquente. Elle commence également vers 1680. Elle finit par devenir si importante qu'elle atteignit dans ses dernières versions 5 volumes. La production du « Zee Fakkel » fut reprise et remaniée d'abord par Gérard Van Keulen. Il y introduisit la projection de Mercator, ajouta le tracé des rivières, l'indication des profondeurs, etc. Le Zee Fakkel a été ensuite constamment revisé par les successeurs. Sa production a continué jusqu'au début du XIXesiècle (1803). À noter que vers le milieu du XVIIIe siècle, la VOC qui préconisait jusqu'alors à ses pilotes l'emploi de cartes manuscrites, décida finalement d'adopter les cartes imprimées notamment celles du « Zee Fakkel ». Cette mesure, alors que Gérard Van Keulen était le cartographe officiel de la VOC, donna un nouveau souffle aux affaires familiales.

La firme du patriarche Johannes prospéra sous sa forme originelle jusqu'en 1823. Entre temps [en 1693] elle avait racheté le fonds d'un autre célèbre cartographe et fabricant d'instruments : Hendrick Doncker (1626, 1699). Á partir de 1823, l'entreprise fut restructurée, elle continua néanmoins son commerce jusqu'en 1885 où elle disparu finalement avec les derniers héritiers directs, le principal de ses biens fut vendus aux enchères.

Principaux travaux :




Pieter Goos (ca 1615, ca 1675)

Fils d'Abraham Goos faisant profession de graveur-imprimeur à Anvers puis à Amsterdam, Pieter nait aux environ de 1615-16. Son père Abraham était employé par l'élite des cosmographes et/ou cartographes néerlandaise, pour la production d'atlas, réputés alors les plus fameux et les plus exacts au monde.
Pieter se frotte donc, dès sa plus tendre adolescence, à ce milieu affairiste et "scientifique" réputé fermé qu'est le monde des éditeurs de cartes. Quand il reprend, dans un premier temps, les activités de gravure paternelles, qu'il développera sans cesse, il est déjà bien perçu comme l'un des entrepreneurs les plus talentueux de son pays.
Il spécialise alors son entreprise dans la gravure, l'impression et la publication de cartes marines qui demandent un savoir faire particulier. A côté du métier de graveur, il étend paralèllement l'activité de son établissement, par le rachat de cuivres gravés, notamment ceux de l'atlas "De Lichtende Columne oste Zee Spiegel" qu'il actualise et continue de publier.
Reconnu par la profession, il s'associe avec les meilleurs éditeurs hollandais, notamment Hendrick Doncker, pour réaliser les nouvelles versions du Zee Spiegel qui connaitra, dès lors, de multiples rééditions en différentes langues (latin, allemand, français, hollandais ...).
C'est Pieter Goos qui introduira dans les différentes versions de ces atlas, les premières cartes marines décrivant des côtes non européennes (Amériques, Antilles, ...). Ces cartes de l'outre-mer auront été compilées, en général, par le célèbre cartographe Arent Roggeveen (père de Jacob Roggeveen qui découvrit fortuitement l'île de Pâques).
En 1666, Pieter Goos produit son oeuvre majeure : le Zee Atlas oste Water Weereld. Cet ouvrage est tout de suite considéré comme le meilleur atlas maritime de son temps. Celui-ci a regroupé, là aussi, les contributions des principaux et majeurs cartographes hollandais.

En 1675, Goos commence la publication du Het Brandenden Veen. La réalisation de cet atlas est mémorable puisque celui-ci contient des informations maritimes cruciales tirées de la capture de galions espagnols par la flotte de la Cie des Indes Néerlandaise. Les néerlandais ont ainsi récupéré de précieuses cartes espagnoles. P Goos mourant la même année, sa veuve (jusqu'en 1677) puis son fils prénomé Hendrick (jusqu'en 1680) continueront partiellement son oeuvre. Le fond et les droits de publication seront ensuite cédés à Jacobus Robijn qui reprendra le flambeau.

Les cartes marines publiées par Pieter Goos ont, largement et surtout longtemps, été utilisées par l'ensemble des pilotes européens. Certaines compagnies maritimes les ont d'ailleurs largement utilisées jusque vers le milieu du du XVIIIe siècle. On sait, par exemple, que la Cie des Indes française s'est procurée des exemplaires de la carte de l'Océan Indien de P Goos jusqu'au milieu du XVIIIe, alors que les premiers exempaires de celle-ci avaient été tirés en 1690 et actualisés par Van Keulen en 1710. Il faudra attendre la publication des travaux de D'Apres de Mannevillette pour que ceux-ci supplantent ceux-là (du moins pour l'Océan indien).
Le Père Laval mentionne clairement dans sa relation "Voyage à la Louisiane fait par Ordre du Roy en 1720" que les cartes imprimées par Pieter Goos faisaient partie du jeu indispensable à la navigation maritime. Même s'il reconnait que ces cartes sont loin d'être exactes...

