Gilles Chervaux, (xx, 1776)

Cet arpenteur royal deviendra arpenteur général des Îles du vent [FR ANOM COL E 78] alors réduites pour ce qui le concerne à la seule île de Saint-Lucie. Chervaux était arpenteur royal depuis 12 ans en Martinique (c'est-à-dire depuis 1753) et adjoint depuis 10 ans à l'arpenteur général Raussin quand le décès de ce dernier en 1765 lui permet de briguer la fonction. La même année, le Gouverneur d'Ennery qui n'entend pas laisser vacant un poste aussi crucial pour la gestion des îles, demande un brevet d'arpenteur général pour Gilles Chervaux. C'était le prétendant idéal puisqu'il avait suivi les cours de l'École des Ponts et Chaussées de Paris et maîtrisait en conséquence toutes les facettes de son métier. Il était déjà installé aux isles et s'était montré très expérimenté dans la besogne, ses capacités excédaient de loin celles requises pour ces fonctions. Et surtout il s'était acclimaté aux tropiques ce qui était un sérieux avantage. Il a été très apprécié de ses supérieurs hiérarchiques tant par ses qualités d'hommme que par ses talents professionnels. Mais il semble finalement que Jean Chassevent lui fut préféré pour le poste d'arpenteur général de la Martinique. Comme quoi les aptitudes d'un individu n'étaient déterminantes pour occuper une fonction durant l'ancien régime.

Gilles Chervaux s'est toujours montré très volontaire, notamment lors des conflits contre les anglais, durant la guerre de 7 ans. Sous la conduite et la supervision d'Henri de Rochemore, Inspecteur des Fortifications des Iles du vent, alors qu'il n'était encore qu'un jeune arpenteur royal, Chervaux fit réaliser des retranchements efficaces à Saint-Pierre (dans les réduits) sur lesquels il a passé beaucoup de temps sans jamais demander aucune compensation ni indemnité. Comme arpenteur général, il a surtout oeuvré à Sainte-Lucie où il s'était finalement installé vers 1770. Il avait été nommé arpenteur général de cette île en remplacement d'Antoine François Bouffer qui prenait le même poste mais en Martinique.

Gilles Chervaux décèdera dans l'île où il était à la fois Grand Voyer et Arpenteur Général en avril 1776 [FR ANOM COL C8A 75 F° 72]. Il sera remplacé dans ces deux fonctions par son adjoint Jean-François Le Fort de la Tour.

Un document des ANOM indique que François Chervaux (10 ans) fils légitime de Gilles Chervaux, devenu orphelin de père et de mère, a été inhumé le 9 mai 1785 au quartier de Soufrière où il était né et où résidait sa famille. Il n'aura donc pas vraiment connu son père qui a disparu lorsqu'il avait à peine un an.




sources :
1 - Anom
2 -