Jean Chassevent (17xx , 17yy)

L'arpenteur Jean Chassevent est ici entre-aperçu au travers de la brève biographie consacrée à son épouse Madeleine Achard Amphoux-Chassevent, qui est surtout connue pour avoir fait fortune dans le commerce des liqueurs [cf. Biographie universelle, ancienne et moderne - Volume 56 - Par Louis Gabriel Michaud, Paris, 1834].

Jean Chassevent reçoit le brevet de Voyer Général de la Martinique et de Sainte-Lucie, le 21 novembre 1767. Il est doté d'un adjoint, le Sieur Pomier, nommé par en même temps que lui [FR ANOM COL E 75]. La commission stipule que son rôle sera alors d'examiner l'état des ouvrages comme les ponts, les chaussées, les grands chemins, les maisons et autres édifices publics, afin qu'il ne puisse arriver aucun accident.

Á côté de son rôle de Voyer, on suppose qu'il a cumulé celui d'Arpenteur Général, à peu près à la même période. En 1768, du mariage de la veuve Amphoux et de Chassevent, ce dernier est réputé être aussi Arpenteur Général de la Martinique.

Jean Chassevent est semble succéder à arpenteur général Raussain serait décédé en 1765. Ce dernier était encore actif cette année-là. Après la mort de Raussain, le gouverneur d'Ennery a proposé la nomination du Sieur Gilles Chervaux (17xx, 1776) qui était depuis plusieurs années l'adjoint de Raussin.

En Martinique, Chassevent a été préféré à Gilles Chervaux qui sera nommé en compensation Arpenteur général à Sainte-Lucie. Chassevent était-il déjà à l'arpentage en Martinique, comme arpenteur royal ? C'est envisageable.

En 1770 Le couple Chassevent, après avoir vendu ses actifs en Martinique, rentre en France, et s'installe à Marseille, dans la ville natale de la Veuve Amphoux. Les deux époux n'y resteront que quelques années puisqu'ils revinrent ensuite « définitivement » en Martinique. Il semblerait que Chassevent ait donc quitté ses fonctions officielles en 1770. Il est peu vraisemblable, le couple ayant vendu leurs biens et ne pensant pas revenir, qu'il ait conservé les charges de Grand Voyer et d'Arpenteur Général.



Si connue en Europe par la liqueur des îles, dite de la Veuve Amphoux, elle naquit à Marseille en 1707, échappa en 1720 aux ravages que la peste exerçait dans sa patrie, épousa Amphoux, Provençal, passa avec lui à la Martinique, et alla s'établir dans l'île de Sainte-Lucie, qui ne comptait que quelques habitants. Amphoux mourut dans cette île, et sa veuve revint à la Martinique.

Elle y épousa en secondes noces, Grenet, aussi Provençal, qui tomba malade le jour même de son mariage, accabla sa femme de mauvais traitements, et mourut en 1741. Madeleine Achard reprit alors le nom de veuve Amphoux qu'elle affectionna toujours.

En 1759, elle tenait un billard au Fort-Royal de la Martinique, lorqu"elle se lia avec madame de La Roque, née d'Orange, à qui est due la découverte des procédés qui ont fait la célébrité des liqueurs de la Martinique. Cette dame n'en fit point un secret à sa nouvelle amie ; et lorsqu'elle quitta le Fort-Royal, en 1762, pour aller s'établir à Saint-Pierre, madame Amphoux continua à faire des liqueurs qui furant bientôt reconnues supérieures à celles de madame de La Roque.

Cette supériorité a été si constante depuis cinquante ans, qu'on l'attribue généralement la cause à l'eau de la rivière Madame ou Le Vassor, qui coule au Fort-Royal. En 1768, madame Amphoux pris pour troisième mari, M. Chassevent, arpenteur général et grand voyer de la Martinique.

Ayant acquis, dans le commerce de ses liqueurs, une fortune considérable, elle forma le projet d'en jouir dans la métropole, vendit à M. de Grandmaison, garde-magasin de l'artillerie, le fonds considérable de son établissement, et ce droit d'étiquette pour les liqueurs : Grandmaison, successeur de Madame veuve Amhpoux. Elle partit, débarqua à Marseille, vint à Paris, et ne pouvant s'habituer au climat de France, repassa bientôt à la Martinique. Elle voulut y reprendre la fabrication de ses liqueurs ; M. de Grandmaison s'y opposa ; on plaida, et madame Chassevent perdit son procès.

Alors elle imagina de publier ses liqueurs sous le nom de madame Chassevent, ci-devant veuve Amphoux, et cette étiquette désigna constamment leur pré excellence jusqu'à l'année 1812, époque où madame Chassevent est morte âgée de 105 ans, et non de 112, comme les journaux l'ont annoncé. Les vertus hospitalières qu'elle exerça surtout envers les Provençaux, ses compatriotes, qui affluaient à la Martinique, avaient contribué à faire donner à cette colonie le nom de petite Provence.




Plans de Jean Chassevent