Principaux travaux :




Henri Abraham Châtelain (1684, 1743)

Atlas : «Atlas Historique ou Nouvelle Introduction à l'Histoire, à la Chronologie, à la Géographie Ancienne et Moderne, Représentée dans de Nouvelle Cartes où l'on remarque l'Etablissement des Etats et Empires du Monde, leur Durée, leur Chute et leurs Différens Gouvernemens».
En sept volumes, moitié atlas, moitié encyclopédie, cet ouvrage est l'une des plus importante et massive composition de cette période.

D'abord publié a Amsterdam en 1705 Chez François L'Honoré et Compagnie, puis en 1708 Chez les Frères Châtelain, l'atlas a été imprimé en 1718 par Chez L'Honoré et Châtelain, fusion des deux précédents.
Il a ensuite été réédité à plusieurs reprises. On constate que les associations ou les fusions caractéristiques des mouvements de concentration économique dans le secteur de l'imprimerie n'étaient donc pas inconnus au XVIIIe siècle.




Johann Georg Schreiber (1676, 1745)

Principaux travaux :

Atlas Selectus - 1740 et réédition en 1749 à Leipzig

Das Brittische Reich In America - (3 éditions) deux en 1761, et une en 1771. Ces éditions contiennent 3 cartes dressées par JG Schreiber, dont la carte des Îles Caraïbes : "Die Caribischen Insuln in Nord America"




Nicolas Jansz Visscher II (1649, 1702)

La dynastie des Visscher:
Claes Jansz Visscher (1587, 1652)
le fils : Nicolaes I Visscher (1618, 1679)
le petit fils : Nicolaes II Visscher (1649, 1702).

Pendant presque un siècle les membres de la famille Visscher ont été d’importants concepteurs et éditeurs de cartes publiées à Amsterdam. Le fondateur de la dynastie C J Visscher a été l’élève de Jodocus Hondius et de Pieter Van Den Keere.

Aux environs de 1620 CJ Visscher dresse un certain nombre de cartes géographiques, l’ensemble des îles britanniques y est compris. Son premier atlas reprend par contre des cartes de Pieter van den Keere auxquelles il ajoute les derniers relevés connus.

CJ Visscher agrémente ses cartes de scènes historiques, notamment de batailles navales et de sièges de villes, scènes qui lui donnent une certaine notoriété. Après son décès en 1652, son fils Nicolaes I et ensuite son petit fils Nicolaes II continuent de gérer les affaires familiales. Ils produiront tous deux un nombre important d’atlas constamment révisés et enrichis.

Nicolas Jansz II succède officiellement à son père lors de la mort de celui-ci en 1679. Père et fils avaient oeuvrés conjointement durant de nombreuses années. Comme son père, Nicoles II travaillera jusqu'à son décès en 1686. L'auteur de la carte de la Martinique est cependant bien Nicolas II et non son père Nicolas I comme certaines personnes peuvent le croire.

Quand Nicolas II décède, sa veuve, Elizabeth, tentera de maintenir la tradition et gèrera la firme familiale jusqu'en 1726. Rééditant la plupart des cartes possédées par la maison Visscher. Elle passera finalement la main à Pieter Schenk avec lequel elle s'était associé dès 1717.

Principaux travaux :




Matthäus Seutter (1729, 1760)

Georg Matthäus Seutter fut l’un des plus importants cartographes allemands de son époque. Il a été nommé Géographe de la Cour Impériale. Son fils Albrecht Carl s’est joint à lui dans les affaires et ils produisirent ensemble de nombreuses cartes. La plupart des cartes furent gravées par Tobias Conrad Lotter (1717, 1777), beau-frère d'Albrecht et donc gendre de Matthäus. Lotter continuera seul la gestion de la firme après le retrait des affaires d'Albrecht Carl Seutter.

Principaux travaux :




Les Héritiers de Homann (Homann’s hiers)

Après le décès de Jean-Baptiste Homann (1663, 1724), la direction de sa maison (fondée en 1702) est exercée par son fils Jean-Christophe (1703, 1730). A sa mort, celui-ci remet par testament la firme aux mains de Johan Georg Ebersberger (1695, 1760), son beau-frère, et Johan Michael Franz (1700-1761). Ils dirigent dorénavant l'établissement sous le nom d'Héritiers Homann.

En 1755, J.M. Franz se retire pour laisser la place à son frère. Au décès d’Ebersberger en 1760, c'est le beau-fils de ce dernier qui lui succède. Ebersberger et Franz maintiennent en général une production de qualité à leurs cartes sauf durant une courte période où les cartes apparaissent moins élaborées (1755-1760). A partir de 1769, la production s'oriente vers des atlas régionaux. La firme des Héritiers de Homann fermera ses portes en 1852.

Les successeurs de Ebersberger, Johann Baptist et Johann Christof ont publié le Grosser Atlas en 1731 et en 1737. Geographica Maior en 1759 et l’Atlas Homannianus en 1762.

