Denis Hébert (ca 16xx, 1685)

Vraisemblablement natif de Paris, Denis Hébert serait décédé à la Martinique à Case-Pilote en février 1685.

Dans un premier temps, Denis Hébert semble avoir été architecte des bâtiments du Roi, puis il est ensuite envoyé ou appelé aux Îles.

Il y était en 1667 lors de l'attaque des anglais. Dans son Histoire des Isles [tome IV] le père Dutertre relate les évènements liés à la deuxième guerre anglo-hollandaise qui dura de 1665 à 1667. Les français entrèrent dans le conflit plus tardivement, à la fin du 1er trimestre de 1666. Cette guerre eu des répercussions importantes dans la zone Caraïbe où de nombreuses batailles navales et terrestres, souvent combinées, s'y déroulèrent.

Lors de l'attaque de la rade de Saint-Pierre en juillet 1667, [que les anglais appellent «le Harman's Martinican Bonfire », qui infligea de sévères pertes tant humaines que matérielles aux français, Dutertre signale la présence d'un ingénieur nommé Hébert : ...les Anglais pretendaient hiverner dans le carénage la Martinique, & qu'il y avait lieu de craindre qu'ils ne s'en emparassent ; d'autant que s'ils y étaient une fois logés, toutes les forces des Isles jointes au secours attendu de Monsieur de Baas, ne les en pourraient jamais chasser ; Monsieur de la Barre tomba d'accord avec Monsieur de Clodoré qu’il y fallait pourvoir, & y envoya aussitôt le Sieur Hebert Ingénieur, pour y faire toutes les choses nécessaires pour le mettre en e?tat de ne pouvoir être forçé...

Il est vraisemblable que Denis Hébert soit arrivé dans l'île en même temps que François Blondel, soit en septembre 1666.

Hébert se fixe définitivement en Martinique. Une partie de sa famille le rejoint puisque sa soeur Madeleine Hébert épousera à Saint-Pierre en juin 1672, Urbain Guillon de la Charuelle, membre du Conseil de la Martinique et Procureur du Roi, propriétaire d’une habitation [terrier de 1671] aux « Estages » de la Ravine sèche.

Par l'arrêt du Conseil souverain de la Martinique du 4 septembre 1679, Denis Hébert est commis Arpenteur Général. Il devra fixer les limites des habitations et en dresser des cartes. Denis Hébert a été constaté de religion catholique aspotolique et romaine. Il donne satisfaction au Conseil car il est de bonne vie et de bonnes moeurs. Avec M de Villecourt ou de Vieillecourt, il fera enregistrer au Conseil son brevet d'Arpenteur en décembre 1680.

L'Arpenteur sera payé pour ses salaires par chacun des habitants chez lesquels il oeuvrera. Ses appointement seront à raison de 50 livres de sucre pour cent pas de terre de large sur mille pas de long.
Lors des travaux d'arpentage les habitants sont tenus d'être présents sur leur habitation et de fournir suffisamment de main d'oeuvre servile, pour faire les « traces » [c'est-à-dire débroussailler, défricher, ...] et aider l'arpenteur et son équipe dans sa tâche. Hébert recevra en outre douze mille livres de sucre par an de sa Majesté, tant qu'il exercera son office. C'est l'intendant Jean-Baptiste Patoulet (actif en Martinique entre 1677 et 1683) qui a fixé le contingent de sucre à la charge du roi de France.


sources :

1 - ANOM : FR ANOM COL E 219 [dossier de Denis Hébert]

2 - « Un demi-millénaire et plus d'histoire familiale » [page 47] par Eugène et Raymond Bruneau-Latouche

3 - « Histoire Générale des Antilles » [Paris, 1847], Adrien Dessalles