Principaux travaux :




Izaak Tirion (1705, 1769)

Isaak Tirion est un cartographe et éditeur hollandais de la ville d'Amsterdam qui a connu un certain succès. Il a publié un atlas intitulé "Nieuwe en beknopte hand-atlas, Bestaande in eene Verzameling van eenige der algemeenste en nodigste landkaarten….na de laatste ontdekkingen van De L'Isle en anderen opgesteld" qui a été édité au moins à six reprises entre 1740 et 1784. Cet Hand-Atlas s'inspire très fortement des travaux du cartographe français Guillaume de l'Isle.

Dans un autre ouvrage dont le titre flamand est "Tegenwoordige staat van alle volkeren" et tiré à partir de 1769, l'auteur présente une série de descriptions des différents pays connus et de leurs habitants. Cet ouvrage sera décliné pour l'Amérique sous le nom de «Tegenwoordige staat van America».




Willem Albert Bachiene (1712, 1783)

Cet hollandais particulier a étudié la théologie à l'université d'Utrecht, il notamment été en charge de fonctions ecclésiastiques et a également servi comme aumônier dans l'armée.

En 1764 il est engagé comme professeur d'astronomie et de géographie dans l'illustre école de Maastrich.

Il réalise plusieurs ouvrages à caractères géographiques, notamment un atlas sur la République des Provinces Unies. Son ouvrage principal et également posthume est publié par l’imprimeur d’Amsterdam Mathijs Schalenkamp en 1785. Il contient 60 cartes (dont 24 des Amériques) dont la plupart sont des reprises des travaux cartographiques de Emmanuel Bowen et de Thomas Kitchin, les deux cartographes anglais les plus réputés du milieu du XVIIIe. Les cartes de cet ouvrage ont été gravées par J Van Jagen, elles sont datées de 1769 à 1785.




Pierre Mortier (,1721), son fils Cornelus (1699, 1783) et David Mortier (1661, 1711)

Pierre et David Mortier ont été d'importants éditeurs et imprimeurs de cartes à Amsterdam. Ils sont d'origine française (Paris).
Pierre a passé la majeur partie de son temps en France où il avait édifié une florissante affaire presque avangardiste : une chaîne de librairies. En Angleterre, David s'était essayé à l'édition et à l'impression.
A Amsterdam, ils ont publiés tous deux de nombreux livres, textes, gravures et cartes dans principaux styles de l'époque (anglais, flamands, français...).
Après la mort de David en 1711 et celle de Pierre en 1721, l'affaire familiale passe dans les mains de Cornelus Mortier (fils de Pierre) qui s'associe avec l'imprimeur Johannes Covens. Cornelus avait épousé la soeur Johannes en 1721.

De cette association, naît la maison "Covens et Mortier" qui devint dès lors l'imprimerie la plus importante de Hollande. Elle est connue pour sa prolifique production. "Covens et Mortier" réimprima les oeuvres de géographes tant contemporains que disparus tels Nicolas Sanson, Alexis-Hubert Jaillot, Guillaume Delisle, les Visscher, Frédéric de Witt.
La maison "Covens et Mortier" a également publié des plans des principales villes européennes et du monde, des atlas de toutes tailles. Elle a continué à fonctionner jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Pour certains auteurs contemporains, les Covens et Mortier ou leurs prédécesseurs procédaient de façon plutôt cavalière en plaggiant très rapidement et très directement les travaux parus dans les dernières publications d'auteurs célèbres. On se demande même, dans certains cas, si les graveurs des différents pays n'étaient pas grassement soudoyés par les hollandais afin qu'ils transmettent directement des copies à l'entreprise d'Amsterdam. On dit que certaines copies seraient même parues avant les originaux !!!
La fructueuse firme n'hésitait pas à contrefaire les oeuvres, au besoin à modifier les dates et les noms des auteurs... La gravure était parfois reproduite à peu de frais et donc sans grand déployement de qualité, seule comptait la rapidité de la mise sur le marché....
Une partie des spécialistes actuels considère donc la production des Covens et Mortier comme relativement médiocre. Mais on sait cependant que cette qualité a varié en fonction des périodes.
Par exemple, la contrefaçon du Neptune François (1693) a plutôt été dommageable à l'oeuvre et l'a amplement désservie. La qualité de la production néerlandaise n'y était pas. Les planches du Neptune contrefait à Amsterdam ont ajouté de nombreuses erreurs et imperfections que ne contenaient pas les originaux.





Les Cartographes Britanniques


John Seller (1630-32 , 1697)

John Seller a entamé sa vie professionnelle d'abord comme fabricant de boussoles, d'instruments nautiques et de navigation. Il a été ensuite nommé hydrographe particulier du roi Charles II.

Il est reconnu comme le précurseur, outre-manche, des éditions cartographiques à caractère maritime. Il s'est pour cela largement inspiré des exemples qu'ont pu lui fournir les grandes maisons d'éditions hollandaises telles que les Blaeu ou les autres cartographes comme Frederick de Wit, Peter Goos, Arnold Colom ... Dans ce registre il publie, dès 1671, l'English Pilot, puis l'Atlas Maritimus en 1675.

Mais s'il excellait dans la cartographie et l'hydrographie, Seller était piètre négociant. Á vouloir trop en faire et à multiplier les projets ambitieux, il fit faillite en 1677. Il est alors obligé de faire appel à des soutiens financiers extérieurs. C'est ainsi que John Thornton et William Fisher entrèrent au capital de la société de Seller. Le redressement ne fut que de courte durée puisque en 1679 la société a finalement été dissoute et son actif réparti entre créanciers et associés. W. Fisher conservant seul les droits d'édition de l'English Pilot et de Atlas Maritimus.

John Seller continue ensuite ses activités commerciales, mais ses affaires ne décollèrent pas, tandis que ses anciens associés sont parvenus à propérer, avec les projets qu'avait initiés John Seller : notamment l'English Pilot.





Henry Popple (1705 ?, 1743-1745)

On ne sait apparemment que très peu de choses sur Henry Popple. Sa principale et presque unique contribution à l'aventure cartographique se résume par la publication vers 1733-1734 d'une superbe et très grande carte intitulée «A map of the British Empire in America With the French and Spanish Settlements Adjacent Thereto». Cette carte présente, dans un carton particulier, le plan du Cul-de-Sac Royal de la Martinique. Les données contenues dans ce plan accusent une franche proximité avec celle accompagnant la publication du père Laval «Voyage de la Louisiane, fait par ordre du roy en l'année 1720» parue en 1728 chez Mariette à Paris.

Comme le souligne M. Popple, sa carte a été supervisée et validée par le fameux géographe et astronome Edmond Halley. M. Popple s'est employé à exploiter les meilleures sources disponibles (donc celles de Laval) et les plus fraîches. La plupart des informations proviendraient de celles qu'ont communiquées les différents gouverneurs des colonies à la commission des Lords pour le commerce et les plantations.

Juste retour des choses, la carte de Popple sera elle aussi copiée par de célèbres géographes. Ph. Buache reprendra ainsi , en 1740, bon nombre des cartons présentés dans la célébrissime carte de Popple. Il contribuera ainsi à la reproduction de la carte erronnée du père Laval

Henry Popple serait né en Angleterre vers 1705 et décédé en 1745. Parmi ses proches parents (père & frères) certains semblent avoir fait souche aux Antilles (Bermudes) et pourraient y avoir eu des fonctions importantes.



Thomas Jefferys (ca 1695, 1771)

Thomas Jefferys a été l'un des plus importants éditeurs de cartes anglais du 18e siècle. Il a commencé sa carrière au début des années 1730 en travaillant comme graveur en taille douce pour les éditeurs de cartes et d'estampes de Londres. Puis il a créé sa propre entreprise d'édition tout en maintenant ses activités de graveur. En 1746, ses qualités de graveur-cartographe, et les travaux de compilation qu'il a produit, lui permettent de devenir géographe du prince de Galles, puis en 1760, d'accéder à celui de géographe du roi d'Angleterre.

Il a publié la “ Natural and Civil History of the Frenchs Dominions in North and South America giving a Particular Account of the Climate, Soil, Minerals, Vegetables , Manufactures, Trade, Commerce and languages. Together with Religions, Government, Genius, Character, Manners and Customs of the Indians and Others Inhabitants ”, publication imprimée à Londres en 1760.

Dans cet ouvrage, Thomas Jefferys décrit avec talent les richesses qu'apportent les possessions françaises des Antilles. Selon certains historiens, cet ouvrage aurait fortement aiguisé les appétits des anglais pour enlever à la France l'un des fleurons de son économie sucrière.

Durant ses années d'activité, Thomas Jefferys s'était associé à l'éditeur et cartographe William Faden (1750, 1836). Faden fera paraître en 1793, plus de vingt ans après la disparition de Jefferys, le « Petit Neptune Français », dans lequel il s'attribuera la plupart des cartes en les signant de son nom, alors que bon nombre auront été dressées et gravées par Jefferys lui-même. Jefferys s'était aussi associé avec l'éditeur londonien Robert Sayer qui a réédité de nombreuses cartes gravées par le géographe du roi d'Angleterre.

La fameuse carte de la Martinique de Jefferys qui est datée de 1775 a d'ailleurs été éditée après sa mort par Sayer et Bennet à Londres. La première version possède un carton montrant la baie du Fort-Royal. Á partir de 1794, l’imprimerie « Laurie & Whittle » produira la deuxième version. Celle-ci comporte alors un carton supplémentaire : celui de la baie du Robert.

La carte de la Martinique de Jefferys été reprise par Le Rouge qui l’a traduite en français. La première version française composée par Le Rouge paraîtra en 1779, elle sera imprimée à Paris. Durant la révolution française l'atelier Le Rouge cesse d'émettre. Le Sieur Le Rouge lui même disparaît sans laisser de traces. Apparemment, c'est l'imprimeur Charles Dien qui aurait repris le fond puisqu'en 1799, l'atelier du nouvel imprimeur produit une seconde version de la carte de Jefferys [très vraisemblablement à partir du cuivre de Le Rouge]. Cette seconde version a été actualisée avec les observations et les déterminations astronomiques faites lors de la mission de la Flore (1771 et 1772) par l'équipe de scientifiques français (MM Verdun, Borda, Pingré).

Principaux travaux :




Louis Stanislas d'Arcy de la Rochette (1731, 1802)

Comme son nom ne l'indique pas, de la Rochette était au XIXe siècle, considéré comme l'un des plus illustres géographes d'Angleterre, au même titre que le fameux Alexander Dalrymple (1737, 1808) ou encore que James Rennell (1743, 1830). D'Arcy aurait été l'ami du «Libérateur» sud-américain Francisco de Miranda, qu'il a rencontré lors des guerres d'indépendance des pays d'Amérique latine. Il a y séjourné durant quelques années, notamment au Vénézuela. Il aurait été souvent qualifié de français par ses fréquentation sud-américaines pour lesquelles sa maîtrise de la langue française ne semblait pas laisser de doute quant à sa naionalité.

Cependant De la Rochette (1731, 1802) était bel et bien un cartographe et un graveur britannique renommé à Londres. Etait-il issu d'une famille française "immigrée" en Angleterre après la révocation de l'Edit de Nantes ?

Quoîqu'il en soit, bien avant la Révolution Française il travaille avec Faden et collabore au «General Atlas», pour lequel il dressera de nombreuses cartes marines et géographiques.

Les travaux du navigateur-géographe «de la Rochette» (également graveur à ses heures), seront publiés en général par la firme de William Faden, le fameux successeur de Jefferys. Ce dernier avait embauché de la Rochette pour assurer un certain nombre de publications, notamment des cartes marines.

De la Rochette aurait eu plusieurs enfants, dont certains sont décédés relativement jeunes. Ainsi, Esther Margaret Elizabeth sa fille décède à l'âge de 28 ans en 1802, tandis qu'un de ses fils Edward Auguste décède à l'âge de 34 ans en 1814.

Principaux travaux :


la carte des Antilles, "A chart of the Antilles, Or Charibbee, or Caribs Islands" sortie en 1784 et publiée à plusieurs reprises entre cette date et la première partie du XIXe siècle. Elle sera numérotée n°53 dans le «General Atlas».




John Stott (ca 1730, 1779)


En 1756 ou 1757, John Stott commence sa carrière commme « aspirant » [maître] dans la Royal Navy sur le HMS Grafton. Promu lieutenant il reçoit le commandement du Gibraltar's Prize, un sloop de 12 canons, avec lequel il a participé à la prise de Louisbourg en juillet 1758 [source Naval Chronicle]. Á la suite de cette campagne concluante, il est nommé Capitaine de la Royal Navy fin août 1758 sur le HSM Scarborough, un petit bâtiment de 22 canons [A chronological list of the Captains of his Majesty's Royal Navy par l'amiral John Hardy, 1784]. Avec celui-ci, en juin 1760, il participera aux combats de la Ristigouche dans la baie des Chaleurs (Canada).

En 1762, à l'issue de la conquête de l'île de la Martinique par les forces britanniques, commandées par le Général Monckton et l'Amiral Rodney, ce dernier confie au capitaine John Stott, toujours commandant du Scarborough, la tâche d'hydrographier les principaux mouillages de l'île. C'est ce à quoi va s'atteler avec patience et méthode le capitaine John Stott. Il n'a pas été choisi au hasard, il possède en effet de très solides connaissances hydrographiques. C'est un Officier-Savant qui sait calculer sa route et faire le point avec les instruments nautiques comme l'octant ou le sextant. Il pratique aussi les observations astronomiques, c'est tout dire !!! Il a de plus brillamment participé au blocus et à la campagne d'invasion des îles françaises aux Antilles.

On retrouve en 1771, le capitaine Stott commandant d'une frégate de 32 canons : la Juno. Il dirige alors la petite escadre chargée par l'amirauté de récupérer les îles Malouines (Falklands), notamment Port Egmont. Les Malouines avaient été prises par les espagnols l'année d'avant. Mais l'Espagne, voulant éviter une guerre coûteuse et perdue d'avance, restituat finalement l'archipel aux britanniques. Ensuite, le capitaine Stott eut plusieurs commandements de frégates de la même classe que la Juno, comme le HSM Alarm.

Sur l' « Alarm », pendant plusieurs années, il navigue principalement en méditerranée veillant aux intérêts britanniques. Mais un facheux incident est survenu avec ses aspirants. « Maître à bord », il les a débarqué sans ménagement à Marseille. L'un des fauteur de troubles n'était autre qu'Édouard Pellew qui semble-t-il avait des appuis à l'amirauté. Il finira d'ailleurs amiral. Suite à cet épisode, l'avancement de Stott dans la Navy semble rester au point mort, pas de promotion pour le capitaine Stott. Il avance à peine dans le grade à l'ancienneté. Sanction ou pas, on le retrouve en 1775 commandant le Zephyr, une petite corvette de 10 canons. Traversée du désert ou purgatoire : comme on voudra.

En 1778, il est redevenu commandant d'une frégate de 32, mais cette fois il s'agit de la Minerva. Le 22 août 1778, en croisière au large du nord de Saint-Domingue, il rencontre la Concorde, frégate française de force équivalente. John Stott a semble-t-il pris la Concorde pour un navire de commerce et l'a approché sans prudence. La France vient d'entrer dans le conflit qui oppose le Royaume Uni aux Insurgents. Le savait-il ou non ? La Minerve était pourtant accompagnée d'une goélette armée en guerre. Ce qui tendrait à indiquer que les anglais étaient quand même sur leurs gardes. Quoi qu'il en soit la surprise est de taille, pour l'équipage de la Minerve. La première bordée de la Concorde désempare la Minerve. Le capitaine John Stott, blessé à la tête, est mis hors de combat, son premier lieutenant est tué. La goélette anglaise s'échappe. La Minerva résiste autant qu'elle peut, le combat entre les deux navires est âpre, mais démâtée, elle est contrainte d'amener son pavillon. Elle sera remorquée par la Concorde jusqu'au Cap-Français. Le capitaine John Stott est fait prisonnier et envoyé en France. Il y décèdera [de ses blessures ?] le 26 mai 1779.

Principaux travaux :

4 cartes et plans dressés par le capitaine John Stott de la Royal Navy, publiés chez Jefferys à Londres (Charing Cross)




William Booth (xxxx, yyyy)

Dans l'Edinburgh Almanack de 1774, William Booth est recensé comme étant élève-ingénieur militaire avec le grade d'aspirant (enseigne). Il est alors actif aux Amériques. On retrouve la trace du l'ingénieur militaire en 1785, devenu lieutenant, en visite à l'île du Cap-breton [Cape Breton]. L'île en était alors au tout début de sa colonisation permanente par les britanniques qui y fondèrent, cette année là, la ville de Sydney. Le premier Gouverneur de lieux sera Joseph Frédéric Wallet Des Barres, très réputé arpenteur, cartographe et hydrographe. Le lieutenant Booth, dessinateur de talent, fera un superbe dessin du nouvel établissement colonial en construction. Il sera gravé et publié avec le titre suivant New Settlement on the Island of Cape Breton in Nova Scotia in the Year 1785. Founding of Sydney by Lt. William Booth, 1785.

Lorsque sa carte de la baie de Fort-Royal (PLAN OF THE HARBOUR, FORT, TOWN, AND ENVIRONS of FORT ROYAL in MARTINIQUE) est publiée en 1793, Booth est encore réputé lieutenant. Mais en 1796, il a dorénavant rang de Capitaine dans le Corps Royal des Ingénieurs militaires (Almanack).

Principaux travaux :

carte dressée par le lieutenant William Booth "Royal Ingineer", publiée chez Faden à Londres en 1795




Samuel HOLLAND (1728, 1801)

Pour en savoir plus : biographie sommaire.




Thomas Hurd (1753, 1823)

Pour en savoir plus : biographie sommaire.




John Hamilton Moore (1738, 1807)

Mort à Chingford Lodge située à Epping Forest, durant sa 69e année, John Hamilton Moore fut l'un des derniers professeurs de navigation de Tower-Hill à Londres.

Il était né en 1738 dans un village près d'Edimbourg, et fut tout d'abord élevé par une tante jusqu'à l'âge de 8 ans. Puis, son père, qui était blanchisseur en Irlande dans une bourgade près de Londonderry le pris en charge pour continuer son éducation. John Hamilton fut alors envoyé à Monaghan, pour étudier les mathématiques sous l'égide d'un professeur renommé de l'époque : M. Ballandine.

Après avoir terminé ses études, il entra comme cadet de la marine à Plymouth. Il a servi notamment à bord du navire du Commodore Elliot baptisé "Le Brillant". Après avoir achevé ses activités militaires dans la marine, Moore s'est consacré une nouvelle fois aux études scientifiques. Celles-ci l'amenèrent à s'intéresser à l'hydrographie, science qu'il avait éprouvée et dont il avait mesuré la nécessaire diffusion quand il était embarqué dans la Navy.

En 1770, il établit une Académie de Marine à Brentford dans le Middlesex, dans laquelle il se consacre alors à professer et à promouvoir les méthodes hydrographiques.

Il publia ensuite en 1772, la première version d'un ouvrage qui devait faire date "THE PRACTICAL NAVIGATOR", on peut qualifier l'ouvrage de best-seller de l'époque. Dans celui-ci Moore récapitule les connaissances méthodologiques en matière d'hydrographie : notamment les différentes méthodes employées pour déterminer les latitudes et les longitudes en mer.
L'ouvrage fut reçu avec enthousiasme de la part de ses confrères et des marins qui étaient destinés à l'utiliser. Il sera réédité à plusieurs reprises, près dune douzaine de fois durant la fin du XVIIIe siècle.
Dans ses dernières versions, "THE PRACTICAL NAVIGATOR" comportera des tables de logarythmes, de distances lunaires, ainsi que des tables extraites de l'Almanach Nautique ... la panoplie nécessaire afin déterminer les longitudes à la mer.

Après ce réel succès, il vint s'installer à Londres près de Tower-Hill. Il élargit alors ses activités. En plus de ses cours d'hydrographie, il s'engagea dans les affaires (publication et d'édition de cartes marines). Il fut aidé par son fils et son beau-fils, Robert Blachford, lui-même hydrographe-cartographe, vendeur de cartes et constructeur d'instruments nautiques.

Sa persévérance et sons sens du commerce et de l'industrie, l'amenèrent à produire des cartes hydrographiques qui furent considérées par les marins comme étant généralement d'excellente facture.

Malgré ses succès commerciaux (cartes marines, instruments, ...) et malgré le soutien appuyé de quelques personnalités importantes de la marine britannique (Lord Howe, Lord Spencer,...), ses prises de position ne furent pas officiellement reconnues.

J. H. Moore réclamait en effet la constitution en Grande-Bretagne d'un véritable service hydrographique, à l'instar du Dépôt de la Marine qui fonctionnait en France. Cette administration devrait être dotée de prérogatives en matière de compilation des journaux de bord... Son souhait sera exaucé, mais bien plus tard lors de la création de l'Hydrographical Office.

Dans les denrières éditions de son oeuvre majeure, Moore se présente lui-même comme "Professeur de Navigation, Hydrographe et vendeur de cartes marines de sa royale majesté le Duc de Clarence". Reconnaissance posthume de son oeuvre, la vingtième édition de son ouvrage fut réalisée en 1828 par Joseph F. Dessiou (1790, 1842), qui était alors employé par l'Hydrographical Office. Le voeux de J.H. Moore s'était ainsi réalisé.

Principaux travaux :

publications :


carte marine :




William Faden (1750, 1836)

William Faden a été géographe de sa majesté royale, le roi d'Angleterre, mais également celui du prince de Galles.

Faden est un des successeur de Thomas jefferys dont il reprend à son compte la majeure partie de l'activité, après la mort de ce dernier en 1771. Dans un premier temps, c'est-à-dire durant les années 1772-1780, Faden mettra en évidence sur les cartes qu'il produit, sa « filiation » commerciale avec Thomas Jefferys : successor to the late Thos Jefferys, Geographer to the King. Puis quand Faden est devenu lui-même géographe du roi, l'indication n'avait plus, « commercialement », lieu d'être. Elle n'apparaîtra plus. Comme Jefferys, il reste implanté à « Charing Cross » précisément au « Corner of St Martin's Lane ». Comme Jefferys encore, Faden est à la fois graveur en cartographie et entend devenir comme son prédécesseur géographe du roi d'Angleterre. Ce à quoi il est parvenu.

Une autre partie de l'activité cartographique de Jefferys sera reprise par les autres associés de Jefferys : MM. Sayer et Bennet.

Durant la gestion de Faden, l'entreprise de " Charing Cross " va produire des cartes et des plans de grands et moyens formats, d'une qualité technique reconnue par l'ensemble de la profession. La production s'oriente vers la publication de cartes et atlas des amériques et des îles. En 1793, Il produit le " Petit Neptune Français ", les cartes y sont généralement gravées et signées par Faden lui-même (mais il semble que certaines planches soit imputables au seul Thomas Jefferys). Le « Petit Neptune Français » présente de nombreuses cartes marines ainsi que les plans des principaux ports.

Principaux travaux :




Edward Henry Columbine (1763, 1811)

Pour en savoir plus : biographie sommaire du célèbre hydrographe.




William Heather (1764, 1812)

Au cours de sa carrière, W. Heather a travaillé avec John William Norie auquel il cédera d'ailleurs son entreprise. Heather avait développé son affaire d'édition en sous-traitant des commandes de cartes hydrographiques passées par la fameuse firme de Mount & Page.

William Heather dirigeait à cette époque l'Académie Navale et l'entrepôt Naval, deux institutions situées rue Leadenhall à Londres. A partir de 1795, l'entrepôt naval fut le principal canal de fourniture de cartes marines et hydrographiques, et d'instruments de navigation à destination de la marine marchande britannique. Ce qui lui assura des rentes importantes.
Lorsque William Heather décéda en 1812, c'est John William Norie qui lui succéda et qui fit alors prospérer l'affaire, pour son propre compte. Norie reprendra également les activités liées à l'entrepôt naval. L'entreprise initiale fut alors transformée en J.W Norie & Cie.




John Entick (1703, 1773)

Entick fut durant une cinquantaine d'années enseignant et journaliste. Marié en 1760, il devient veuf dans la même année. En 1757 il écrit un ouvrage sur la Marine anglaise "a New Naval History" et plus tard en 1763 il publie la General History of late War qui relate les évènements de la guerre de 7 ans.

Cet ouvrage, en 5 volumes, décrit les forces belligérantes en présence et relate comment la Grande-Bretagne s'est illustrée dans la guerre de 7 ans. Entick relate dans le détail les victoires et les conquêtes des armées britanniques et notamment les exploits de la "Navy". De fait l'ouvrage connait un fort succès populaire en Angleterre. Il sera réédité à plusieurs reprises entre 1763 et 1779. Les premières éditions parues à Londres datent de 1763, 1764 et 1765 chez Edward et Charles Dilly associés à John Millan. Elles comportent de nombreuses gravures et cartes empruntées aux principales sources de l'époque (yc les journaux et gazettes).




Andrew Norwood

Andrew Norwood est d'abord publié chez Richard Mount (éditeur et libraire) qui avait repris l'activité, en 1691, de son beau-père William Fisher.
R. Mount a participé à la publication de l'English Pilot dès 1698 avec John Thornton. Il a travaillé ensuite avec Jérémie Seller (vers 1700).

Principaux travaux :




Thomas Kitchin (1718, 1784)

Il a débuté sa carrière comme graveur et imprimeur. Il s'est destiné ensuite à la cartographie où il a acquis rapidement une excellente réputation. Kitchin a travaillé à la confection de nombreux atlas avec Emmanuel Bowen et Thomas Jefferys. Il publié également de nombreuses cartes pour les magazines de l'époque (Gentleman Magazine, London Magazine).




Emmanuel Bowen (1693-94, 1767) et son fils Thomas Bowen (1749, 1790)

Emmanuel Bowen est d'abord un vendeur de cartes et de gravure. Il fut égalementle graveur officiel de George II d'Angleterre. Il semble qu'il ait également acheté une charge de graveur en France qui lui aurait conféré le privilège de graveur du roi Louis XV.

Il travailla à Londres à partir de 1714 où il produisit ce que l'on a momentanément considéré comme les plus belles cartes de l'époque. Il a travaillé avec Thomas Kitchin pour réaliser plusieurs atlas sur l'Angleterre. Il a produit beaucoup de cartes individuelles de grandes tailles (69 cm x 51 cm) qui présentaient une excellente précision et qui étaient agrémentées de détails historiques et topographiques.



En dépit de ses appointements "royaux" et de sa prospérité apparente, il mourut dans la pauvreté. Son fils Thomas Bowen qui repris l'affaire familiale ne connu pas plus de chance dans les affaires et mourut également dans un état proche de la pauvreté en 1790.

Les Bowen fournirent en cartes les principaux magazines d’information à la mode en Angleterre, on peut citer notamment le «Général Magazine of Arts and Science».

Principaux travaux :




John Gibson

Cet excellent graveur a collaboré avec les principaux géographes de son époque, notamment Bowen et Kitchin.

John Gibson a notamment travaillé pour les principaux magazines :
le «London Magazine».
le «Gentleman Magazine».




Andrew Bell (1726, 1809)

Vraisemblablement né et décédé à Edimbourg, il est connu pour être le co-fondateur avec le libraire écossais Colin Mac Farquhar, en 1765, dans cette même ville, de l'Encyclopédie Britannique [Encyclopaedia Britannica] .
Auparavant il a été un graveur de cartes reconnu qui a travaillé avec les plus grands géographes britanniques. Il a collaboré avec les principaux magazines du XVIIIe siècle, notamment le "Scots Magazine" édité à Edimbourg.





Les Cartographes Espagnols et Portugais



Tomás Mauricio Lopez de Vargas Machuca (1730, 1802) et son fils D. Juan Lopez de Vargas Machuca

Don Thomas Lopez, commencé son apprentissage de géographe et de cartographe, à Paris de 1752 à 1760 chez Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville. Il devient ensuite le géographe particulier du roi d'Espagne.

Il a produit une importante série de cartes des différentes régions du monde tout en privilégiant la cartographie de son pays natal, l'Espagne.

Tomás Lopez a également produit des plans des principales villes et ports des divers continents. Ces principaux travaux ont été regroupés dans une collection d'atlas qui fait référence. Ses ouvrages ont généralement été imprimées à Madrid (calle de Atocha, frente la casa de los Gremios).

Son fils D. Juan également versé dans la profession de géographe-cartographe l'a activement secondé et a poursuivi l'œuvre entreprise par son illustre père. D. Juan Lopez a compilé un ensemble de sources provenant des principaux travaux de son époque. Il a particulièrement été inspiré par l'œuvre de JN Bellin notamment pour les cartes et plans des Antilles. L'adresse mentionnée dans la plupart de ses cartes fait référence à "la calle de las Carretas en Madrid". Il y souligne que ses travaux et ceux de son père y sont disponibles : "se hallan este mapa y todas las óbras de mi padre y las mias en Madrid en la calle de las carretas".

Principaux travaux :